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Cyclisme: ouverture du premier procès du "docteur Mabuse"

mer 26 mar, 12h16


PARIS (Reuters) - Personnage du dopage dans le cyclisme des années 1990, Bernard Sainz, surnommé "docteur Mabuse" est jugé depuis mercredi pour la première fois devant le tribunal correctionnel de Paris.

Poursuivi pour un présumé trafic de produits dopants au profit du peloton en 1998 et 1999, il a nié les accusations à la barre lors des premiers interrogatoires, comme il l'a toujours fait. "Ça fait 35 ans que je recommande des produits homéopathiques", a-t-il dit.

Il a fait verser au dossier au début du procès une attestation en sa faveur de l'ancien coureur de l'équipe Cofidis Philippe Gaumont, qui tente de l'innocenter, après l'avoir accusé dans des dépositions à l'instruction.

Bernard Sainz a réfuté à la barre les autres dépositions accusatrices, notamment celle du coureur belge Frank Vandenbroucke, convaincu aussi de dopage.

Ce dernier a qualifié le "docteur Mabuse" de "gourou diabolique", l'accusant de faire commerce d'hormones de croissance, de testostérone, de corticoïdes et d'EPO.

Les preuves matérielles font défaut à l'accusation car la police n'a jamais pu découvrir en la possession de Sainz autre chose que des seringues et des produits homéopathiques. Elle ne dispose que des dépositions et d'écoutes téléphoniques où Sainz tient des conversations ambigües avec des coureurs, dans un apparent langage codé.

Bertrand Lavelot, ancien avocat du coureur Richard Virenque, qui fut le héros malheureux du "Tour de la honte" 1998 et avait fini par avouer s'être dopé, est jugé à ses côtés. Il nie aussi les faits même si des traces de produits illégaux ont été découverts pendant l'enquête à son cabinet.

Les deux hommes ont nié tout trafic au profit du peloton en expliquant qu'ils utilisaient les produits pour des compositions homéopathiques légales, pour des animaux ou pour "améliorer leurs performances sexuelles".

Les deux prévenus sont poursuivis pour "détention et cession de substances vénéneuses et de produits dopants", "exercice illégal de la médecine" pour Bernard Sainz et complicité de ce dernier délit pour Bertrand Lavelot. Le procès doit s'achever vendredi.

Bernard Sainz, 64 ans, qui se présente comme "soigneur" ou "homéopathe", doit son surnom de "Mabuse" à un sulfureux personnage du cinéaste Fritz Lang, dans les années 30.

Apparu dans des multiples enquêtes, il n'a jamais été condamné. Cette procédure, lancée lors du Tour 1998 où avait déjà éclaté le scandale Festina, avait abouti à une série d'arrestations et de perquisitions en mai 1999 dans le peloton. Bernard Sainz a fait un court séjour en prison en 2002.

En juin 2005, il a été mis en examen et écroué encore pendant un temps à Alençon dans une autre enquête sur un éventuel dopage de chevaux de courses.

Thierry Lévêque