Eurosport - sam, 08 mars 19:19:00 2008
La Scuderia championne du monde a changé de patron cet hiver avec le départ de Jean Todt mais elle a gardé ses standarts sur la piste.
La légendaire écurie Ferrari a vécu pas mal de changements en coulisses depuis la fin de saison dernière mais c'est pour elle le statut quo en piste, où la nouvelle F2008 semble une nouvelle fois armée pour faire la course en tête à l'aube de la nouvelle saison de Formule 1. Avant le premier Grand Prix, le 16 mars à Melbourne, l'équipe au cheval cabré a la faveur des pronostics. Championne du monde en titre à la faveur du déclassement de McLaren, Ferrari a vécu une intersaison tout à fait souveraine, à tel point que certains de ses concurrents considèrent qu'elle possède une avance "déconcertante" sur le reste du plateau. Pourtant, le personnel technique est sensiblement différent par rapport à la saison passée.
Jean Todt, à la tête de la gestion sportive de l'écurie depuis 1993, a cédé la main à Stefano Domenicali. La transition s'est certes effectuée en douceur mais la succession va être lourde à porter : sous la coupe du Français, Ferrari a conquis sept titres de champion du monde Constructeurs et six titres Pilotes avec Michael Schumacher et Kimi Räikkönen. Todt ne sera toutefois pas loin en cas de problème. Administrateur-délégué de Ferrari, il va continuer à diriger à la fois la gestion sportive et la gestion industrielle de l'équipe. Domenicali sera donc en quelque sorte sous sa coupe.
"Stabilité dynamique"
Aux côtés de Domenicali, Aldo Costa (directeur technique) et Mario Almondo (directeur des Opérations) redonnent un air plus italien à l'écurie de Maranello. Le Français Gilles Simon sera toutefois en charge du moteur et de l'électronique. Les premiers pas de la nouvelle équipe technique se sont avérés plutôt concluants. Le principe d'organisation, que Stefano Domenicali qualifie de "stabilité dynamique", a fait ses preuves et la F2008 est aussi véloce, sinon plus, que sa devancière.
"Pour le moment on veut encore travailler la fiabilité , tempérait Aldo Costa lors des dernières séances d'essais. On veut être sûr d'arriver à la première course dans les meilleures conditions possibles, du point de vue de la performance et aussi au niveau fiabilité. Mais je persiste à croire que le championnat sera serré."
Même si Kimi Räikkönen a arraché de justesse le titre de champion, la fiabilité avait effectivement privé Ferrari de quelques précieux points la saison passée. Rien de dramatique mais les concurrents de McLaren, eux, n'avaient connu absolument aucun problème mécanique en course. Les deux seuls abandons recensés pour les "flèches d'argent" étaient dus à des sorties de piste, d'Alonso au Japon et d'Hamilton en Chine. En comparaison, Räikkönen a été trahi par sa mécanique à deux reprises en course, à Barcelone et au Nürburgring. Le titre s'est joué pour un point et le Finlandais aurait pu s'en mordre les doigts.
"Gagner le titre à nouveau"
Felipe Massa ne veut donc pas crier victoire trop vite, quand bien même le programme de travail de l'intersaison a donné pleine satisfaction. "Déjà l'an dernier Ferrari était l'équipe à battre, c'est pareil aujourd'hui et notre approche n'a pas changé, affirme le pilote brésilien. On bosse et on ne s'occupe pas de ce qui se dit. On a achevé notre programme d'essais et on est exactement là où on le voulait. Mais on verra à Melbourne, je ne veux rien dire parce qu'on n'est jamais à l'abri d'une surprise". Räikkönen, comme à son habitude, ne s'est pas montré très loquace durant l'intersaison. Tout juste a-t-il affirmé que son but était de "gagner le titre à nouveau".
Un objectif tout à fait réalisable selon le "super consultant" Michael Schumacher, septuple champion du monde aujourd'hui retraité, dont les contributions sont précieuses et toujours instructives. Ainsi, après avoir tourné avec la F2008 en quelques occasions, l'Allemand a livré ce verdict simple: pour lui la nouvelle Ferrari est "prête à gagner".
AFP