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Cyclisme: Ricco remporte la deuxième étape du Tour d'Italie

dim 11 mai, 20h32


AGRIGENTE (AFP) - Les masques ont commencé à tomber dans le Tour d'Italie, dimanche à Agrigente, où l'Italien Riccardo Ricco a décroché la deuxième étape et son compatriote Franco Pellizotti le maillot rose de leader.

Tout près de la "casa natale" de Luigi Pirandello, le dramaturge des fausses vérités, les favoris du Giro se sont dévoilés une première fois dans la montée finale menant au balcon d'Agrigente. A l'avantage de Ricco, qui était en échec depuis le début de saison, et plus encore du vainqueur sortant du Giro, l'Italien Danilo Di Luca.

Devancé par Ricco pour le gain de l'étape, Di Luca a empoché 12 secondes de bonification pour remonter à la quatrième place du classement général. A seulement 7 secondes de Franco Pellizotti, surnommé le "dauphin de Bibbione" (nord-est) ravi d'endosser à l'âge de 30 ans le premier maillot rose de sa carrière.

Dans le cadre grandiose surplombant la Vallée des Temples et au-delà la Méditerranée voilée par les nuages, le champion d'Espagne Joaquim Rodriguez a cru tenir la victoire. Son démarrage sous la flamme rouge du dernier kilomètre, sur la partie la plus pentue de la montée finale de 4 kilomètres, l'a propulsé loin devant le petit groupe mené jusque-là par les équipiers de Di Luca.

Pour Ricco et Di Luca, le salut est venu de leurs lieutenants respectifs, les Italiens Leonardo Piepoli et Paolo Savoldelli qui se sont dévoués pour mener la chasse. Pour son malheur, Rodriguez a vu fondre les poursuivants sur le plat de la ligne droite finale (400 m) et a été rejoint à une cinquantaine de mètres de la ligne.

Dans un dernier effort, Ricco a sprinté pour s'adjuger son deuxième succès dans le Giro, un an après avoir gagné la grande étape des Dolomites aux Trois Cimes de Lavaredo avec le concours de Piepoli (encore lui !).

Le jeune (24 ans) coureur de Modène a renoué surtout avec la réussite qui le fuyait depuis le début de la saison. Des ennuis de santé ont provoqué son forfait à Milan-Sanremo et à l'Amstel Gold Race, deux classiques à la portée de ce puncheur de haut vol, terriblement ambitieux ("je viens pour gagner le Giro", a-t-il prévenu au départ de Palerme) et tout prêt à bousculer les préséances.

Le chef de file de Saunier Duval, qui se réclame de la lignée de Marco Pantani, son idole, est investi cette année des pleins pouvoirs dans sa formation après le départ de Gilberto Simoni, le double vainqueur du Giro auprès de qui il a fait ses classes. "Ca ne me gêne pas d'être exposé, j'aime les responsabilités", affirme Ricco doté d'un gabarit de grimpeur (1,73 m pour 59 kg).

Le final de cette étape, longtemps ouverte par l'échappée du Suisse David Loosli et du Français Jérémy Roy jusqu'à une cinquantaine kilomètres de l'arrivée, a éloigné le grimpeur colombien Mauricio Soler, pris dans une chute avant la mi-course et distancé de près d'une minute sur la ligne.

La montée d'Agrigente a aussi confirmé la hiérarchie du moment au sein de l'équipe Astana. L'Allemand Andreas Klöden a perdu seulement 8 secondes, contre 20 secondes à ses coéquipiers (Contador, Leipheimer).

Lundi, la troisième étape, la dernière en Sicile, contourne l'Etna par le versant nord pour relier Catane à Milazzo (221 km) où les sprinteurs disposent d'une arrivée favorable.