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Pères et filles sur les courts: association à risques

mer, 11 févr 10:00:21 2009

Maria Sharapova, les soeurs Williams, Jelena Dokic Ces joueuses ont toutes un point en commun: elles sont entraînées par leur père. Pour le meilleur et pour le pire. Certaines s'en sortent bien, mais pas toutes. L'éclairage du psychologue Makis Chamalidis.

Steffi Graf, Mary Pierce, Maria Sharapova… Ces joueuses ont toutes subi le comportement, parfois incontrôlable, de leur entraîneur de père. Si certains se contentent juste de hurler, d’autres sont capables de violences (lisez le dossier). Mirjana Lucic a ainsi été battue par son père. Jelena Dokic a, elle, été menacée de mort par le sien, il y a quelques mois. Makis Chamalidis, psychologue spécialiste du sport, nous explique les avantages et inconvénients que présentent ces relations parents-enfants, entraîneurs-entraînés.

Lesdessousdusport.fr : Qu’est-ce que cela change pour un enfant d’être entraîné par un de ses parents ?

Makis Chamalidis : Ça peut être un avantage car un parent connaît bien son enfant, et qu’il y a un fort lien affectif qui les unit. Mais d’un autre côté, il peut être difficile pour le parent de trouver la bonne distance entre son rôle d’entraîneur et son rôle de parent. Pour que cette association fonctionne, il faut que le parent soit entraîneur pour les bonnes raisons, qu’il se pose les bonnes questions – pourquoi je suis là, quel est mon rôle ?.

Comment peut-on en arriver à une relation aussi destructrice que celle de Jelena Dokic et de son père ?

Il s’agit là d’un cas extrême, mais qui montre ce qui peut arriver si l’association parent-enfant n’est pas faite pour les bonnes raisons. Ces "mauvaises raisons" peuvent être l’appât du gain, la reconnaissance, la célébrité, un rêve d’enfant non réalisé… Dans ce genre de situation, les parents le font pour eux, et non pour l’enfant. Ils vivent leur rêve à travers lui. C’est un enfant objet, instrumentalisé, qui n’a pas son mot à dire.

Dans ce genre de relation négative, pourquoi le joueur ne réagit-il pas ?

Les parents ont une très forte emprise sur leur enfant. Ils ne lui laissent aucun espace pour exister. Le joueur ne peut pas s’assumer, ni vivre son rêve. Il peut aussi penser qu’il a une dette envers ses parents, que c’est grâce à eux qu’il a atteint ce niveau. C’est donc très difficile pour lui de réagir. Surtout qu’il faut aussi prendre en compte l’amour, que tout enfant porte à ses parents.

Jelena Dokic et Mary Pierce ont, toutes les deux, eu un père très dominateur. Comment se fait-il que, dans la même situation, l’une s’en soit mieux sortie que l’autre? 

C’est une question de caractère. Les joueurs qui vivent le mieux ce genre de situation arrivent à faire abstraction. Mais de toute façon, le joueur finira par se détacher de l’emprise de ses parents pour survivre.

Pensez-vous que Maria Sharapova, les sœurs Williams, ou Mary Pierce, auraient eu une telle carrière si elles n’avaient pas été entraînées par leur père?

Non, absolument pas. Car en tant que père, ils connaissent ces joueuses mieux que personne, et cela leur sert pour leur rôle d’entraîneur. Leur omniprésence a aussi obligé ces filles à avoir une grande régularité, une grande discipline, qu’elles n’auraient pas eues autrement. Et malgré leur comportement, le lien affectif qui unit ces joueuses à leur père est extrêmement fort.  

Découvrez notre dossier: tennis: ces parents incontrôlables

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Commentaires 1 - 1 de 1

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  1. Ah, Oedipe, si seulement tu avais joué au tennis...

    De cdj, le mer 11 févr 9h 18
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