Eurosport - mar, 11 mars 20:13:00 2008
Arrivé à Chelsea en janvier, Nicolas Anelka se sent encore "en période d'adaptation" mais s'attend à vivre une fin de saison passionnante avec les Blues. Et avec les Bleus, même s'il reste prudent quant à sa sélection parmi les 23. Sur tous les fronts, il lance même une marque de vêtements (39pro).
NICOLAS ANELKA, cela fait un peu moins de deux mois que vous avez rejoint Chelsea. Vous sentez-vous déjà complètement adapté ?
N.A. : Non, je suis toujours en période d'adaptation. Ce n'est pas facile d'arriver comme cela dans un club et d'être tout de suite dans le bain. Pour autant, je pense que cela se passe très bien. Cela dit, je n'ai pas trop le temps de réfléchir car il y a tellement de matches à enchaîner On joue le mercredi, le samedi, le mercredi suivant Il y a beaucoup de rencontres et on n'a pas de moments pour respirer et faire le point, se demander comment ça se passe en dehors. Depuis que je suis arrivé, je n'ai jamais eu de temps de repos.
En plus vous êtes encore à l'hôtel...
N.A. : Oui et le pire c'est que je vais y rester jusqu'à la fin de la saison. Un mois, ça va. Deux mois, ça commence à être fatiguant.
Fatigués, les Blues ont semblé l'être samedi. Contre toute attente, vous avez été sortis par Barnsley (D2) en quarts de finale de la Coupe d'Angleterre. Que s'est-il passé ? Vous avez d'ailleurs pris la défense d'Avram Grant, qui a été critiqué par la presse ...
N.A. : Il n'y a pas que le coach. Nous étions sur le terrain et nous n'avons pas bien joué, voilà tout. Ce sont des choses qui arrivent. Chelsea est un grand club et pour beaucoup de journalistes, cette élimination n'est pas normale. C'est bien beau de critiquer l'entraîneur mais il n'y a pas que lui. C'est aussi aux joueurs de prendre leurs responsabilités. Et je pense que nous n'avons pas été assez bons pour gagner ce match.
Comme vous le disiez, vous jouez tous les trois jours. A un moment, il peut y avoir de la décompression...
N.A. : Même pas. On n'a pas été à la hauteur au moment voulu. Et puis, cela se joue à si peu de choses. On aurait pu avoir un contre et un but... Mais ce jour-là, ce n'était pas pour nous. Parfois, il faut savoir accepter cela. Ce n'est pas la fin du monde.
La fin de saison s'annonce passionnante avec Chelsea. Notamment dans la course au titre. Avec deux matches de retard, vous n'êtes qu'à huit longueurs d'Arsenal. La Premier League est loin d'être perdue ?
N.A. : C'est clair. Même si nous avons été éliminés des deux coupes, cela représente pour nous les deux plus petits trophées. On est toujours en course en championnat et en Ligue des Champions. Nous avons encore plus d'une dizaine de matches à disputer. Le chemin est encore long. Il reste beaucoup à faire. On va attendre pour tirer des conclusions et faire le bilan.
En Ligue des Champions, vous êtes qualifiés pour les quarts de finale avec deux autres clubs anglais et peut-être bientôt trois avec Liverpool. Comment expliquez-vous cette suprématie sur la C1. Il y avait déjà trois clubs de Premier League en demi-finales la saison dernière...
N.A. : Franchement, je ne sais pas du tout. Je ne peux pas dire que les clubs anglais sont plus forts que les autres. Ce serait de l'arrogance et ce n'est pas le cas. Je ne sais pas, sinon que les Anglais sont plus forts dans les matches à élimination directe. Les supporters aident beaucoup dans ce type de rencontres. Ils poussent énormément. Cela joue.
Un petit mot sur l'équipe de France. L'Euro, c'est déjà demain (7 juin). Imaginez-vous une seule seconde ne pas être appelé parmi les vingt-trois par Raymond Domenech ?
N.A. : Je n'y pense pas. Si je n'y suis pas, ce n'est pas grave. J'ai déjà loupé trois ou quatre Coupes du monde dans ma vie (ndlr : trois), je ne vais pas mourir si tel est le cas. Ce n'est pas à bientôt trente ans que cela va me toucher, surtout que je suis à Chelsea aujourd'hui.
Cela semble tout de même fort improbable que vous ne disputiez pas votre deuxième Euro après celui de 2000...
N.A. : J'ai été là depuis le début des qualifications quasiment. Je ne vois pas pourquoi je n'y serais pas dans deux mois. Maintenant, on ne sait jamais. Et si je n'y étais pas, ce serait encore une déception. Mais une déception que j'ai déjà surmontée dans le passé.
Un petit mot sur le Paris Saint-Germain, le club de votre coeur. Suivez-vous ses déboires actuels en Ligue 1 ?
N.A. : Je suis triste, très triste. Mais je reste supporter malgré tout, que ce soit en D1, D2, D3, D4, D6... Je pense quand même qu'ils vont s'en sortir et que cela va aller. L'année prochaine, il faut que les Américains (ndlr : Colony Capital) mettent un peu d'argent dans le club pour acheter des joueurs et ne plus revivre ces moments difficiles car deux ans de suite, ça commence à être fatiguant...
Votre actualité, c'est aussi 39pro, la marque de vêtements que vous lancez. Pouvez-vous nous la présenter ?
N.A. : C'est une marque de vêtements qui est centrée sur le sport en lui-même. On fait des polos, des survêtements qui peuvent se porter en sortie. Un peu comme à Chelsea où l'on a un survêtement que l'on doit porter lors des sorties. Les premiers designs se sont portés là-dessus. Dans le futur, ce sera plus tendance sport chic.
Vous participez à la conception de la ligne. C'est plus un hobby ou vraiment une activité à plein temps que vous pourriez poursuivre à la fin de votre carrière ?
N.A. : Les deux. C'est un truc que j'aime faire mais je prends ça au sérieux car il y a des gens qui ont envie que cela marche et qui travaillent dur. Je ne prends pas cela à la légère. J'aime la mode et le textile. Après ma carrière et si ça marche, je pourrais travailler dans ce milieu à plein temps. Complètement.
Est-ce une manière de vous aérer l'esprit, de mettre un peu le football de côté ?
N.A. : Le football, c'est l'entraînement le matin de 10h30 à 12h30 voire 13h. Après, tu rentres chez toi, tu regardes la télévision, tu vas au cinéma, au restaurant. C'est bien mais si tu peux faire autre chose, c'est pas mal. Et j'ai cette chance.
Propos recueillis par Maxime DUPUIS / Eurosport