Pékin 2008 - Absalon: "L'or et rien d'autre"

Eurosport - ven., 09 mai 11:25:00 2008

Julien Absalon, quatre titres mondiaux et un sacre olympique en VTT (cross-country), affirme s'être préparé spécifiquement pour les JO de Pékin, où il court pour la gagne, car "toute autre place que la première" sera, pour lui, vécue comme un "échec".

MOUNTAIN BIKE Julien Absalon - 0

JULIEN ABSALON, à 28 ans, vous avez déjà tout gagné dans le VTT. Comment faites-vous pour vous motiver ?

J.A.: Le plaisir est ma principale source de motivation. J'aime mon sport. J'aime vouloir rester le meilleur. Chaque année, il faut repartir à zéro, sans quoi, les concurrents reviennent. Je suis peut-être le coureur qui court le moins sur le circuit mondial. Par rapport à d'autres, je me fixe peu d'objectifs. Je ne gagne peut-être pas tout, mais je suis là le jour le plus important. Je me dis par exemple que je vais laisser courir la Coupe du monde pour me focaliser sur le Championnat du monde ou les jeux Olympiques. Cette année, je m'étais fixé comme objectif de gagner les trois premières manches de la Coupe du monde. Mais on verra ensuite si elle est gagnable sans participer à toutes les courses. Je serai plus à même de faire des calculs après Andorre (31 mai-1er juin).

Quid de votre préparation pour les JO ?

J.A.: D'abord, je veux garder mon maillot lors des Championnats du monde en Italie (le 22 juin). C'est mon premier objectif chronologique, mais je privilégie les JO. J'ai fait des entraînements particuliers pour la piste de Pékin, qui est courte, en centre-ville. Elle ne me plaît d'ailleurs pas vraiment. Je préfère de vrais circuits techniques. Mais je m'adapterai. Ce qui m'effraie, aussi, c'est la pollution. Quand j'y suis allé en septembre, je l'ai vraiment ressentie. Pendant deux ou trois jours, ça allait. Mais ensuite, j'ai eu des difficultés à respirer. J'espère que cela ira mieux pour les JO. J'arriverai à Pékin au dernier moment, car ma course se déroule l'avant dernier-jour des Jeux. Je manquerai donc la cérémonie d'ouverture, comme je l'avais fait à Athènes. Mais rester trois semaines (sans courir), c'est trop long.

Pensez-vous à l'échec ?

J.A.: C'est une course d'un jour. On a beau s'entraîner à 100% pour un objectif, on peut chuter. Cette année, j'ai 28 ans. Ce sont pour moi les Jeux de la maturité. J'aborde la course en tant que favori. Toute autre place que la première sera vécue comme un échec. Et c'est en ayant peur de l'échec que je vais trouver la motivation pour m'entraîner. Pour l'instant, j'ai toujours résisté à la pression. Mais je sais que je ne suis pas infaillible. Il m'arrivera bien de perdre un jour. J'espère que cela n'arrivera pas à Pékin. Les Jeux, c'est tous les quatre ans, alors il ne faut vraiment pas se louper. Cela dit, je veux continuer après les JO. A Londres en 2012, je n'aurai que 32 ans. Ca ne sera pas trop vieux.

AFP