CHOLET (Reuters) - Stefan Schumacher a fait sensation dans le contre-la-montre de Cholet lors de la quatrième étape du Tour de France, dans une discipline qui fait peu de place aux surprises.
Large vainqueur devant les meilleurs spécialistes du monde que sont Fabian Cancellara ou David Millar, Schumacher a pris le maillot jaune et la lumière qui l'accompagne.
Ont alors ressurgi les différents contrôles qui ont marqué sa jeune carrière.
Fin septembre, ce coureur de 26 ans originaire de l'ancienne Allemagne de l'Est a été contrôlé par la police après un accident de voiture à la sortie d'une discothèque.
Les différents examens ont révélé une alcoolémie trop élevée et des traces d'amphétamines pour lesquelles finalement il n'a pas été inquiété.
Pour avoir pris de la cocaïne en boîte de nuit, Tom Boonen a été jugé indésirable sur le Tour de France.
"Je ne suis pas fier de cette affaire, j'avais oublié que je suis une figure publique. Mon cas est différent de celui de Tom Boonen, moi j'ai fait cela hors saison. Lui non", a expliqué Schumacher.
"C'est dommage qu'il ne soit pas là, c'est un champion qui manque mais je ne veux pas m'occuper des affaires des autres. Il y a le point de vue moral, il ne peut plus être un exemple pour la jeunesse mais du point de vue sportif, il n'y a pas lieu de lui reprocher quoi que ce soit. Je ne veux plus parler ça."
Au beau milieu d'un climat de défiance du cyclisme, Schumacher a quand même dû s'expliquer. Notamment avec son employeur Hans-Michael Holczer, le manager de l'équipe Gerolsteiner toujours à la recherche d'un repreneur.
"Nous avons eu beaucoup de discussions, on s'est beaucoup disputé lui et moi avant que j'accepte de le réintégrer dans l'équipe. Ca a fait du mal à l'image de l'équipe et je peux dire qu'il y a eu une conséquence financière pour lui", a dit Holczer.
SURPRIS DE GAGNER
Au cours des semaines qui avaient précédé le championnat du monde dont il avait pris la troisième place à Stuttgart, il avait également subi un contrôle sanguin révélant des paramètres anormaux mais il avait démontré avoir dû soigner une diarrhée.
En 2005, il avait été positif à la Catérine mais avait présenté une autorisation à usage thérapeutique. Schumacher n'a rien fait depuis ses débuts professionnels pour dissiper le doute.
Il s'était révélé en 2006 en gagnant deux étapes du Tour d'Italie et en portant le maillot rose pendant quatre jours, confirmant en 2007 par une victoire dans l'Amstel Gold Race mais c'est aussi un homme qui ne sait pas être régulier dans ses résultats, disparaissant quand on l'attend, surgissant quand son nom n'alimente plus les pronostics.
C'était le cas avant le contre-la-montre de Cholet, même si cette distance (29,5km) lui a toujours bien convenu.
"Je suis évidemment surpris de gagner, je me sentais bien mais de là à faire mieux que Cancellara...", a-t-il dit.
"Je me voyais plus dans les cinq premiers."
Schumacher s'ajoute donc à la liste des coureurs capables d'obtenir un bon résultat à Paris même s'il a toujours démontré ses limites dans la haute montagne.
"Demain soir, à Chateauroux, je pense garder le maillot jaune mais ça va demander beaucoup de travail à mon équipe. Ce sera plus dur jeudi à Super Besse avec Kim Kirchen (Columbia, deuxième à 12 secondes) qui sera avantagé par cette arrivée en côte", a-t-il ajouté.
"Pour ce qui est de mon équipe, j'ai toujours un contrat avec Holczer et je ne pense pas qu'il m'empêcherait de partir mais je ne vois pas non plus la possibilité que cette équipe disparaisse.
"C'est souhaitable pour le cyclisme allemand. J'espère que ce maillot jaune va nous permettre de continuer."
Avec Clément Guillou, édité par Julien Prétot

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