Ils sont partout. Vivre au rythme du Tour de France, c'est vivre au rythme de la grande famille du cyclisme, une expression loin d'être usurpée, pour le coup. Des commissaires de course aux chauffeurs de bus des équipes, en passant par l'organisation, les consultants, les «markeutinges» et jusqu'aux mécanos, de toutes nationalités, les anciens coureurs sont massivement représentés autour du Tour. Leur peloton est bien plus impressionnant que celui qui sue sur le bitume des routes empruntées par ce 95e Tour de France. Seul point commun, les anciens qui le composent «connaissent la musique» mieux que quiconque. Leur palmarès est incomparable et surtout bien plus fourni que «celui des jeunots». Et bien sûr, comme dans toutes les familles, tout n'est pas rose. A part certains maillots de leader ! Les ententes fluctuent au rythme des accords, désaccords et réconciliations. Des anecdotes, aux accents des meilleurs films d'Audiard, ils en ont à conter jusqu'au bout de la nuit. L'Histoire, ils l'ont écrite «sur le vélo». Aujourd'hui, ils la réécrivent «assis» au gré des rencontres et de la ribambelle de verres qui les accompagnent. Sorte de franc-maçonnerie du vélo, on est ou pas «des premières loges». Pas de passe-droit, pas d'alternative. La liste serait trop longue, ici, à citer tous ceux que l'on côtoie quotidiennement et qui nous ont tant fait rêver depuis des décennies. Fréquenter, chaque été, cette famille «au gros coeur» est un vrai bonheur. Bienvenue chez les Ch'tyclistes !
Nos renseignements étaient les bons ce matin au Village départ. Lilian Jégou nous confiait : « J'ai des jambes, je suis tenté par l'aventure » quant à Stéphane Augé, notre nouveau chouchou, il nous révélait « qu'aujourd'hui, ce serait au tour de Florent... » Bien vu messieurs, car il ne fallu que onze kilomètres, ce mercredi, pour voir trois coureurs, trois coureurs français, sortir du peloton. Leur nom ? Lilian Jégou (FDJ), Florent Brard (Cofidis) et Nicolas Vogondy (Agritubel), le champion de France. Partis pour le raid du jour, les trois hommes comptaient jusqu'à huit minutes d'avance sur le peloton au kilomètre 64. Mais chats échaudés... Les équipes de sprinters étaient bien décidées à ne pas revivre «le coup de Nantes». Tour à tour, les Columbia et les Crédit Agricole prenaient la tête de la révolte. L'avance diminuait régulièrement. Vogondy plaçait une dernière accélération dans les derniers hectomètres. Brard et Jégou ne pouvaient suivre. Ils étaient aspirés par un peloton d'où surgissait Mark Cavendish . Le champion de France était repris à moins de 100 mètres de la ligne, une ligne que le Britannique franchissait en vainqueur. La fête nationale était «un peu» gâchée.


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