Ligue 1 - L'OM devra prier

Eurosport - dim, 11 mai 01:09:00 2008

Tenu en échec par des Manceaux réduits à dix contre onze (0-0), l'OM grappille un point sur Nancy. Mais n'est pas toujours pas maître de son destin. En effet, Marseille devra vaincre dans une semaine Strasbourg à domicile et espérer un faux pas des Lorrains. Tout en hissant son niveau de jeu.

FOOTBALL 2007-2008 - Le Mans-Marseille - Yebda - Nasri - 0

LE MANS - MARSEILLE : 0-0

Lorsqu'Eric Gerets se sera calmé, aura pris du recul et aura jeté un oeil sur le classement de son équipe au terme de la 37e journée de Ligue 1, le technicien belge, tantôt perplexe, tantôt profondément mécontent de la performance de ses joueurs au Mans (0-0) finira par voir l'aspect positif du match nul enregistré par l'OM sur la pelouse de Léon-Bollée. Car, effectivement, il y en a bien un. Masqué derrière 94 minutes d'un match au contenu frustrant pour les uns, insipide et inconsistant pour les autres. Au bénéfice de la victoire de Lyon aux dépens de Nancy (1-0), le groupe phocéen grappille tout de même du terrain sur son concurrent lorrain. Un point tout juste. Mais un point tout de même.

Un point surtout qui laisse beaucoup d'espoir aux Phocéens. Et au vu de la partition récitée par les Olympiens samedi soir sur la pelouse sarthoise, il aurait pu en être tout autrement. Fébrile depuis sa défaite sur le fil certes, mais méritée lors de la précédente journée face à Bordeaux (1-2), l'OM semble avoir égaré les clés de la confiance et de la créativité qui l'avait porté jusque-là vers les hauteurs du classement de Ligue 1. Peu aidé, il est vrai, par une entame de match tonitruante de la part des Manceaux, Marseille cherche dès les premiers instants son second souffle. Sességnon imprécis (3e) et Matsui par deux fois de la tête (4e, 12e) manquent de transformer un quart d'heure de jeu dominé de la tête et des épaules en cris de joie pour le public sarthois. Matsui, Sességnon comme de De Melo d'ailleurs, autant de noms qui ont fait vibrer Léon-Bollée de bonheur ces dernières saisons. Autant de motifs pour ces joueurs-là d'offrir un match digne d'un gala d'adieu à leurs supporters avant d'aller titiller le bout de cuir dans d'autres contrées.

Sans génie même à dix contre onze

Mais pour cela, il fallait encore terrasser un adversaire emprunté et incapable de faire preuve de mobilité et de sang-froid dans ses choix offensifs comme défensifs. Car Marseille n'aura eu de cesse de tourner en rond dans cette partie. Akalé croit bien à un signe du destin lorsque Matsui perd bêtement un ballon dans sa moitié de terrain (8e). Mais non, la porte entrouverte par le Japonais est aussitôt fermé par la bande à Basa, compacte et vigilante. Nasri, Valbuena... les deux moteurs du jeu olympien sont en panne sèche et ne parviennent pas à trouver les intervalles dans la défense adverse. Il n'y a guère que Niang et Cheyrou pour secouer le cocotier olympien. Un peu maigre finalement malgré la bonne volonté des deux cadres du vestiaire phocéen.

Devant tant d'errance et de carence même dans le jeu, Gerets, bien conscient que la mire se précise pour les Sarthois (Gervinho, 18e, Matsui, 29e), pense que la mi-temps sera suffisante pour réveiller les âmes marseillaises. Il n'en est rien. Ou presque. A défaut de prendre lui-même le chemin des opérations, l'OM se voit "aidé" par son rival d'un soir. Bouhours, auteur d'un geste malheureux dans les pieds de Valbuena, voit rouge (51e). Le MUC 72 s'énerve, pensant alors que le scénario injuste généralement promis aux formations dominatrices mais infructueuses finira par se répéter sur la pelouse de Léon-Bollée. D'autant que juste après la pause, il ne manque que quelques centimètres à Geder pour transformer une tête sur le poteau en libération méritée pour les siens (49e). Mais les Sarthois se trompent. Sur toute la ligne.

Hormis en quelques occasions, Marseille ne parvient pas à hisser son niveau de jeu collectif. Et lorsqu'il le fait, le club olympien bute sur un Pelé lui aussi désireux de remercier comme il se doit le public fidèle du MUC. Une parade horizontale sur sa ligne de but devant Valbuena (58e) et un duel ô combien important remporté à bout portant devant Cheyrou (64e) finissent de mettre au pas des Phocéens beaucoup trop imprécis. Des Marseillais qui pourront également remercier la vigilance ultime de Mandanda dans le money-time (79e). Ou le sifflet de M. Layec, invisible sur une charge irrégulière de Zubar dans la surface (24e) mais également très discret sur une sortie un peu rugueuse de Pelé dans les pieds d'Akalé (66e). Des faits d'armes parmi tant d'autres qui n'auront pas influencé une rencontre aphone en buts mais riche en spectacle et en intensité. De quoi finalement contenter le public d'un MUC 72 (16 000 spectateurs, record de la saison samedi) résigné à perdre ses stars dans quelques semaines. Au tour de l'OM désormais, d'aller dans une semaine, récompenser la fidélité et la patience de ses supporters et qui sait, même si son destin ne lui appartient toujours pas, leur offrir un petit billet pour la C1 comme cadeau de fin de saison.

LA DÉCLA : Eric Gerets (entraîneur de Marseille)

"Il nous a manqué un peu de réussite. On a deux grosses occasions et, je m'excuse, mais elles doivent entrer au fond. Les deux. A part ça, c'est un beau match. Le carton rouge est malheureux car avant cela on jouait mieux. Il y avait beaucoup d'espaces, les deux équipes voulaient jouer pour gagner. C'est surtout à cause des trois "couillonnades" chez nous que l'on est un peu court. Bien sûr que j'ai des regrets. C'est une bonne chose que Rennes soit en course pour la 5e place mais cela m'étonnerait que Nancy ne gagne pas contre eux."

Alix DULAC / Eurosport