Eurosport - jeu, 10 janv 13:07:00 2008
Cet été, la valse des entraineurs avait agité le mercato et le microcosme de la L1. Avant l'entame des matchs retour, l'heure est au bilan et aux perspectives. Les fortunes sont diverses. Si Alain Perrin et Laurent Blanc donnent satisfaction, Frédéric Hantz et Guy Roux ont déjà fait leur valise.
1. PROMOTIONS REUSSIES
ALAIN PERRIN (LYON) : "PPH" (Passera pas l'hiver) a passé la trêve au chaud. Lyon a rempli ses objectifs, leader du championnat et qualifié pour les 8es de finale de la C1. Et pourtant rien n'a été épargné à l'ancien coach de Sochaux: départ des cadres (Tiago, Abidal, Malouda), blessures (Coupet, Cris), problèmes d'ego (polémique Govou-Juninho, arrivée tardive de Fred, cas Wiltord). Perrin a réagi avec tact et efficacité. Il a d'abord abandonné son 4-4-2 puis a intelligemment géré l'éclosion de Benzema et Ben Arfa.
LAURENT BLANC (BORDEAUX) : Le Président risquait gros. Lui qui a pris son temps avant d'endosser le costume de coach, s'est engagé avec un club ambitieux. Les résultats des Girondins, troisièmes, correspondent à leurs visées européennes. Blanc s'est révélé entraîneur exigeant : il ne saurait se satisfaire d'une victoire si la manière et l'état d'esprit ne sont pas au rendez-vous. Très vite, il a marqué de sa patte le jeu girondin. Le onze de Blanc est joueur, volontaire et tourné vers l'offensif. Il lui reste à s'affirmer lors des grands rendez-vous, en témoignent ses défaites face à Lyon (1-3) ou Nancy (1-0).
RUDI GARCIA (LE MANS) : L'ex-coach de Dijon a su intelligemment faire fructifier l'héritage de Frédéric Hantz, son prédécesseur au Mans. Mieux Garcia a su inculquer aux Manceaux une vraie identité de jeu basée sur le goût de l'offensive. Sur le terrain, le onze sarthois est audacieux, ambitieux. Et les résultats suivent. Le Mans pourrait être la belle surprise de la saison si le club du président Lagarda continue à faire preuve du même culot.
2. ILS SONT DANS LES TEMPS
ERIC GERETS (MARSEILLE) : Le technicien belge est arrivé au chevet d'un OM apathique. A la trêve, l'OM pointe au 10e rang. Rien de très reluisant mais force est de constater que Gerets a insufflé un bel élan aux Phocéens. Avec Albert Emon, les Olympiens tournaient à une moyenne de 0,66 points par match, avec Gerets, elle s'est élevée à 1,8 point. Et Marseille reste sur 7 matches sans défaite. Plus qu'un électrochoc assurément. Gerets se doit malgré tout de décrocher une qualification européenne pour conquérir complètement le Vélodrome.
JEAN-MARC FURLAN (STRASBOURG) : Papin parti, c'est l'ancien coach de Troyes qui a pris les rênes du club alsacien. A mi-parcours, le bilan de Furlan est plutôt bon. Sur le terrain d'abord où le RCS a retrouvé un fond de jeu. Au niveau comptable également, malgré des mois de novembre et décembre mal négociés, Strasbourg pointe au 14e rang, à 4 points du premier relégable. Le technicien alsacien sait qu'il sera jugé sur sa capacité à maintenir Strasbourg parmi l'élite. A la trêve, l'objectif est atteint.
3. ILS N'ONT PAS ENCORE CONVAINCU
RICARDO (MONACO) : Transfuge de Bordeaux, le technicien brésilien a d'abord séduit le Rocher en proposant un jeu porté vers l'avant loin de l'image de l'entraîneur frileux acquise chez les Girondins. Puis la machine s'est grippé et avec elle les beaux principes de Ricardo. Monaco pointe à une anonyme 9e place qui met à mal les visées continentales des joueurs de la Principauté. Monaco doit retrouver son allant du début de saison. Retrouver de la constance dans les résultats, telle sera la mission principale du Brésilien.
LAURENT ROUSSEY (SAINT-ETIENNE) : Arrivé à l'intersaison en lieu et place d'Ivan Hasek, Laurent Roussey devait donner un nouvel élan à l'AS Saint-Etienne. Or rien n'a vraiment changé au niveau comptable. L'ASSE semble, pour le moment, destinée au ventre mou. Pour sa première expérience à la tête d'une équipe de Ligue 1, l'ancien adjoint de Puel à Lille a surpris par certains de ses choix comme son repositionnement tactique douteux qui a coûté la victoire aux Verts à Bollaert (3-2). Roussey apprend et doit encore faire ses preuves.
4. ILS ONT ECHOUE
GUY ROUX ET JEAN-PIERRE PAPIN (LENS) : La star de l'intersaison, figure d'un débat politico-médiatique sur l'âge de la retraite, s'est rendu compte trop tard qu'il n'avait plus la "grinta" à 68 ans. Après cinq journées, un seul but marqué, deux points décrochés, l'ancien mentor de l'AJA quitte le navire artésien sur un constat cuisant : son retour a viré au fiasco. Son successeur ne fait guère mieux. Jean-Pierre Papin n'a pas encore trouvé la solution et Lens est englué à la 18e place de Ligue 1 et éliminé de la Coupe de France par Niort. Les Sang et Or risquent de traîner cette première partie de saison comme un boulet. JPP doit montrer de la force et du caractère pour sauver ce qui peut encore l'être.
FREDERIC HANTZ (LE MANS) : La côte de l'Aveyronnais a dégringolé en moins de cinq mois. Largement loué pour ses bons résultats décrochés avec Le Mans, Hantz n'a pas réussi à s'imposer avec la même réussite dans le Doubs. 13 points en 17 journées et une 19e place ont eu raison de lui. Le charismatique Jean-Claude Plessis a dû, pour la première fois, se résoudre à se séparer d'un entraîneur en début de saison. Et Hantz de connaître son premier échec parmi l'élite.
Martin MOSNIER / Eurosport