Pro A - Batum est-il prêt pour la NBA ?

Eurosport - jeu, 08 mai 21:47:00 2008

L'avenir de Nicolas Batum se dessine de l'autre côté de l'Atlantique. A 19 ans, l'ailier du Mans a choisi de se présenter à la prochaine draft. Malgré d'évidentes qualités, la question de son adaptation à la grande ligue mérite d'être posée.

BASKETBALL 2007 Under-19 World Champ. Nicolas Batum - 0

Puisque c'était écrit depuis longtemps, Nicolas Batum sera bien estampillé NBA d'ici quelques semaines. Le temps de finir la saison avec Le Mans, de prendre l'avion pour New York et d'endosser un beau costard version soft comme l'est le personnage. Ensuite, il faudra patienter le 26 juin et l'annonce tant attendue de David Stern pour savoir quelle franchise jettera son dévolu sur le prospect français.

Car les franchises NBA ne s'y trompent pas, Nicolas Batum a encore beaucoup à apprendre et va devoir s'étoffer physiquement pour réellement faire sa place auprès des mastodontes de la Ligue. Après avoir étudié l'idée de se présenter à la draft 2007, Nicolas Batum ne regrette pas d'avoir vécu une saison de plus en Europe. "J'ai acquis de la maturité. Par rapport à l'an passé, j'ai pris du volume de jeu. Désormais je me sens prêt pour ce nouveau challenge."

Au niveau du talent, les avis sont unanimes. Batum possède un profil complet, capable de se rendre utile dans tous les compartiments du jeu. Outre sa taille (2,04m) et ses bras interminables, le Manceau possède une lecture du jeu bien utile dans l'univers impitoyable du un contre un. Vincent Collet, son entraîneur actuel, est confiant mais réaliste face au challenge proposé : "Il est monté en puissance ces derniers mois. Il sait tout faire mais doit avoir une vraie régularité."

Un profil à la Diaw ?

Annoncé entre la 10e et la 15e place de la draft 2008, Nicolas Batum se sait attendu au passage. "Qui ne tente rien n'a rien. Je vais tout faire pour que ça marche. Je veux être de ceux qui réussissent", lance t-il. Pourtant, c'est sur l'aspect mental que le doute est à lever. "Psychologiquement, c'est là où il est le plus fragile. Pour réussir, il aura besoin d'un coup de pouce, c'est-à-dire de tomber sur la bonne équipe qui lui donnera du temps de jeu, mais il devra aussi montrer les dents et se faire violence", avance Vincent Collet.

Et c'est là que le rapprochement avec Boris Diaw revient à point nommé. Les deux joueurs jouent au même poste, font la même taille. Si le Sun a pris du volume depuis son arrivée en NBA, sa trajectoire ressemble à celle de son cadet. A titre de comparaison au même âge et alors qu'ils ont joué tous les deux dans deux grosses cylindrées de Pro A, Nicolas Batum apparaît plus scoreur de Diaw (12 points contre 7.8 pour l'ex-Palois en 2001-2002). Même si Le Manceau joue 31 minutes par match contre 21 à l'époque à son âiné, la polyvalence est bien la même avec 5 rebonds par match contre 4.7 pour Diaw et 4 passes contre 2, Batum s'affiche clairement comme un joueur en avance, surtout sur le plan offensif. "Nicolas a tout pour lui. Il a d'autres qualités que les jeunes Américains du même âge, sa technique, sa lecture du jeu, mais également moins d'agressivité", ajoute Collet.

Les voyants sont clairement au vert pour Batum avant le grand saut. Il lui restera à vivre prendre en considération que la NBA est une jungle où le mental est un élément clé de la réussite. Le talent seul ne peut suffire. Visiblement, l'ailier français a déjà toutes ces données en tête.

Patrick Bonneil / Eurosport