BUENOS AIRES (Reuters) - La flamme des Jeux olympiques de Pékin a entamé son parcours de 13 km à travers Buenos Aires, où la police s'est appliquée à tenir pro et antichinois à distance pour éviter des débordements comparables à ceux de Londres, Paris et San Francisco.
Carlos Espinosa, médaillé olympique en voile et premier des 80 porteurs, s'est élancé à 14h36 (17h36 GMT), tandis que des groupes de manifestants venus dénoncer la répression chinoise au Tibet ou, au contraire, exprimer leur soutien à Pékin, se rassemblaient devant le palais présidentiel et dans un parc du centre-ville.
La police argentine est intervenue rapidement pour les tenir à distance et, hormis quelques éclats de voix, aucun incident n'a été signalé.
"Ce n'est pas la Chine qui organise les Jeux, c'est le Parti communiste, pour montrer un pays harmonieux, pour dire que tous les Chinois sont heureux, qu'ils respectent les droits de l'homme, mais c'est exactement le contraire", a lancé un manifestant nommé Alberto Peralta.
Certains militants argentins ont promis des "actions surprise" mais ont exclu tout recours à la violence.
"Je tiens à préciser que nous n'entendons nullement éteindre la flamme. Mais nous préparons des manifestations pacifiques surprise en divers points de la ville", a déclaré Jorge Carcavallo, chef de file d'un mouvement argentin pro-Tibet."
Quelque 1.500 garde-côtes, 1.200 policiers et 3.000 employés des services municipaux ont pris position sur l'itinéraire suivi par la flamme.
"Je suis absolument sûre que les habitants vont nous soutenir et que rien ne va arriver à Buenos Aires. Cela va être une fête", a dit Alicia Moreau, vice-présidente du Comité olympique argentin.
Après un premier relais le long du Rio de La Plata, la flamme a descendu le fleuve jusqu'aux dock de Puerto Madero.
MISE EN GARDE JAPONAISE
Après Buenos Aires, la flamme est attendue ce week-end en Tanzanie, son unique étape africaine, où la Kenyane Wangari Maathai, lauréate du prix Nobel de la Paix 2004, a renoncé à la porter pour protester contre les violations des droits de l'homme au Tibet.
Au Japon, les autorités ont annoncé vendredi que le soin de protéger la torche olympique lors de son passage, le 26 avril, à Nagano, site des Jeux d'hiver de 1998, relèverait des seules compétences de la police nipponne.
"Il ne faudra pas bafouer le principe selon lequel c'est à la police japonaise de maintenir l'ordre chez elle", a déclaré à l'agence de presse Kyodo un responsable de la police nationale, Shinya Izumi.
En Australie, le Premier ministre Kevin Rudd a déjà fait savoir qu'il incomberait à son pays, et non à la Chine, d'assurer la protection de la torche lors de sa venue sur l'île-continent.
Lors des étapes londonienne et parisienne de la flamme, une escouade de jeunes athlètes-policiers de choc chinois, arborant survêtements bleus et lunettes noires, avait formé une garde prétorienne musclée autour de la flamme pendant son "voyage de l'harmonie".
Les médias officiels chinois ont parlé d'une "équipe de protection de la flamme" composée d'environ 70 membres de la Police armée populaire (Pap) recrutés par le Comité chinois d'organisation des Jeux (Bocog) pour garder la torche 24 heures sur 24.
Version française Henri-Pierre André et Jean-Loup Fiévet

