Eurosport - mer, 09 avr 10:53:00 2008
Chelsea, au terme d'un match plein, se qualifie aux dépens de Fenerbahçe (2-0) et rejoint le dernier carré de la Ligue des Champions pour la quatrième fois en cinq ans. Les Turcs se sont réveillés trop tard pour inquiéter une formation anglaise bien plus sûre de son sujet qu'au match aller.
CHELSEA - FENERBAHÇE : 2-0 (aller : 1-2)
Buts : Ballack (4e), Lampard (87e)
Un homme averti en vaut deux. Alors lorsque c'est un groupe de onze joueurs qui est déjà mis au parfum, le scénario surprise a toutes les chances de se transformer en pétard mouillé. Surtout lorsque lesdits joueurs portent la tunique bleue de Chelsea et disputent un quart de finale retour de Ligue des Champions, de surcroît chez eux. Lorsque l'on est invaincu à domicile depuis 26 mois sur la scène européenne, cela vous forge un caractère. Un fonds de jeu et une confiance aussi. Trois notions importantes que la troupe d'Avram Grant n'a pas laissées sur le bord de la pelouse de Stamford Bridge, aux dépens donc de Fenerbahçe (2-0).
La formation de Zico n'imitera pas Villarreal, Leeds, le Bayer Leverkusen et le FC Valence, toutes ces formations, citées dans le désordre, ayant joué les trouble-fêtes en se qualifiant pour le dernier carré des récentes Ligue des Champions. Deivid, si magique à Istanbul, ne pourra pas faire étalage une nouvelle fois de son laïus sur le foot-business et l'argent roi dans certains grands clubs comme... Chelsea. Non, l'ancien Bordelais ne trouvera pas avec brio une seconde fois la lucarne droite de Cudicini comme il tenta de le faire (19e). Non. L'histoire ne s'est pas répétée sur la pelouse de Stamford Bridge pour les joueurs de Zico.
Pourtant, comme lors du quart de finale aller, Fenerbahçe est passé à côté de son sujet en première période. Quatre minutes de jeu seulement suffisent à Ballack pour faire chavirer de bonheur le "riche"public de Stamford Bridge en bonifiant de la tête un coup franc de Lampard (1-0). Pourtant, comme lors du premier acte, Chelsea gaspille un nombre incroyable de bonnes situations. Ne profite pas de la naïveté défensive de Vederson, arrière latéral gauche en l'absence de Roberto Carlos, encore trop juste selon son entraîneur. Et, surtout, n'enfonce pas une formation turque aux abois, le poteau repoussant une tentative à bout portant de Joe Cole (8e), ou le cadre fuyant tout simplement une belle frappe enroulée de Drogba (22e). Chelsea domine son sujet. Très clairement. Collectivement, les Blues se trouvent à merveille. Combinent avec lucidité. Mais le but de la délivrance se refuse à Kalou (40e) et à Drogba (33e, 47e).
Grant a failli tout gâcher
De quoi relancer la peur des supporters londoniens, peu rassurés devant la prestation de leurs joueurs. La sortie sur blessure de Cudicini (26e), venant s'ajouter au forfait de Cech, n'arrange pas l'humeur ambiante. Chelsea joue bien mais n'est pas à l'abri. Ce qui est vrai en première période l'est encore plus lors du second acte. Lugano se charge d'ailleurs de laisser le doute planer dans les esprits des Blues avant la pause, sa tête sur coup franc allant mourir juste à côté du poteau gauche d'Hilario (32e). Les partenaires de Drogba voient leur jeu collectif se déliter peu à peu. On cherche à forcer la décision individuellement, le péché mignon des Blues dès lors qu'ils sentent les effluves de vents contraires, à l'image d'une frappe lointaine de l'Ivoirien (67e). Sentant le vent du boulet arriver, Avram Grant décide d'apporter de la sécurité à son bloc défensif. Kalou cède sa place à Belletti (59e).
Et Chelsea recule alors inexorablement. Se donne de l'air exclusivement sur coups de pied arrêtés mais Volkan, impressionnant auparavant de lecture de jeu sur un joli contre londonien (77e), se détend bien sur un coup franc de Drogba (78e). Lentement mais sûrement, Fenerbahçe profite du positionnement de plus en plus bas des Blues pour aller jouer crânement leur chance. Gokhan (81e) puis Kazim (83e) font trembler Bridge autant qu'ils chauffent les gants d'Hilario. Mais le portier portugais, le numéro 3 de Chelsea, se révèle à la hauteur. Comme Malouda, qui renverse bien le jeu pour Essien, ce dernier offrant une merveille de passe en retrait à Lampard (88e, 2-0). Hilario, Belletti, Malouda, trois exemples du banc londonien et un joli pied de nez à Deivid, qui aura du mal à affirmer cette fois que l'argent ne fait pas une équipe.
On n'enlèvera pas une certaine maturité, voire probablement une vérité dans les propos de l'ancien Bordelais. Mais mardi soir, la dure réalité du football moderne l'a emporté sur les rêves de Petit Poucet du buteur brésilien. De quoi poser une autre question désormais : et si Chelsea, club embourgeoisé par les millions de son président, était capable de justifier son statut de gros riche en allant soulever la coupe aux grandes oreilles le 21 mai prochain ? Liverpool, prochain adversaire des Blues en C1, a bien évidemment une partie de la réponse.
LA DÉCLA : Avram Grant (entraîneur de Chelsea)
"Je suis très content du résultat du match. Nous sommes qualifiés pour les demi-finales. C'est une très bonne chose. Je pense que, bizarrement, nous avions mieux joué au match aller. Cette fois, nous étions un peu nerveux et eux ont bien défendu. Nous allons retrouver une nouvelle fois Liverpool. Nous les connaissons très bien, mais pour l'instant, je ne pense qu'à savourer cette victoire."
Alix DULAC / Eurosport