Eurosport - ven, 11 avr 02:20:00 2008
Quadruple vainqueur à Augusta, Tiger Woods aborde le Masters en pleine confiance grâce à quatre victoires sur cinq tournois disputés en 2008. Jeudi, il s'élancera en grandissime favori aux côtés d'Angel Cabrera et de Stuart Appleby. La première étape d'un long périple vers le Grand Chelem.
Jack Nicklaus peut dormir sur ses deux oreilles. Quelle que soit l'issue de la 72e édition du Masters, le "Golden Bear" (l'ours en or) sera toujours le recordman des victoires à Augusta avec ses six titres. Son plus sérieux rival, Tiger Woods, n'a enfilé la mythique veste verte qu'à quatre reprises (1997, 2001, 2002, 2005). L'année dernière, il s'est incliné de deux coups face à son compatriote Zach Johnson : "J'ai commis quelques erreurs et concédé des bogeys sur les derniers trous et vous ne pouvez pas faire cela. C'est la différence entre gagner et perdre" affirme le N.1 mondial.
Détenteur de treize titres majeurs, le Tigre a déjà remporté les quatre tournois du Grand Chelem - Masters, US Open, British Open, PGA Championship - successivement mais sur deux ans (2000-2001). Lors de ses onze dernières sorties, il s'est imposé à neuf reprises. Néanmoins, Tiger Woods reste sur un échec, battu par l'Australien Geoff Ogilvy lors du CA - Championship, il y a deux semaines. "Peu importe les derniers résultats, qu'il s'agisse d'une victoire ou d'une défaite, vous devez laisser le passé derrière vous et être concentré et prêt pour une autre semaine" a-t-il commenté.
Jeudi, l'Américain s'élancera à 10:45 (17:45 heure française) en compagnie de l'Argentin Angel Cabrera et de l'Australien Stuart Appleby. Pour s'entraîner, Woods a joué deux fois le parcours dans son intégralité, dimanche et lundi, ainsi que neuf trous mardi. Preuve que, malgré son expérience et les douze Masters à son actif, sa rigueur et sa rage de vaincre sont toujours intactes. Depuis ses débuts à Augusta en 1997, le Tigre n'a jamais terminé au-delà de la 22e place. "Ce majeur est si important pour nous tous. J'attends vraiment beaucoup de cette semaine" prévient-il... si c'était encore nécessaire.
A 72 ans, Gary Player attaque son 51e Masters
94 joueurs prendront le départ du premier tournoi du Grand Chelem de la saison. Parmi eux, trois amateurs : Trip Kuehne, Michael Thompson et Drew Weaver. Au total, vingt joueurs y feront leurs débuts. C'est notamment le cas du Suédois Daniel Chopra, de l'Anglais Nick Dougherty, de l'Américain J-B. Holmes ou encore de l'Allemand Martin Kaymer, 5e au classement européen de l'Ordre du Mérite. Aucun de ces joueurs n'était né lorsque le légendaire Gary Player (ci-contre en 1968) a disputé son premier Masters, en 1957. Depuis, le Sud-Africain l'a remporté trois fois (1961, 1974, 1978) s'offrant ainsi un billet d'entrée à vie dont il ne semble pas se lasser.
A 72 ans, il va prendre le départ pour la 51e année consécutive à Augusta, soit une apparition de plus que le futur ex-recordman, Arnold Palmer (à droite ci-contre, avec Gary Player à gauche et Jack Nicklaus au centre). Un record qui pourrait remplacer un autre... En effet, si Gary Player ne passe pas le cut et que, dans le même temps, l'Américain Fred Couples se qualifie pour le troisième tour, ce dernier effacera le septuagénaire des tablettes avec un total de 24 cuts à son palmarès. Ce 72e Masters marque également le vingtième anniversaire du sacre historique de l'Ecossais Sandy Lyle à Augusta, le premier de sa carrière, après une sortie de bunker magistrale au 18e trou du dernier trou.
"Beaucoup de joueurs adorerait disputer le Masters chaque année et moi j'ai ce privilège. J'adore pouvoir encore jouer à 50 ans" témoigne ce dernier. Lyle et les autres européens auront bien besoin de toute leur énergie pour contrer l'hégémonie américaine sur ce tournoi. La dernière victoire d'un représentant du vieux continent à Augusta remonte à 1999 avec le deuxième titre de l'Espagnol José Maria Olazabal. A part lui, seuls le Fidjien Vijay Singh (2000) et le Canadien Mike Weir (2003) ont réussi à ramener la veste verte en dehors des Etats-Unis au cours des dix dernières années. 2008 respectera-t-elle la même logique? Premier élément de réponse jeudi, à partir de 15 heures, en direct sur notre site.
Damien SIMONART / Eurosport