PARIS (AFP) - Trois clubs à 39 points, Toulouse, Lens et le Paris SG, se battent pour éviter la dernière place de relégable, Strasbourg (35 pts) étant virtuellement condamné, trois équipes tenaillées par le doute et poursuivies par la poisse, qui s'efforcent de galvaniser les troupes par des discours volontaristes.
Toulouse: Opération commando
"On termine les matches à l'extérieur avec l'effectif au complet, ce qui est une bonne chose pour nous" s'est réjouit Elie Baup. "On est confronté à un adversaire qui cherche l'Europe et nous le maintien. Ce qui est important c'est notre parcours."
Le "Tef'" a reconduit son opération commando, travaillant à huis clos sauf jeudi, où le sergent Elie Baup a galvanisé ses troupes devant la presse: "On a le destin entre nos mains puisque on est 16e avec un meilleur goal-average que les autres clubs, a-t-il dit".
L'égalisation dans les dernières minutes face au PSG (1-1 samedi dernier) "donne des renseignements sur nos vertus morales, on a des ressources et tout le groupe est impliqué. Jusqu'au bout on ne lâchera rien, cela se jouera jusqu'à la 95e minute du dernier match".
"On a eu un pied en L2 quand Paris a marqué, a reconnu Nicolas Dieuze, maintenant on a plus que jamais les pieds en L1. Le destin nous a donné une autre chance, à nous de la saisir, si on continue à jouer en équipe et en groupe comme on le fait depuis quelques matches, ça devrait passer".
"On est trois équipes à avoir le dos au mur, et ce sera celle qui sera la plus costaud mentalement qui s'en sortira sur les deux matches qui restent. Si on prend les points qu'il faut, on restera en L1, c'est tout ce que je sais."
Lens: le pire calendrier
Le nul contre Monaco (0-0) conjugué aux blessures de Dindane et de Hilton ont donné l'impression que les Lensois avaient plongé dans une forme de fatalisme. Au discours très positif des semaines passées s'est substitué un ton plus grave avant un match à Lille "bigrement important", dixit Daniel Leclercq.
Même s'il n'accepte pas ouvertement l'idée que Lens a un calendrier plus difficile que Toulouse et Paris, puisque après Lille, il recevra Bordeaux en clôture, le directeur technique constate: "J'ai toujours dit qu'il fallait compter sur nous-mêmes".
"Si je dis qu'il (le calendrier) est plus compliqué, ça va perturber les joueurs. Pour moi il est plus intéressant", ajoute le technicien, qui compte sur "l'état d'esprit", "la solidarité et l'animation défensive".
La bonne nouvelle est le retour de Loïc Rémy qui ne ressent plus une cheville blessée en finale de la Coupe de la Ligue. Le joueur prêté par Lyon a promis de se "surpasser pour ne pas voir Lens en L2", alors que Jonathan Lacourt a estimé qu'il "faudrait mettre de la folie".
Paris SG: nouveaux discours
Aux propos lénifiants de Paul Le Guen ("C'est rageant", a-t-il dit de l'égalisation concédée à une minute de la fin à Toulouse) ont succédé les discours plus incisifs de Michel Moulin, le nouveau conseiller sportif, et Simon Tahar, le président intérimaire.
Cette semaine, le premier a virilement pris la défense du club après les incidents Casanova/Mendy à Toulouse, le second a tonné contre l'exclusion du PSG de la Coupe de la Ligue pour l'affaire de la banderole anti-Ch'tis.
Un grand classique du management (mobilisation contre les +ennemis+ de l'extérieur, la Ligue, les médias, les autres clubs...) qui pourrait se révéler efficace.
Après trois défaites de rang, le PSG a battu Auxerre (3-1) puis su marquer à Toulouse (1-1) et à Amiens (1-0, demi-finale de Coupe de France) sur ses seules actions construites, un réalisme que peuvent lui envier le TFC et Lens, bien plus dispendieux en occasions de but.
Mais c'est le PSG qui est pour l'instant assis à la mauvaise place. Il lui faut déjà battre Saint-Etienne, en course pour la 5e place.

AFP/Patrick Hertzogagrandir la photo
