Rallye de l'Algarve - Auriol : "Prendre du plaisir"

Eurosport - jeu, 08 mai 12:36:00 2008

Le champion du monde WRC 1994 Didier Auriol reprend le chemin des pistes à l'occasion du Rallye IRC du Portugal, ce week-end. A bientôt 50 ans, le Millavois est présent sur l'IRC essentiellement pour se faire plaisir et admet que le niveau du plateau est très homogène.

2008 Istanbul FIAT Travaglia - 0

Vous effectuez votre premier rallye de niveau international depuis plus de trois ans (le Rallye de Monte-Carlo en janvier 2005, ndlr). Pourquoi êtes-vous revenu sur l'IRC?

Didier Auriol : C'est une opportunité qui s'est présentée et je pensais que je ne pouvais pas la laisser passer. L'IRC coûte beaucoup moins cher qu'avoir une invitation, par exemple, sur le WRC. De plus, la formule se rapproche beaucoup plus de ce que je conduisais quand j'étais en WRC. Il y a un côté également beaucoup moins aseptisé par rapport à ce championnat et on retrouve une ambiance plus conviviale.

Après le premier rallye de la saison en Turquie, comment jugez-vous le championnat par rapport au WRC ?

D.A. : C'est encore trop tôt pour évaluer le niveau de la série et d'ailleurs les deux catégories sont incomparables. Tout ce que je peux dire c'est qu'on y prend beaucoup de plaisir. C'est beaucoup moins sophistiqué que peut l'être le WRC aujourd'hui. Bien sûr, c'est un peu plus exigeant au niveau de la conduite, vous avez plus de gestes à faire mais ce que je retiens avant tout c'est le côté amusant.

Et les pilotes ?

D.A. : Je pense que le plateau est assez relevé. A chaque rallye, vous avez une bonne dizaine de pilotes capables de l'emporter et c'est ce qui en fait leur intérêt. La plupart d'entre eux sont assez jeunes et ils ont envie de bien faire donc la lutte est assez âpre.

Vous serez au volant d'une FIAT S2000. Qu'est ce qui change par rapport aux voitures que vous aviez l'habitude de conduire ?

D.A. : C'est complètement différent. J'avais l'habitude de pousser la voiture dans les bas régimes. Là, on roule avec un moteur atmosphérique qui pousse très haut assez vite donc ça va être un gros changement pour moi.

Avez-vous eu l'occasion de faire des tests ?

D.A. : Oui, j'ai effectué 120 kilomètres de rodage, il y a environ deux semaines, sur les routes de Toscane. Et ma première impression est que la voiture est très bonne. J'ai pris beaucoup de plaisir à la conduire.

Vous êtes-vous fixé des objectifs ?

D.A. : Je suis venu au Portugal pour m'amuser principalement. Il faut que j'arrive à bien maîtriser mon sujet. Après se fixer des objectifs de classement, c'est autre chose. Ça fait bientôt quatre ans que je ne cours plus. J'ai cinquante ans donc je suis à un âge assez avancé par rapport à la plupart des favoris qui sont, comme je l'ai déjà dit, assez jeunes. Par conséquent, je ne sais pas trop où me situer.

Votre co-pilote sera Denis Giraudet, qui vous suit depuis plusieurs années. Etait-il partant pour ce retour ?

D.A. : Oui et d'ailleurs c'était lui qui était le plus intéressé à faire ce retour. Il me disait « vas-y, lance toi ! ». Donc j'ai fini par lui répondre par l'affirmative.

Présentez-nous ce rallye du Portugal.

D.A. : C'est un rallye avec de très belles routes mais aussi très piégeuses parfois, assez techniques. Il faudra aussi faire attention de temps à autre aux crevaisons qui pourraient être nombreuses. L'organisation est également remarquable.

Vous reverra-t-on cette saison ?

D.A. : Il est prévu que je participe à trois autres manches de la saison. En Russie, au rallye des Asturies, en Espagne, et au San Remo, en Italie.

Propos recueillis par Yassine BEN RAJEB / Eurosport