En quête de consécrationA 29 ans, Antoine Dénériaz, est reconnu par ses pairs comme l'un des tout meilleurs descendeurs du Grand Cirque Blanc, mais le skieur de Morillon attend toujours la consécration que pourrait lui offrir un podium olympique.
Vainqueur de trois épreuves de Coupe du monde dans sa carrière, à Val Gardena, par deux fois (2002, 2003), sur la Saslong, l'une des pistes les plus exigeantes du circuit, et Kvitfjell (2003), le Haut-Savoyard accumulait les places d'honneur avant d'être stoppé par une grave blessure en janvier 2005 à Chamonix.
Victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche, ce grand gaillard (1,89 m pour 100 kg) à la bonne humeur proverbiale a abordé la saison 2004-2005 avec une énorme motivation, après une absence de près d'un an. "J'ai envie de podium", confiait-il début décembre à Lake Louise, en ajoutant toutefois qu'il lui restait encore "des kilomètres à faire" avant d'envisager une quatrième victoire en Coupe du monde.
Retrouver ses sensations
En effet, s'il a bien récupéré physiquement, le skieur du Grand Massif doit maintenant retrouver les sensations qui lui avaient permis de progresser régulièrement ces dernières saisons, après avoir quelque peu tardé à confirmer les espoirs nés de sa quatrième place dans la descente de Val-d'Isère en décembre 1998.
Maintenant arrivé à maturité, après quelques périodes de découragement, notamment en 2000 et 2001, Dénériaz, sixième du classement final de la Coupe du monde de descente en 2003 puis septième en 2004, avait affiché avant sa blessure de gros progrès techniques qui s'ajoutaient à ses qualités de glisseur. Une technique qu'il va encore peaufiner en s'alignant, cette saison, dans toutes les épreuves de super-G.
De quoi envisager l'avenir avec optimisme pour le sociétaire du club de Morillon, où il a effectué ses débuts sous la férule de son père. Celui-ci, moniteur de ski, l'emmenait régulièrement, à la fin des années 80, assister aux prouesses des Mueller, Zurbriggen et autres Stock sur la piste OK de Val-d'Isère. Un bon moyen de susciter sa vocation pour l'épreuve reine, alors qu'il brillait, à l'époque, dans les disciplines techniques.
"Aujourd'hui, je suis devenu un vrai descendeur, cela fait partie du métier", affirmait-il après sa blessure, en ajoutant aussitôt : "Je suis encore jeune et je compte revenir encore plus fort qu'avant". Réponse le 12 février sur la piste olympique de Sestrières.