HAUTACAM, Hautes-Pyrénées (Reuters) - Bjarne Riis avait annoncé dimanche que "le moment venu, une équipe saurait prendre le contrôle": le peloton a compris que cette équipe serait la sienne, la CSC, qui a replacé lundi ses leaders au classement général et ruiné les ambitions d'Alejandro Valverde.
Si la Saunier Duval s'est joué du dénivelé d'Hautacam, la CSC a contrôlé le peloton du pied du Tourmalet jusqu'à celui de la dernière montée.
A l'arrivée, Fränk Schleck a terminé premier des favoris et se place à une seconde du maillot jaune Cadel Evans, et Carlos Sastre est à moins d'une minute trente de l'Australien.
Dans le collectif CSC, seul Andy Schleck n'a pas été utilisé, puisqu'il a craqué dès le pied d'Hautacam.
"On ne gagne pas, mais on a fait une belle course. Ce matin je leur ai dit qu'il fallait vraiment montrer ce que valait cette équipe", a dit Riis à l'arrivée.
Le Danois avait assuré disposer de l'équipe la plus forte avant le départ du Tour de France et en a orchestré la démonstration.
"C'est notre boulot d'établir une stratégie et de faire que les choses se passent ainsi, mais les coureurs doivent avoir les jambes."
Lundi, ils en avaient. Par moments, on s'est cru revenu aux plus grandes heures de l'US Postal, lorsque les rouleurs George Hincapie et Victor Hugo Pena éparpillaient le peloton en montagne.
VOIGT "COMME EDDY MERCKX"
"J'ai essayé de faire le tempo le plus vite possible dans le Tourmalet. J'ai bien réussi, je me sens un peu comme Eddy Merckx quand je marche devant et que tout le monde a mal aux jambes derrière", a affirmé Jens Voigt.
L'Allemand, avec l'Ukrainien Volodymir Gustov et le Norvégien Kurt-Asle Arvesen, a privé Evans d'équipiers dès le col du Tourmalet et décroché Valverde dans ce premier très grand col du Tour.
Dans la vallée, avec le vent de face, il s'est livré à un contre-la-montre en duo avec Fabian Cancellara, ruinant les chances de Rémy Di Gregorio à l'avant, de Valverde et Damiano Cunego à l'arrière.
"Après, c'était l'explosion du moteur."
La suite fut une ascension très aboutie de Fränk Schleck et Carlos Sastre, l'un attaquant pour refaire le retard qu'il avait accumulé dans le premier contre-la-montre, l'autre marquant les favoris Evans et Denis Menchov.
"Le plan était que Sastre reste avec les autres leaders", a confirmé Riis.
La CSC déplore la perte du plus jeune des frères luxembourgeois, mais dispose désormais de deux hommes très dangereux pour Evans.
"Le choix n'est pas fait, les deux sont bien placés. Carlos est toujours présent. Evans est toujours favori, rien n'est fait à 100%."
Voigt ne voit pas les choses de la même façon: "Fränk est deuxième au classement, il reste son ascension préférée, l'Alpe d'Huez, et il va reprendre le maillot, c'est facile."
Schleck étant deuxième au classement général, les équipiers de la CSC pourront se reposer durant les étapes de transition jusqu'aux Alpes, là où la Silence-Lotto aura des responsabilités en tête de peloton.
"D'un côté c'est dommage, mais bon, quand on regarde les équipes qui ont eu à défendre le maillot jaune: Caisse d'Epargne, explosion totale, Columbia, explosion totale...c'est peut-être mieux de ne pas avoir pris le maillot trop tôt", observe Voigt.

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