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Cyclisme: champion de France, Vogondy renoue avec la gloire

dim 29 jui, 18h27


PARIS (Reuters) - Nicolas Vogondy a signé une performance majeure à Semur-en-Auxois pour endosser une nouvelle fois le maillot de champion de France sur route.

A 31 ans, six ans après un premier titre national, il succède à son équipier Christophe Moreau et se prépare un nouveau Tour de France en tricolore.

En une dernière heure exaltante, le coureur de Blois a confirmé ce que le peloton français savait depuis plus de dix ans: ses jambes valent de l'or et quand il est disposé à les utiliser pleinement, peu de Français peuvent le suivre.

Dans sa carrière, il a bien plus péché par manque d'ambition et d'entraînement que par manque de moyens.

Il a fallu attendre le dixième des treize tours de circuit pour voir Vogondy passer à l'action, en deux mouvements décisifs et spectaculaires.

Dans la seule côte du parcours, il a porté une attaque sévère pour rejoindre Carl Naïbo parti quelques secondes plus tôt.

Le groupe de contre formé derrière lui représentait suffisamment d'équipes pour que les vrais favoris, restés dans le peloton, ne mènent pas la chasse.

La présence dans ce groupe de Laurent Lefèvre et Dimitri Champion pour Bouygues Télécom et d'Amaël Moinard et Stéphane Augé pour Cofidis fut sa chance.

AU BORD DE LA RETRAITE IL Y A DEUX ANS

Vogondy a repris les membres de l'échappée matinale et laissé à distance les neuf coureurs derrière lui, parmi lesquels on trouvait aussi la révélation française de l'année Pierre Rolland (Crédit Agricole) et le champion de France de cyclo-cross Francis Mourey (Française des Jeux).

Ensuite, avec l'aide de son coéquipier Jimmy Casper, le futur champion de France a creusé l'écart et s'est élancé seul à poursuite de Mathieu Sprick, ultime rescapé des échappés de la première heure.

Il l'a rejoint puis décroché. Trente kilomètres restaient à parcourir en solitaire, un effort à gérer durant lequel Vogondy a dû faire preuve d'une ressource méconnue chez lui: le mental.

Dans le dernier tour, Champion, Augé, Arnaud Coyot et Julien Loubet ont embrayé et grignoté le retard supérieur à la minute.

Déclinant, souffrant d'un début de crampes, Vogondy ne s'est jamais retourné mais a senti le souffle de ses opposants revenus à six secondes à cinq kilomètres de l'arrivée et pour qui la victoire était proche.

"Je les savais juste derrière moi mais je me suis dit qu'il était inutile d'en garder. Si j'avais été repris, de toute façon, j'aurais perdu", a-t-il dit pour expliquer sa persévérance même avec cent mètres d'avance.

Mais personne n'a voulu produire le dernier effort pour reprendre sa roue, le quatuor préférant s'attaquer pour se jouer une hypothétique victoire et oubliant peut-être que Vogondy n'était pas encore mort.

Le coureur d'Agritubel a retrouvé de l'énergie dans les derniers faux plats pour aborder le dernier kilomètre avec trente secondes d'avance, et l'assurance de franchir seul la ligne d'arrivée.

"S'il y a une course à gagner dans l'année, c'est celle-là ! Je suis très heureux pour mon équipe qui m'a repêché il y a deux ans en plein hiver quand je pensais devoir mettre un terme à ma carrière", a-t-il déclaré.

"J'avais 24 ans pour mon premier titre, j'ai cru que ma carrière était faite et je me suis endormi."

"Je peux vous dire que je ne vais pas recommencer une telle erreur. Dans une semaine, il y a le départ du Tour de France et on va voir ce maillot bleu-blanc-rouge", a promis l'ancien poulain de Marc Madiot à la Française des Jeux.

Sur le podium, il a été rejoint par Coyot et Loubet, deux coureurs plus méconnus dont la participation au Tour est loin d'être assurée.

Edité par Clément Guillou

 

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