CLERMONT-FERRAND (Reuters) - Comme toujours à l'entame d'une nouvelle saison succédant à un échec en finale, Clermont assure que le traumatisme du mois de juin est évacué et que l'équipe sera encore plus forte pour décrocher enfin un Bouclier de Brennus qui la fuit désespérément.
L'ASM a perdu face à Toulouse sa neuvième finale, la deuxième en deux ans, sans en avoir jamais remporté une seule. Elle avait pourtant dominé la saison régulière et toute la ville était cette fois persuadée que cette année 2008 était la bonne.
"On ne va pas revenir là-dessus, on l'a déjà fait entre nous. On était bien mais tout simplement, dès qu'on dit le mot Brennus à Clermont, ça change tout", s'agace l'entraîneur Vern Cotter.
"Il faut focaliser ce sentiment de colère et ces frustrations sur le championnat qui arrive. En plus, beaucoup pensent que l'on n'est pas capable de revenir donc ça nous motive encore plus. Le défi est toujours là, même d'avantage", prévient le technicien néo-zélandais.
A l'image de leur entraîneur, les joueurs affirment avoir puisé des forces nouvelles de la défaite en finale. En larmes fin juin, l'ailier et capitaine Aurélien Rougerie s'est efforcé de tourner la page.
"La déception sur le coup était très grande. J'espère que l'on va réussir à s'en servir, à démystifier ce fameux dernier match. Il faut repartir de zéro. Le chemin est long et difficile, donc à nous de travailler pour retourner là où l'on aurait dû être l'année dernière", dit-il.
Nouveau venu, le deuxième-ligne Julien Pierre se veut optimiste. "Je ne sens pas un groupe traumatisé, je sens plutôt un groupe qui a envie de bosser, de travailler dur et de retourner très vite en finale et moi j'ai envie d'y aller avec eux", témoigne l'ancien Berjallien.
STABILITÉ
En matière de recrutement, Clermont a choisi encore une fois la stabilité.
Quelques départs, dont John Smit et Vilimoni Delasau, et des arrêts de carrière, dont Sam Broomhall, ont été compensés par l'arrivée d'environ un joueur par ligne: deux piliers avec le Néo-Zélandais Simms Davison et l'ex-Agenais Vincent Debaty; un autre ancien d'Agen le trois-quarts Arnaud Mignardi; les anciens de Bourgoin Benoît Cabello au talonnage et Julien Pierre en deuxième ligne; et deux jeunes Aixois, Ludovic Radosavljevic à la mêlée et le pilier Raphaël Chaume.
Vern Cotter veut prendre son temps pour incorporer encore un ou deux joueurs et se réjouit que l'ossature de son groupe soit la même que l'an dernier, avec notamment une ligne de trois-quarts redoutable comprenant la perle fidjienne Napolioni Nalaga.
Cette continuité doit servir d'atouts dans un championnat que Cotter prédit serré. "Je suis sûr qu'il y aura plus de candidats aux demi-finales cette année", dit l'entraîneur clermontois qui ajoute Castres, Brive et Bayonne à la liste des prétendants habituels.
Cotter n'en fixe pas moins des objectifs élevés: "Clermont doit atteindre le stade des matches éliminatoires en championnat et en HCup (la Coupe d'Europe, ndlr). Ce qui est très important dans la vie, c'est le vécu. On aimerait bien participer aux matches couperets cette année."
Clermont veut se forger un mental d'acier et travaillera régulièrement avec Dave Atfield, psychologue sportif néo-zélandais.
Mardi, dans un stade Mayol qui fêtera la remontée de Toulon dans l'élite, les Clermontois auront de premiers indices sur leurs forces, physiques et mentales, dans un environnement hostile que connaît bien Pierre Mignoni, natif de la Rade.
"Aller à Mayol, si certains n'y ont jamais été, ils vont voir ce que c'est", prévient le demi de mêlée. "Mais il ne faut pas subir l'événement. Ce sont des bons matches à jouer dans un contexte qui n'est pas favorable. Pour démarrer il n'y a pas mieux."
Edité par Bertrand Boucey

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