Tour d'Italie - Vande Velde veut partager

Eurosport - dim, 11 mai 12:38:00 2008

Premier porteur du maillot rose sur le Giro 2008 après le succès collectif de la formation Slipstream samedi dans le chrono de Palerme, Christian Vande Velde aimerait passer le relais à un de ses équipiers. En attendant, l'Américain savoure, simplement.

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Christian Vandevelde n'a pas souvent l'honneur des médias et des conférences de presse d'après-victoire. Profitant du succès collectif de son équipe, Slipstream, lors du chrono inaugural de ce Giro 2008, l'Américain a saisi l'occasion pour effectuer une mise au point sémantique. Son nom, a-t-il expliqué, s'écrit en fait Vande Velde, et non Vandevelde. "Mon arrière-grand-père a émigré de Belgique aux Etats-Unis, à Chicago, il y a plus de cent ans ", a confié le leader du Giro. Un détail, certes, si ce n'est que ses origines ne sont pas pour rien dans son métier. Son père fut ainsi un pistard de très bon niveau, sélectionné pour les Jeux Olympiques de Munich en 1972.

La victoire de Slipstream a donc permis de mettre enfin en lumière ce coureur complet, excellent rouleur et honnête grimpeur. Bref, le coéquipier idéal sur une course de trois semaines. Professionnel depuis 1998, Vandevelde (pardon, Vande Velde) a longtemps épaulé Lance Armstrong chez US Postal, avant de servir un autre leader controversé, Ivan Basso, chez CSC. Mais aucun des deux hommes ne lui a servi d'exemple. Son modèle, également croisé chez US Postal, est tout autre, puisqu'il s'agit de Viacheslav Ekimov.

"Le plus grand résultat de ma carrière"

Aujourd'hui épanoui, dans sa vie (il est papa d'une petite fille depuis près d'un an) comme dans son métier, l'Américain veut profiter du moment, sans s'exciter. Sa gloire, il le sait, sera éphémère. Il n'ignore pas non plus qu'il la doit à chacun de ses partenaires. "C'est d'abord une victoire d'équipe, concède-t-il. On va la fêter ce soir (samedi soir, NDLR) ! C'est incroyable... J'étais venu dans cet objectif précis et j'étais concentré à 100% sur ce contre-la-montre. C'est le plus grand résultat de ma carrière."

Etait-il prévu qu'il serait le premier à passer la ligne? "Non, assure Vande Velde. On n'avait pas fixé qui passerait la ligne en premier. Il n'était pas question de perdre la moindre seconde pour favoriser l'un ou l'autre. Après notre course, l'attente des autres a été terrible. C'était tellement serré! " Mais aucune des équipes arrivant après Slipstream n'allait améliorer le chrono de la bande à David Millar, ce dernier étant d'ailleurs ravi que le maillot rose tombe sur les épaules de Vande Velde. "C'est bien que Christian porte le maillot. Il le mérite", juge l'ancien coureur de l'équipe Cofidis.

Et maintenant? Combien de temps le "patron" du Giro peut-il rester aux commandes? L'intéressé est prêt à passer la main dès aujourd'hui, à condition que ce soit à l'un des siens. "Je vais prendre les choses au jour le jour. Pour moi, le prochain objectif, ce serait de le donner à quelqu'un de l'équipe. J'ai eu ma part de gloire, je veux que les autres en profitent maintenant. Que ce soir Ryder (Hesjedal) ou Magnus (Backstedt), je m'en moque du moment que ça reste dans l'équipe." En attendant, c'est bien lui, l'homme de l'ombre, qui tient sa petite part de lumière. Après 10 ans de bons et loyaux services, difficile d'affirmer que ce n'est pas mérité

Laurent VERGNE / Eurosport