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LA CHRONIQUE DE LAURENT BENEZECH - Bilan saison 2008 (première partie) - LA COUPE DU MONDE N'A ENCORE SERVI À RIEN !

mar 08 jui, 14h46


Cette saison a été marquée par l'événement qu'a représenté la Coupe du monde. Comme en 2003 en Australie, l'ampleur que prend le rugby le temps de la compétition est considérable et dépasse le simple cadre sportif puisque tout un pays vit au rythme de l'épreuve et surtout se laisse porter par l'euphorie et la joie amenées par les supporters de toutes les nations qui s'y retrouvent. Il est maintenant évident que le rugby représente un potentiel important pour générer l'attrait d'une large part de la population et que ce sport s'est maintenant installé sur une dynamique intéressante. A condition de savoir l'y maintenir ! C'est là où se situe le problème. En effet, pour maintenir cette dynamique, il faut être capable de proposer régulièrement des moments forts à une frange de la population qui n'est pas foncièrement rugby mais qui est capable de vibrer pour son équipe nationale, des sportifs ou des clubs la représentant dans le cadre de compétitions qui font partie de l'imaginaire populaire comme une Coupe du monde, un Championnat du monde, des Jeux Olympiques. Aïe ! C'est là où le bât blesse !

Le rugby ne peut pas proposer qu'une seule compétition à «visibilité» mondiale tous les quatre ans ! En effet, en dehors de la Coupe du monde, le Tri-Nations n'intéresse généralement que les Néo-Zélandais, Australiens et Sud-Africains, le Tournoi des VI Nations les supporters de rugby des... six nations et la mécanique des Tournées seulement les fans de rugby dont le match se déroule sur le territoire national à une heure de retransmission à peu près correcte. Et donc, dès que l'épreuve reine s'est terminée sur la victoire de l'Afrique du Sud, le rugby est rentré à nouveau dans un grand trou noir. Particulièrement aux yeux de ces personnes susceptibles de devenir des réguliers voire des accros à ce sport à condition qu'on leur propose des compétitions attractives mais aussi et surtout qui représentent quelque chose (ce n'est pas la peine d'inventer des trophées à la con qui sortent de nulle part pour récompenser le vainqueur d'un test match car c'est prendre les partenaires, le public et même les joueurs pour des idiots !). Cette frange du public est la plus importante stratégiquement parlant car, située en périphérie, c'est elle qu'il faut convaincre si l'on veut développer l'audience et l'attractivité du rugby pour créer ensuite un effet boule de neige. Or, depuis la fin de la Coupe du monde, il ne se passe rien ! Et quand je dis rien, c'est rien ! Ah si. pourtant. il s'est passé quelque chose de suffisamment important pour que, bien sûr, personne à l'IRB ne le note et n'en tire d'enseignements. Un partenaire important de la Coupe du monde, Visa, a décidé d'arrêter de sponsoriser l'épreuve. Alors, bien sûr, il n'y a pas que l'argent dans la vie et Visa a certainement des bonnes raisons qui lui sont propres et qui ne sont pas liées seulement à ce sport. Et puis, surtout, l'IRB a suffisamment d'argent pour faire manger et boire des générations et des générations de dirigeants. Pourtant, il est toujours intéressant de se poser la question de savoir comment et pourquoi un partenaire aussi important vous quitte et surtout qu'est ce qu'il faut faire pour éviter que cela se reproduise ! Si l'IRB était capable de réaliser ce travail (travail ? Vous avez dit travail ???), le rugby aurait fait un grand pas vers son futur et je peux vous dire que celui-ci serait excitant pour tous les amoureux de ce sport, que ce soit ceux qui ne savent pas encore qu'il vont tomber sous le charme de l'ovale ou ceux qui le sont depuis des générations et des générations !

 

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