Eurosport - lun, 11 févr 19:18:00 2008
Après les sprints et les poursuites, l'équipe de France n'a toujours pas récolté la moindre médaille. Si les performances n'inquiètent pas sur le plan du ski pur, force est de constater qu'il faudra effectuer des réglages pour faire mieux sur l'individuel et le départ en ligne.
Quatre courses, zéro médaille. Le constat est dur mais pas implacable. Forte de ses onze membres, l'équipe de France n'a même pas démérité sur l'ensemble de ce premier week-end de compétition. La course vers le Graal restant toujours une affaire de détails. Comme prévu, c'est Sandrine Bailly qui a le mieux défendu les couleurs françaises. Avec trois victoires cette saison dans son escarcelle et la confiance qui va avec, la championne du monde de la poursuite en 2003 était assurément au niveau des meilleures.
Seul un tir irréprochable, et indispensable sur un tracé au niveau de la mer et donc peu exigeant pour le souffle des biathlètes, lui aurait permis d'aller chercher à chaque fois le titre. Andrea Henkel l'a très bien compris puisque l'Allemande l'a emporté en réalisant un sans faute dans l'exercice à la carabine sur les deux courses. Il faudra donc à la Française un peu plus de rythme pour aller chercher au moins un podium. "Je ne désespère pas, bien au contraire. Sandrine est en forme, elle a les jambes pour faire une médaille " a d'ailleurs assuré Lionel Laurent, entraîneur de l'équipe de France féminine.
Pour leur part, Delphine Peretto et surtout Marie-Laure Brunet se sont même montrées à leur avantage. Cette dernière, revenue des Mondiaux juniors disputés il y a une semaine, a fini dans les trente premières à chaque reprise alors que son état de forme était incertain. C'est l'une des satisfactions tricolores...
Être plus rapide et plus précis
Alors qu'on attendait l'expérimenté Vincent Defrasne chez les messieurs, c'est Simon Fourcade qui a bousculé les pronostics. Le Perpignanais a d'abord limité les dégâts sur le sprint en se classant vingtième avant de prendre ses responsabilités sur la poursuite où il a momentanément espéré monter sur le podium. "Je suis un peu déçu. Mais comme j'étais dans le rouge depuis le premier tour, je n'ai pas pu suivre. Je ne regrette pas la course que j'ai faite, mais encore une fois, je pêche dans le dernier tour, c'est quelque chose sur lequel je vais vraiment devoir travailler", a-t-il déclaré à l'issue de la course.
Son aîné est en revanche l'une des grosses déceptions de ces débuts de Mondiaux. Malgré un succès cette saison sur l'individuel de Kontiolahti, Defrasne a rarement été à son aise. Et sur la lancée de derniers résultats loin du niveau qui a été le sien, le champion olympique de la poursuite n'a pu se transcender. Le Français a fini 54e du sprint, son pire résultat depuis près d'un an, avant de retrouver quelques bonnes sensations dimanche en finissant à la 22e place.
On s'attend donc à une montée en régime des Bleus. Reste à savoir si les carences montrées au tir seront effacées. Si samedi, le vent a pu être une source de gêne sur le pas de tir, l'excuse ne tient pas pour dimanche où il a été quasi nul. Seule Peretto, sur la poursuite, a réussi à finir une course en réglant parfaitement la mire. Un constat qui conduit à dire que la situation n'est pas désespérée. Ce sera à confirmer dès mardi sur le relais mixte. Souhaitant se réserver pour les épreuves individuelles à venir, Sandrine Bailly n'y participera pas. Vincent Defrasne, Simon Fourcade et Sylvie Becaert non plus. Marie-Laure Brunet, Delphine Peretto, Vincent Jay et Loïs Habert tenteront donc de glaner une première médaille pour le camp tricolore. Pas une chose aisée. Mais pas une tâche impossible non plus...
Yassine BEN RAJEB / Eurosport