WIMBLEDON (Reuters) - Il a manqué trois points pour que la France compte deux représentants en quarts de finale de Wimbledon, ce qui n'est pas arrivé depuis 1991. Mais lundi, Richard Gasquet, battu sur le fil par Andy Murray, n'accompagnera pas Arnaud Cément, d'une sérénité absolue malgré son étrange classement.
L'Aixois, 145e mondial, a signé une nouvelle grosse performance pour écarter Marin Cilic, 55e mondial, en trois manches 6-3 7-5 6-2. Très précis en retour, le Français a déjoué les forces du serveur croate. Clément devient le quart de finaliste de Wimbledon le plus mal classé depuis l'Allemand Alexander Popp, 198e mondial, en 2003.
A 30 ans, il n'avait pas atteint ce stade de la compétition en Grand Chelem depuis son épopée à l'Open d'Australie 2001, où il n'avait été stoppé qu'en finale par Andre Agassi.
"Je suis de retour avec un excellent niveau. Je ne vais pas faire la fine bouche, je suis heureux, a déclaré Arnaud Clément. Je me suis trouvé très solide. Je l'ai déstabilisé avec des shops. Vu mon parcours, il n'y a rien d'illogique.
"Mes quatre matches ont été propres. A chaque fois que l'herbe arrive, je suis ravi. J'ai été blessé cet hiver au pied et ça a été extrêmement handicapant. J'ai pris du retard. Une fois que j'ai retrouvé le niveau physique, il a fallu que je retrouve de la confiance. J'ai sombré au printemps. Mais le fait d'avoir été très régulier à l'entraînement m'a aidé à toujours y croire.
"SANTORO DES TEMPS MODERNES"
Mercredi, Arnaud Clément se frottera à l'Allemand Rainer Schuettler, un peu mieux classé que lui (n°94).
Pour sa part, Richard Gasquet (n°8) a perdu une rencontre d'anthologie face à Andy Murray (n°12). Après avoir mené deux manches à zéro, le Français a même servi pour le gain du match à 5-4 au troisième set. Revenu à 30-40, sous pression, le protégé de Guillaume Peyre commettait une double faute qui relançait le Britannique.
Admirable de courage, l'Ecossais reprenait l'espoir et l'ascendant avant d'achever son adversaire au bout de 3h58 (5-7 3-6 7-6 6-2 6-4) à la nuit tombante, à 21h30, à la pendule d'un Centre Court en furie.
"Pendant presque trois sets, j'ai été au dessus, mais ce jeu de 5-4, je le négocie mal, a dit Richard Gasquet. J'ai eu l'impression de jouer un match de coupe Davis. Deux sets et un break, si je joue ailleurs, je pense que je conclus. Le public a eu un rôle important. Ils l'ont porté tout le temps.
"Ça gueulait beaucoup à la fin, c'était bizarre. Je suis KO. C'est le tennis, j'ai donné 100%. Andy joue bien le jeu du gazon. Il fait beaucoup d'amorties. J'ai l'impression de jouer le Fabrice Santoro des temps modernes. Au cinquième, on n'y voit pas grand-chose. Mais ils voulaient absolument finir."
Eric Calliot

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