«Le port olympique est très bien fait, tout est intégré. Le village olympique "voile" est sur le port, le restaurant aussi. En termes d'organisation, il n'y a aucun stress. L'essentiel du problème se situe dans le temps. Cela va être compliqué car c'est plutôt du petit temps. Concentration et maîtrise de l'engin vont être encore plus importants. Cela peut bouleverser la hiérarchie. Les Chinois ont du mal à s'adapter à des choses qu'ils n'ont pas maîtrisé à l'avance. Un petit grain de sable va prendre une ampleur folle. S'ils cassent la grue, il va falloir trois jours pour trouver le mécanicien qui est capable de comprendre pourquoi et là cela va être le drame.
La pollution est un réel souci parce qu'on fait pas mal de sport aérobie - footing, vélo, nage. Là-bas, on va tout faire à l'intérieur. Premièrement il fait chaud et deuxièmement, c'est super pollué. On a fait un petit test en mettant un petit masque, il était noir, on ramasse de la poussière. Ce n'est pas anodin. La mer est vraiment polluée, sale. Fatalement avec quinze millions d'habitants au bord de la mer, tout se rejette dedans. On retrouve les grandes mégalopoles de l'époque avec toutes les maladies qui sont associées. Quand on a une coupure, il faut faire super attention sinon elle s'infecte et ça dégénère. On se lave les mains et les pieds tout le temps. Chaque fois qu'on rentre, c'est douche avec des désinfectants pour qu'il n'y ait pas le moindre truc qui parte en déroute. On a beaucoup parlé de la pollution et des droits de l'homme pour ces JO. Du coup, ils font des progrès, ils ont installé un centre d'épuration, ils nettoient leur eau, ils empêchent que les égoûts se vident dans la mer, cela fera un petit peu de bien. En deux ans, on a vu la différence. En 2006, c'était l'enfer ; en 2007, c'était déjà beaucoup mieux. Ce ne sera jamais le paradis, c'est évident, mais on peut espérer que d'ici une dizaine d'années, les poissons commencent à revivre un peu correctement, qu'il y ait des oiseaux qui volent. Ca en est là. C'est un massacre écologique. C'est incroyable, j'ai été étonné un jour de voir un oiseau, je n'en ai pas vu un seul pendant une dizaine de jours. Ce n'est pas une légende. Ils sont trop, c'est clair. Même les fruits et les légumes n'ont aucun goût, on va tout supplémenter, il n'y a plus de vitamines et de minéraux dans les légumes c'est tout sous serre en culture intensive.

Voile - Visite de Quingdao par Xavier Rohart - «C'EST SUPER POLLUÉ»agrandir la photo
