La défaite en Ecosse (15-9) samedi pourrait être celle de trop pour Brian Ashton et certains de ses cadres. Les vice-champions du monde n’ont pas réussi à confirmer leur succès parisien. Au contraire.
Les paris vont déjà bon train en Angleterre. Brian Ashton sera-t-il remercié ? Et si oui, quand ? Au lendemain de la défaite concédée en Ecosse (15-9), la deuxième dans ce Tournoi des VI Nations après la gifle reçue à Twickenham lors de la première journée face au pays de Galles (19-26), le sort du sélectionneur anglais est au cœur de toutes les discussions. Déjà largement critiqué depuis le début de la compétition, l’homme qui a redonné des couleurs au XV de la Rose l’automne dernier, avec en point d’orgue une improbable finale de Coupe du monde, devrait passer une semaine particulièrement agitée. L’intéressé, lui, avait du mal à cacher son amertume samedi soir à Edimbourg. « C'est vraiment décevant, parce que j'ai l'impression que les joueurs m'ont encore laissé tomber cette semaine dans le secteur sur lequel nous avions insisté : la discipline, pestait-il dans les travées de Murrayfield. Si nous avions gagné, je me serais mis à croire aux miracles. (…) Maintenant vient le temps de la réflexion. » Et des interrogations.
Deux semaines après avoir, pensait-on, retrouvé une bonne dose de confiance en s’imposant au Stade de France (13-24) après deux prestations décevantes face aux Gallois et aux Italiens, l’Angleterre s’est tout simplement noyée dans la boue écossaise. Et Ashton d’avancer quelques pistes de réflexion. « Avec tout le respect que j'ai pour Mike Ford (ndlr : son adjoint pour ce secteur), notre entraînement en défense n'est pas aussi physique que celui que l'Ecosse a montré samedi, dit-il. L'Ecosse a probablement gagné en partie le match dans un secteur où nous pensions que nous étions meilleurs, le jeu tactique au pied. » Face à des Ecossais occupant bien le terrain, plus disciplinés et dominateurs dans le jeu au sol, les Anglais ont clairement affiché leurs limites. Rares sont d’ailleurs les joueurs à avoir surnagé dans ce naufrage collectif. « Une ou deux individualités ont bien joué aujourd'hui, résume Ashton. Mais c'était une performance sans saveur. » Mais peut-être pas sans conséquences.
Car Ashton pourrait ne pas être le seul à payer les frais de cette nouvelle désillusion. Les leaders ont, une fois encore, déçu. Jonny Wilkinson, devenu malgré tout le nouveau meilleur marqueur de la planète samedi, a d’ailleurs été sorti à dix minutes de la fin. Idem pour le capitaine Phil Vickery qui ne parvient pas à masquer son incompréhension, synonyme de Tournoi perdu. « J'aimerais savoir quelle équipe nous sommes, lançait-il en conférence de presse. Nous serions bien meilleurs si nous pouvions répéter des performances comme celle d'il y a deux semaines. Ici, on est arrivé en favori, et les rôles ont été inversés. On a intérêt à bien se préparer pour la réception de l'Irlande à Twickenham. » Pour ce qui pourrait être la dernière sortie de Brian Ashton en tant que sélectionneur.
Jean-François PATURAUD

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