Ce jeudi 8 mai, sous le soleil de La Grande Motte, les joueurs de Nancy ressemblaient plus à des touristes qu’à des joueurs en quête du podium de la L1. Mais les apparences sont trompeuses.
En ce long week-end du 8 mai ensoleillé sur le Sud de la France, la grande transhumance vers les plages a démarré tôt jeudi. Rares sont ceux qui ont préféré les ballons de football à ceux de plage. Pour attirer la foule à la Grande Motte, il faut s’appeler l’équipe de France, qui s’y était préparée en 2004. Ils sont donc très peu, fans ou suiveurs, à s’être rendus jeudi au Parc des Sports de la cité balnéaire pour l’entraînement des Lorrains, en stage sur la côte. Pour ceux qui ont préféré le gazon au sable, la déception est amère sous les pins : les hommes du fraîchement diplômé Pablo Correa ont en effet remplacé le rectangle vert par la plage.
Pour retrouver la joyeuse bande, direction quelques-unes des plus belles rives de la cité héraultaise. Un groupe au complet - seul David Sauget est resté au bercail - ça doit bien se remarquer ! Bingo, voilà nos Lorrains qui s’ébrouent gaiement sur l’une d’elle sous le regard amusé de quelques badauds qui se disent bien qu’ils ont vu ces têtes là à la télé sans forcément les reconnaître. 48 heures avant le choc face à Lyon, les Nancéiens la jouent colonie de vacances. Les jeux de ballon, pourtant, ne sont pas si éloignés de ceux habituellement effectués en forêt de Haye. Un volley disputé avec la tête notamment, c’est le programme habituel de l’avant-veille de match. Sauf que ce 8 mai, c’est à la plage et sous le soleil que ça rigole en travaillant et qu’à la fin tout le monde se retrouve à l’eau.
Esprit de corps
11h00, tout le monde remonte dans le bus : les dix kilomètres d’autocar se font tranquillement. Pas besoin d’escorte policière pour le troisième du Championnat, anonyme dans la masse des touristes. A l’arrivée dans un bel hôtel longeant le golf de la Grande Motte, pas de service de sécurité non plus ; à l’intérieur on ne comptera que trois supporters. Les joueurs entrent tranquillement, pas toujours très habillés après leur sortie aquatique, croisant des golfeurs bien mieux accoutrés et surpris de voir une bande de jeunes dans un lieu d’habitude plus select. Mais si les Lorrains s’amusent bien lors de ce stage, Marseillais et Lyonnais ne doivent pas se tromper, les hommes au Chardon se préparent consciencieusement, comme en témoignent les salles de réunions accaparées par le staff pour concocter la tactique idéale en vue du match de samedi.
Autour de midi, chaque joueur a l’œil rivé sur sa montre : pas question de rater le repas en commun. Face à Lyon, il faudra jouer en équipe. Soudé. Et dans l’hôtel des joueurs, on ressent cet esprit de corps. D’ailleurs on croise l’un des blessés, Youssouf Hadji, pourtant « out » pour la fin de saison. Hormis Sauget, tous les « forfaits » sont du voyage, pour participer, même loin du terrain, à ce qui pourrait être un match important de l’histoire du foot nancéien. Un succès historique à Lyon placerait les coéquipiers de Gennaro Bracigliano en excellente position pour obtenir la troisième place, ce qui constituerait le meilleur classement de l’histoire de l’ASNL. Non, vraiment, si les Nancéiens avaient tous les atours de simples touristes en ce 8 mai, ils ne sont pas encore en vacances. Contrairement aux apparences.
Olivier DE LOS BUEIS

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