Eurosport - sam, 08 mars 23:53:00 2008
Toujours invaincu dans son antre, Nancy a conforté sa troisième place qui le rapproche de l'Europe en domptant de pâles Monégasques (2-0). Si un but contre son camp de Modesto et un penalty raté de Gakpé la ouvert la voie aux Lorrains, la solidité défensive a été le gage du succès de l'ASNL.
NANCY-MONACO : 2-0
Buts : Modesto (6e, csc) et Hadji (19e)
Dans son antre béni, Nancy continue de faire son nid. Sans flamboyance, ni génie, mais avec suffisamment de rigueur défensive et d'envie, les hommes de Pablo Correa ont fait un pas de plus vers leur rêve européen. Une nouvelle fois, le parfum de Marcel-Picot a suffi à inverser la tendance. La chanson n'est pas neuve. Déjà, après la désillusion d'une élimination humiliante face à Carquefou, l'ASNL avait retrouvé le bon chemin par deux victoires à domicile face à Toulouse et Lens.
Fébriles à l'extérieur, les Lorrains, invaincus sur leurs terres, retrouvent comme par enchantement leurs vertus qui les confortent dans leur troisième place. "Cette victoire nous fait du bien car on garde nos distances avec Marseille" souligne, satisfait, Gennaro Bracigliano, l'un des artisans du succès nancéien, fier d'avoir reconquis son public, échaudé et désabusé par le nul au Moustoir (0-0). Sans Kim, touché au pied, et Zerka, suspendu, cela n'était pas gagné d'avance, même si le Monaco de Ricardo, toujours à la recherche de sa première victoire à l'extérieur en 2008, est en proie au doute et à la crise.
Penalty manqué pour Gakpé
Correa décidait de faire confiance à un schéma en 4-5-1, faisant la part belle à Fortuné, laissé seul en pointe, tandis que Brison et N'Guémo étaient préférés à Malonga et Gavanon dans l'entrejeu. Le mélange donnera vite raison au technicien uruguayen, par un pressing constant et étouffant pour les hommes du Rocher. Mais une certaine poisse ou fébrilité monégasque a mis les Lorrains sur de bons rails. Sur un coup-franc de Chrétien, Modesto, sous la pression de Brison, manque son dégagement de la tête qui trouve le fond des filets de son portier médusé (1-0, 6e).
Et sur un penalty, brillamment provoqué par Bakar, Gakpé manque l'offrande d'une égalisation rapide (9e). Un tournant. Dans la foulée, la machine nancéienne rappelle qu'elle fut celle d'un leader puis d'un dauphin. Bien servi par N'Guémo, Hadji, en bout de course, fait briller une première fois Ruffier (13e). Mais profitant d'un superbe centre de Fortuné, l'attaquant marocain double la mise d'une tête croisée (2-0, 19e). Forts de leur avantage, les Lorrains ont le bon goût de ne pas reculer et de poursuivre leur élan porté vers l'offensive. Brison aura même le troisième but au bout du pied, mais Ruffier, brillant remplaçant de Roma, sortait le cuir (24e).
Il faudra l'entrée conjuguée de Piquionne et Néné pour redonner un brin de vie à des Monégasques manquant cruellement de cohésion dans l'entrejeu et bien ternes à l'exception du remuant Bakar. Mais la tête de Piquionne, sur un coup-franc habile de Néné, passe au-dessus (60e) et la double frappe de Néné consécutive à un corner, est repoussée par Bracigliano (61e). Dans le jeu, la formation du Rocher ne parvient qu'à inquiéter l'ASNL sur une remise de la tête de Bernardi, mal négociée par Puygrenier et N'Guémo (77e). Un peu mince pour renverser la vapeur. D'autant que Nancy, sur deux frappes de Berenguer (55e, 81e) et sur un festival de Dia (56e), aurait pu s'offrir le triplé. Néanmoins, Chrétien avait la victoire modeste. "On a joué moche" lâche-t-il. "On a beaucoup balancé, surtout en deuxième mi-temps. Mais le principal, c'est d'avoir été efficace..." résume-t-il. Pour des Nancéiens revigorés, peu importe la manière. Seule la victoire est belle.
LA DECLA : Pablo Correa (Nancy)
"C'est le football d'aujourd'hui, ce sont des petits détails qui font la différence et ce soir nous avons réussi à les tourner en notre faveur. C'est une victoire qui me fait plaisir, comme tous les succès, et c'est suffisant pour mon bonheur. Ne me parlez pas de la 3e place, il reste 10 matches et c'est encore long. Nous n'en parlons vraiment pas entre nous. Ce serait aller à l'encontre de ce qu'a vécu le groupe depuis ce début de saison."
Julien BIGORNE / Eurosport