Paris-Roubaix - Guesdon: "Ne pas avoir de regrets"

Eurosport - sam, 11 avr 18:00:00 2009

A 37 ans, Frédéric Guesdon, victime d'une fracture de la clavicule le 22 février, a modifié sa préparation pour pouvoir s'aligner au départ de Paris-Roubaix. Même s'il concède ne pas être au top, le dernier vainqueur Français de la Reine des classiques espère être à son affaire sur les pavés.

CYCLING 2009 Paris-Roubaix Fred Guesdon - 0

FREDERIC GUESDON, du jour de votre chute sur le Tour d"Algarve à Cholet Pays de Loire, il s"est à peine écoulé un mois. Comment avez-vous fait pour revenir si vite à la compétition ?

F.G. : Avant toute chose, il faut dire que ce n'était pas une grosse fracture. Ma clavicule n'était cassée qu'en un seul endroit, ce qui a évidemment facilité la consolidation et donc la guérison mais j'ai tout de même été obligé de couper complètement pendant une semaine. J'en ai profité pour bien me reposer puis j'ai repris sur home-trainer pendant une semaine avant de retourner sur la route une quinzaine de jours après ma chute. Quelques jours avant Cholet, je me suis fait enlever mes anneaux. Le médecin qui me suivait connaissait un peu le vélo et savait que c'était très important pour moi de revenir pour les classiques. Il m'a donné son feu vert en me prévenant néanmoins que je devais absolument éviter une nouvelle chute.

Les premières courses ont dû être très difficiles

F.G. : De ma reprise à Cholet jusqu'à la Flèche Brabançonne, les sensations ont été très variables. J'ai pas mal souffert mais c'était indispensable de consentir ces efforts et de disputer ces courses pour pouvoir plus tard disputer mes chances sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. A Waregem, sous la pluie, c'était vraiment très dur et à Harelbecke, lors du GP E3, je me suis fait peur en étant pris dans une chute. Heureusement, je suis tombé sur le côté gauche (ndlr : il s'était fracturé la clavicule droite).

Et puis il y a une cette échappée sur le Tour des Flandres, en compagnie notamment de Sylvain Chavanel et de Leif Hoste. Cela a du vous rassurer sur votre forme ?

F.G. : C'est clair que j'étais content d'être devant, avec des costauds. Au vue de ma condition, du moment, j'estime avoir fait une belle course. Ça m'a redonné le moral. Par contre, j'ai un peu déchanté mercredi sur Gand-Wevelgem. En fait, je n'ai jamais été en mesure de faire la course en raison d'une crevaison au moment où le coup de bordure s'est monté. Et puis, pour être franc, je n'avais pas complètement récupéré des efforts du Ronde.

Dans quelle condition physique vous trouvez-vous à présent ?

F.G. : Ça va même s'il faut être lucide. Je ne peux pas être au top avec ce qui m'est arrivé. Aux Flandres, même si j'ai couru devant, j'ai ressenti le déficit de compétition et d'intensité. Sans cette blessure, j'aurai dû disputer le Het Nieuwsbladt, Kuurne et Tirreno. Du coup, je ne me fixe pas d'objectifs démesurés. Je veux juste être satisfait de moi dimanche soir à l'arrivée mais, quoi qu'il en soit, je suis content d'avoir réussi à revenir.

Vous fixez-vous un objectif précis sur Paris-Roubaix ?

F.G. : Comme je ne sais pas très bien où j'en suis, je ne veux pas me mettre la pression. Si je fais dans les 10, je ferai dans les 10 et si je fais 50e, ce sera comme ça, je ferai 50e. L'essentiel sera de ne pas avoir de regrets.

Chaque année à la même période, vous êtes très sollicité. En tant que dernier vainqueur français de Paris-Roubaix, vous figurez à chaque fois sur la liste des principaux outsiders. Cela ne vous pèse-t-il pas trop d'être aussi attendu quand s'annonce la reine des classiques ?

F.G. : Cette course, je l'ai gagné et je suis heureux de l'avoir à mon palmarès. C'est vrai que je l'ai remporté très tôt dans ma carrière mais je préfère que cela soit comme cela plutôt que de ne l'avoir jamais décroché. En 2006, je me suis également adjugé Paris-Tours et j'ai prouvé de la sorte que je n'étais pas un petit coureur. J'espère que ceux qui parlaient de moi comme le vainqueur surprise de Paris-Roubaix 1997 se sont ravisés.

Quels sont selon vous les favoris de cette 107e édition?

F.G. : Sans grande surprise, je dirai Boonen et Pozzato. La Quick Step a vraiment une équipe très forte mais je crois qu'il ne faut pas écarter des garçons comme Flecha et Maaskant.

Les conditions climatiques jouent toujours un rôle important dans Paris-Roubaix. Quelle météo espérez-vous pour dimanche ?

F.G. : Je préfère que le pavé soit sec. Si c'est mouillé, la course se fait souvent dès les premiers secteurs. Comme je ne suis pas un casse-cou, ça me désavantage. S'il fait beau, la course est plus régulière et il y a moins besoin de frotter.

Douze ans après votre victoire, sacrifiez-vous encore à la traditionnelle reconnaissance du parcours ?

F.G. : Jeudi, j'ai reconnu une nouvelle fois le début de parcours et vendredi, j'ai remis ça sur la fin. Même si je connais bien la course, c'est important de se remémorer tous les secteurs stratégiques et de faire profiter de mon expérience à mes jeunes coéquipiers, notamment Yoann Offredo et Matthieu Ladagnous qui marchent bien et qui sont tous deux très motivés. Dimanche, ce sera autre chose. Je vais fonctionner aux sensations. Tant mieux si je suis alors avec les meilleurs

Propos recueillis par Corentin DUPREY / Eurosport

Commentaires 1 - 4 de 4

Trier commentaires : Les plus récents
  1. dommage qu'il manque de preparation, se sera dur­ dans le final.

    De Jean-Luc, le dim 12 avr 10h 56
  2. domma

    De Jean-Luc, le dim 12 avr 10h 54
  3. Duclos a gagné à 39 ans!!

    De olivier c, le sam 11 avr 18h 31
  4. C'est triste que la France compte sur un papy de 37­ ans

    De halloinfred, le sam 11 avr 18h 11
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