BREST (Reuters) - En l'absence d'Alberto Contador, vainqueur l'année dernière, le petit Australien Cadel Evans est le grand favori du Tour de France, son grand objectif de l'année.
A 31 ans, celui que ses parents ont prénommé Cadel, en référence à un guerrier célèbre au Pays de Galles qui fut la terre de leurs ancêtres, est en passe de devenir le premier Australien vainqueur du Tour de France, près de trente ans après l'apparition du légendaire Phil Anderson.
Venu du VTT, il a fait preuve d'une aptitude physique immédiate sur la route, étant passé tout près d'une victoire dans son premier Grand Tour, le Giro 2002 dont il a perdu le maillot rose à trois jours de l'arrivée.
Il a fini huitième de son premier Tour de France en 2005 et n'a cessé, depuis, de nourrir son rêve.
Son début de carrière, pourtant, n'a pas été simple. Dans les rangs de la Mapei, il a dû composer avec des champions à l'ego surdimensionné mais quand d'autres choisissaient le sulfureux docteur Michele Ferrari, Evans se mettait à collaborer avec un autre Italien, Aldo Sassi.
Il avait également confié ses intérêts de champion à Tony Rominger, dont la philosophie n'était pas identique à la sienne. Le Suisse l'avait envoyé au sein de la T-Mobile dont de nombreux coureurs étaient assistés par les docteurs Ferrari ou Eufemiano Fuentes.
Sous le maillot magenta, Evans s'est fracturé la clavicule à deux reprises en deux mois, en 2004, retardant ses débuts dans le Tour, provoquant son départ de la T-Mobile et son arrivée au sein de l'équipe belge Lotto qui lui a permis de s'épanouir.
AVEC UN GARDE DU CORPS
"Cadel est un professionnel hors normes", assure son directeur sportif Hendrick Redant. "Il est sérieux, travaille beaucoup et ne néglige aucun détail. Cette année, pour la première fois, il aura toute l'équipe à son service."
La formation Silence-Lotto a en effet recruté Jaroslav Popovych, l'ancien lieutenant de Contador, Ivan Basso et Lance Armstrong et fait appel à des coureurs capables de bien passer la montagne.
Il a donc fallu faire admettre au sprinteur Robbie McEwen, en partance, qu'il devrait désormais se débrouiller seul pour gagner une étape ou le maillot vert du classement par points.
Ensuite, il a fallu faire en sorte qu'Evans fasse sa mue, endosse le statut de leader et sans doute cela a-t-il contribué à son évolution.
De coureur suiveur n'attaquant jamais, il est devenu un gagneur faisant la décision dans les ascensions. Ce fut le cas dans la Ruta del Sol en février, sur le Mont Ventoux en mars dans Paris-Nice ou encore en avril en Italie.
"Je suis le favori du Tour de France, parce que les deux coureurs qui m'avaient dominé en montagne l'an dernier, Alberto Contador et Michael Rasmussen, sont absents", dit-il.
"Je sais aussi que tout est fragile dans une course aussi longue. Il s'agit d'un Tour très dur et il m'a semblé que je devais faire en sorte de ne pas arriver trop vite en forme.
"J'ai respecté mon tableau de marche, j'ai confiance en mon équipe, tout devrait commencer pour moi à Hautacam le 14 juillet et je vais essayer de m'écarter de la pression."
Evans, personnage plutôt sympathique, sera donc entouré d'un garde du corps (celui d'Armstrong) et d'un cuisinier personnel. Il ne devrait pas accepter beaucoup de demandes des journalistes et éviter le contact avec le public.
Il a décidé que sa rencontre avec la légende était à ce prix.
Edité par Julien Prétot

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