Il faut remonter au 13 juillet 2001, à Moscou. Ce jour-là, le Comité International Olympique (CIO) décide officiellement d'attribuer l'organisation des Jeux Olympiques 2008 à la ville de Pékin. Et ce jour-là, une jeune Chinoise de 22 ans, Hongyan Pi, joueuse de badminton de haut niveau, se projette instantanément. Problème, l'équipe nationale chinoise ne mise plus sur elle depuis deux ans. Alors qu'elle vient de remporter l'US Open, en 1999, sa fédération l'invite à quitter le centre national de Pékin, où elle évoluait depuis le début de son adolescence. « J'étais trop petite , raconte t-elle, du haut de son mètre soixante-quatre, et la politique de l'époque était de privilégier les grandes. Mes entraîneurs m'ont dit que je ne progresserai plus jamais. » Initiée au badminton à huit ans « juste pour être en bonne santé » dans son école de Chong Qing, dans le Sichuan (frontière est du Tibet), pensionnaire du sport-études de Chengdu à 13 ans, avant de rejoindre l'élite chinoise à la capitale, Pi décide de ne pas en rester là. « J'avais donné au badminton toute ma vie, toute ma jeunesse. Ça n'est pas rien. Je ne voulais pas m'arrêter là, j'avais envie de voir ce dont j'étais capable. » Débute alors le long chemin qui la mène à sa première participation olympique, cinq ans plus tard, à Athènes. Sous les couleurs françaises.
Changement radical. Terminées les six heures d'entraînement quotidien, sans la moindre journée de repos. Exit la Chine, le Sichuan, et ses 108 millions d'habitants. Ce sera le Danemark, la petite île de Seeland (sud-est du pays) et ses 240.000 résidents. Pour deux ans, avant de rejoindre la France. Deux années de progression, deux années pour attiser ses ambitions, et faire éclore le projet français. « Au Danemark, j'ai eu de supers résultats, qui m'ont redonné espoir. Mais la possibilité d'intégrer l'équipe nationale danoise était restreinte. Là-bas, j'ai été contactée par des entraîneurs français qui m'ont proposé de venir jouer en France, avec l'objectif de participer aux JO d'Athènes sous les couleurs tricolores .
Arrivée en France en 2002, Pi intègre le pôle France de l'INSEP (Institut National du Sport et de l'Education Physique) l'année d'après, au milieu des garçons. Les résultats suivent, la dérogation accordée par la fédération internationale (IBF) concernant les joueurs étrangers également. Mais le passeport, ultime sésame pour participer aux JO, toujours pas. « J'ai reçu mon passeport un mois seulement avant d'aller aux JO. Ça a ajouté une pression supplémentaire à une telle compétition .
Tête de série n°8 pour ses premiers Jeux, la Française, diminuée par une blessure et submergée par la pression, chute d'entrée. « Je me suis blessée à une cheville (entorse), dix jours avant les Jeux, et je suis passée à côté .
A Pékin, le contexte est complètement différent. D'abord, parce que « l'histoire du passeport est réglée depuis bien longtemps. Je vis en France depuis cinq ans, je commence à bien parler la langue, à bien me faire comprendre, et me sens donc plus sereine. » Ensuite, parce qu'elle bénéficie d'une expérience olympique, et que son rang de n°2 mondiale en 2005 parle de lui-même. Enfin et surtout, l'élève de Fabrice Vallet (depuis 2004) évoluera « chez elle », en Chine. Inutile d'essayer d'évoquer des problèmes politiques du pays, en lien avec la demande d'indépendance du Tibet, Pi préfère recentrer les débats sur le sport et ses propres objectifs chinois, à savoir « une médaille pour la France, la plus belle possible. » Inutile également de lui parler d'une quelconque revanche par rapport à la fédération chinoise, qui n'a pas cru en elle il y a neuf ans déjà. « Ça fait des années que je suis dans le circuit du haut niveau , explique la n°1 française, avec des résultats. L'entraîneur chinois me regarde déjà différemment. Je ne suis plus au stade où je dois encore prouver des choses. Ce que je veux, c'est faire un bon résultat. Pas pour prendre une revanche, mais pour moi-même .
Quant à évoquer une pression supplémentaire par rapport au fait de retrouver Pékin, la réponse est sans détour. « Le fait que ce soit en Chine m'importe peu. Bien sûr, je suis contente parce que je connais un peu la ville, ou je sais que la nourriture me convient. Mais j'aborderais les Jeux Olympiques de la même manière s'ils se déroulaient aux Etats-Unis ou partout ailleurs. Pour moi, c'est surtout un bonheur de jouer en Chine pour l'occasion .
Et de marquer de son accent français un sport au si fort accent chinois.



Commentaires 1 - 3 de 3
J'espère qu' Erwin Kehlhoffner, le représentant tricolore va passer plusieurs tours et permettre un peu plus de médiatisation de ce sport si méconnu et pourtant tellement spectaculaire.
Bonne chance
Seb
Je ne connais pas vraiment ce sport,mai l'histoire de Pi me touche.G l'encourage donc pour ces jeux et lui souhaite de bons résultat.
étant un joueur de badminton , j'encourage PI encore plus en ayant lu cette article qui montre que l'on peut faire du sport et savoir parler sans remords de son ancien pays LA CHINE qui n'as pas su la retenir et qui s'en mords les doigts apparement
je trouve cette fille tres fiére d'être française
en esperant que l'on verra à la télevision française un peu plus de badminton que lors des olympiades précedentes
serge un badiste du TOAC
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