Eurosport - ven, 11 avr 18:27:00 2008
Michaël Llodra défie Andy Roddick lors du premier match du quart de finale de Coupe Davis USA-France, à Winston-Salem. C'est la première titularisation de "Mika" en simple. Il n'a joué qu'une fois face à l'Américain, une défaite qui remonte à 2002. Il croit en ses chances.
COUPE DAVIS - Quarts de finale
Etats-Unis - France, à Winston-Salem
Match N.1, à 19h00 heure française
Andy Roddick (USA) - Michaël Llodra (FRA)
"C'est une première. Je suis prêt." Michaël Llodra attendait ça depuis 2002, date de sa première titularisation en double avec l'équipe de France : jouer enfin un simple, et quel simple ! Vendredi, il affrontera le N.1 américain, tenant du titre devant son public. Il faut encore remonter à 2002 pour trouver la première et unique rencontre entre les deux joueurs (victoire de l'Américain en trois sets à Delray Beach). En ce début de saison 2008, Llodra n'a rien à envier à Roddick. Lui aussi a remporté deux titres (Adélaïde et Rotterdam), et lui aussi évolue à son meilleur niveau sur surface rapide. Ce sont également deux fortes personnalités au jeu explosif qui seront face-à-face.
Remplacer le N.1 français au pied levé, cela aurait pu perturber Llodra il y a quelques années. Aujourd'hui, celui dont la réputation de boute-en-train n'est plus à faire, a trouvé son équilibre. Finis les tourments adolescents ("J'ai mis plus de temps que d'autres à mûrir", avoue-t-il), le voici à l'aise dans son tennis, professionnel ravi et papa heureux (Manon et Téo). Sur le court, son image de spécialiste du double s'estompe progressivement. Après une année 2004 marquée par deux huitièmes de finale en Grand Chelem, dont un formidable parcours à Roland-Garros, on désespérait de le voir s'affirmer sur le circuit en simple autrement que par ses blagues de potaches. En quelques mois et deux titres, il a récolté les fruits des sacrifices de l'hiver (entraînements intensifs malgré la naissance de son fils). Son revers fait mal, son coup droit peu orthodoxe s'améliore, son service fuse, et surtout, il n'a plus peur d'avancer dans le court toute une partie durant.
Une titulatisation face aux Etats-Unis, c'est pas de la blague
Andy Roddick se souvient-il de sa première rencontre avec le petit "Mika" en 2002 ? Cela n'est pas sûr. En revanche, l'Américain doit encore avoir en tête les couleurs de la terre battue parisienne, où les Américains avaient perdu en demi-finale de Coupe Davis devant la France. Comme le Français, et malgré ses nombreux titres (25 dont un US Open en 2003), Andy a dû mûrir. Son terrible service est toujours son atout majeur, mais il sait désormais temporiser. Mentalement, il a coupé le cordon avec ses mentors successifs (Jimmy Connors était le dernier en date) et il semble libéré. Sa victoire sur Roger Federer à Miami lui a certainement donné un nouveau souffle. Vainqueur à San José et Dubaï, "il fait partie des très bons joueurs depuis le début de l'année ", souligne Llodra."Il a remporté deux tournois. J'en ai gagnés deux aussi. On est à égalité à ce niveau là. A Miami, je l'ai vu contre Benneteau, il a très bien joué, c'était un bon match. Mais là, ce n'est pas le même genre de surface, c'est très, très rapide. Il ne sera peut-être pas très à l'aise pour relancer mon service. En tout cas, ce sera très chaud du premier au dernier point."
Sur une surface exceptionnelle, genre "moquette de salon" selon les dires du groupe France, mais qui accélère la balle, les deux joueurs vont s'en donner à coeur joie : "D'ailleurs, cela risque d'être sympa à regarder pour les spectateurs Non, c'est une boutade", dixit "Mika le facétieux". Cela risque de se jouer à grand-chose d'un côté ou de l'autre. Il faudra être présent. Je devrai aussi bien gérer ma première titularisation. Les premiers points vont être très importants. Il faudra être tout de suite dans le match, ne pas laisser la moindre occasion à Andy de s'installer dans la partie et de lui permettre de se relâcher, pour qu'il fasse ensuite cavalier seul. Je compte bien lui montrer que je suis également capable de faire de bonnes choses. " Equipier fidèle, animateur du groupe, puis pilier du double, Llodra pourrait profiter de la Coupe Davis pour s'offrir un nouveau statut.
Julien CARRASCO (Propos recueillis par la FFT) / Eurosport