NHL - Franzen, tête de l'art

Eurosport - jeu., 08 mai 15:08:00 2008

Surnommé "la mule", le Suédois Johan Franzen (Detroit) explose depuis le début des playoffs. Il a presque éliminé Colorado à lui tout seul en marquant huit buts en quatre matchs, dont deux triplés. Avec cette nouvelle arme fatale, les Wings peuvent rêver d'une nouvelle Coupe Stanley.

ICE HOCKEY 2008 NHL Detroit Franzen - 0

Gordie Howe. Wayne Gretzky. Johan Franzen. Chercher l'intrus. Voire l'erreur. Que vient faire le dernier nommé en compagnie des deux noms précédents, véritables légendes de la NHL et du hockey en général? Franzen, sur ce qu'il montre depuis plus d'un mois, y a toute sa place. Le Suédois bat les records de Howe les uns après les autres, et il joue comme Gretzky. Au point d'être devenu depuis le début des playoffs le centre d'attraction numéro un de l'attaque de Detroit. Henrik Zetterberg et Pavel Datsyuk, excellents, évoluent à leur niveau, mais Franzen, lui, est franchement entré dans une autre dimension.

Pour tout dire, ses statistiques sont dignes de la "Twilhight zone". Après seulement les deux premiers tours, JF détient déjà le record du nombre de buts marqués par un joueur de Detroit en playoffs (11). C'est face à Colorado, en demi-finale de conférence, que le centre scandinave est devenu fou, en marquant huit buts en quatre matchs. Aucun Red Wing n'avait fait mieux depuis Howe en 1949. Mieux, Franzen a signé deux hat-tricks dans cette série face à l'Avalanche. Inédit en NHL depuis Jarri Kurri avec Edmonton en 1985. A la fin de la saison régulière, il avait déjà établi un record avec six buts décisifs au mois de mars. Sur ses 26 derniers matchs, Franzen a inscrit 26 buts.

Zetterberg: "Il est très, très chaud"

Si les chiffres ne disent pas tout, ces statistiques témoignent de l'état de grâce actuel de celui que Steve Yzerman avait surnommé "The Mule" (la mule), en raison de son visage renfrogné et surtout de son entêtement. L'intéressé savoure, mais reste à sa place. A 28 ans, il a passé l'âge de s'enflammer. "Mon boulot, c'est d'abord de travailler dur sur la glace pour l'équipe. Après, j'essaie de jouer comme je sais le faire. Je ne m'attendais pas à marquer autant en playoffs. J'espérais simplement apporter quelque chose offensivement. Que puis-je dire d'autre? Je me sens en confiance, c'est vrai, et tout semble me réussir. C'est bien pour moi, mais surtout pour Detroit", expliquait-il au soir de la qualification face à Colorado.

Joel Queneville, malheureux coach d'une Avalanche ensevelie par la déferlante Franzen, avait bien résumé l'euphorie actuelle du Suédois: "On a l'impression qu'il lui suffit de toucher le palet pour qu'il y ait but". Les Wings savourent en tout cas l'explosion de leur centre de la deuxième ligne d'attaque, dont l'euphorie donne un terrible mal de crâne aux défenses adverses. "Il est vraiment très, très chaud. Il oblige l'adversaire à focaliser beaucoup d'attention sur lui et c'est très bon pour nous", juge Henrik Zetterberg, dépossédé de son statut de meilleur pointeur de l'équipe par son compatriote.

Combien de temps Johan Franzen peut-il rester sur son nuage? Dallas, prochain adversaire de Detroit (la finale de conférence débute jeudi soir à la Joe Louis Arena), espère être capable d'éteindre l'incendie. Mike Babcock, lui, en appelle à la simplicité. "Il faut que Johan reste lui-même, estime l'entraîneur des Red Wings. Il a beaucoup de vitesse et de puissance à la fois. Cela fait un moment qu'il est un joueur important de notre système. Il n'y a pas de raison que cela change." Une chose est sûre, tant que Johan Franzen continuera à jouer comme Wayne Gretzky, Detroit n'aura pas grand chose à craindre.

Laurent VERGNE / Eurosport