Masters d'Augusta - Amen Corner les attends au tournant

Eurosport - mar, 08 avr 23:51:00 2008

Pour la 72e fois, depuis la création du Masters en 1934, Augusta va accueillir l'élite du golf mondial. Le mythique "Amen Corner" (trous N.11, 12, 13), baptisé par Herbert Wind en 1958, fêtera son 50e anniversaire. Redouté par les joueurs, c'est un passage décisif dans la quête de la veste verte.

GOLF - Masters d'Augusta Illustration - 0

Le journaliste Herbert Warren Wind a longtemps réfléchi avant de trouver un nom aux trous N.11, 12 et 13 du parcours d'Augusta. C'était le 21 avril 1958 alors qu'il écrivait une chronique dans le journal "Sports Illustrated" au sujet du premier titre d'Arnold Palmer au Masters. Ce dernier avait fait la différence sur ces trois trous lors du dernier tour, avec notamment un eagle sur le par 5 (N.13). L'angle arrondi qu'ils forment lorsqu'on les regarde du ciel et le texte d'une vieille chanson de jazz (ndlr : "Shoutin' in that Amen Corner") ont illuminé l'esprit du journaliste. Depuis, "Amen Corner" est universellement reconnu.

De l'avis de tous, l'Amen Corner est la clé des 72 trous. Le N.11 est un par 4 de 462 mètres très étroit, bordé d'arbres de part et d'autre du fairway, qui tourne brutalement à droite. Le vent y est souvent un paramètre déterminant. Le green, situé dans un angle très fermé, est coincé entre un lac à gauche et une rivière juste derrière et un bunker placé stratégiquement à sa droite. L'année dernière, sur l'ensemble du tournoi, seulement 15 birdies y ont été réalisés. C'est douze de moins par rapport au N.12, un terrible par 3 de 142 mètres. Si la distance paraît abordable, la position du green rend la moindre erreur de précision fatale.

Ce dernier est collé à un bunker lui-même situé juste devant une rivière. Si les joueurs envoient leur balle trop loin, ils atterriront au mieux dans l'un des deux bunkers situés derrière le green... au pire dans la forêt à peine plus loin. Enfin, le N.13, par 5 de 466 mètres, est un dog-leg gauche brutal longé à sa gauche par la toute petite rivière de Rae (ndlr : du nom de John Rae dont la rivière entourait sa forteresse au 18e siècle) qui traverse le fairway à hauteur du green. Ce dernier est, entre autres, entouré de quatre bunkers et de forêt. Les plus courageux pourront tenter de le pitcher en deux coups pour viser l'eagle. En 2007, neufs joueurs y sont parvenus.

Woods : "Les trois trous les plus excitants dans votre vie"

"Ce passage de trois trous est l'un des plus excitants que vous n'allez jamais jouer. C'est plus dur que ce qu'on croit" commente Tiger Woods (ci-contre à l'entraînement) à propos de l'Amen Corner. D'autant que les trous N. 11 et 13 ont été rallongés ces dernières années pour atteindre respectivement 462 et 466 mètres. "Amen Corner est devenu beaucoup plus dur, surtout le N.11" confie de son côté Phil Mickelson, double vainqueur du Masters, en 2004 et en 2006. "Le N.13, vous le considérez toujours comme une chance de birdie mais c'est plus difficile qu'avant. Le N.11 est devenu le trou le plus dur du parcours. Depuis que le fairway penche fort vers la gauche, la rivière a pris une place essentielle."

Le tenant du titre, Zach Johnson, apprécie également l'Amen Corner mais il n'oublie pas pour autant le reste du parcours : "Augusta a tellement de dents que si vous commencez à penser trop à ces trois trous, celui que vous jouez ou le coup que vous vous apprêtez à effectuer va vous mordre. Vous ne pouvez vraiment pas vous projeter trop loin dans le futur. Vous devez vous concentrer sur le présent." Car si les trous N.11 et 12 sont respectivement considérés comme le quatrième et le deuxième trou les plus difficiles du parcours, le N.13 est censé être le deuxième... plus facile ! Qui plus est, des orages sont annoncés à partir de vendredi sur toute la Géorgie.

Damien SIMONART / Eurosport