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Cyclisme: Alejandro Valverde, stratège de la route et de la com'

dim 15 jui, 20h55


GRENOBLE (Reuters) - Très perturbé deux ans durant par les rumeurs de son implication dans l'affaire de dopage Puerto, Alejandro Valverde a soigné son image tout au long d'une semaine qu'il a dominée en contrôlant ses adversaires.

L'Espagnol accompagne son potentiel physique d'une attitude de champion, ne se laissant jamais intimider, ne commettant aucune faute quand il s'agit d'assommer l'adversaire. En trois mois, il a remporté deux succès majeurs, à chaque fois en démontrant un savoir-faire tactique hors norme.

Dans le final de Liège-Bastogne-Liège, il avait su contrôler les deux frères Andy et Fränk Schleck en les maintenant contre le trottoir gauche de la montée vers Ans.

Sa roue arrière contre la roue avant d'Andy pour l'empêcher d'attaquer, sa roue avant contre la roue arrière de Frank pour mieux le contrôler.

Cette semaine, il a remporté la première étape au sprint, fait la différence dans le contre-la-montre et géré sa maigre avance en patron de la montagne. Le Merckx du Dauphiné.

"J'étais venu avec de bonnes sensations suite à notre stage dans les Alpes mais pas spécialement pour gagner", a-t-il assuré.

"J'ai fait un bon prologue (troisième) qui m'a donné beaucoup de motivation. Cela m'a permis de gagner la première étape à Privas. Du coup, j'étais encore plus motivé."

"Une fois conquis le maillot jaune à Saint-Paul en Jarez, j'ai voulu le garder jusqu'au bout. J'ai été attaqué mais mon équipe a été phénoménale. Oui j'ai gagné à la Indurain en prenant le pouvoir dans le contre-la-montre puis en contrôlant en montagne", a raconté l'Espagnol.

"Le Tour de France est une autre histoire parce que le contre-la-montre est très différent de celui du Dauphiné."

"Je vivrai le Tour jour après jour. J'ai entendu dire que la première étape était assez bonne pour moi mais si je veux la gagner, je ne chercherai pas à garder le maillot jaune revenant forcément au vainqueur de Plumelec. Ce serait une responsabilité importante pour l'équipe de le défendre dès le premier jour", prévoit-il.

Sans doute pressent-il aussi que les journalistes feront référence pendant le mois de juillet à l'affaire Puerto et au nom de code "Valvpiti" qui figurait dans les dossiers du docteur Fuentes, peut-être du nom du chien du coureur, Piti.

En prévision de ces questions dérangeantes, il a distillé deux déclarations surprenantes au fil de la semaine.

"Aujourd'hui, je gagne...Peut-être ai-je été dominé les années passées par des coureurs dopés mais j'ai fait table rase du passé", avait-il dit au soir de sa victoire dans le contre-la-montre.

Puis, samedi: "Je suis également très heureux que l'on soit revenu à un cyclisme qui me plait. On ne parle enfin plus que de sport !"

Valverde, très habile sur son vélo, est également un fin stratège dans sa politique de communication.

Édité par Clément Guillou

 

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