Tour de France - Sanchez, le récidiviste

Eurosport - sam, 11 juil 20:40:00 2009

Luis Leon Sanchez est en train de prendre des bonnes habitudes sur le Tour de France. Déjà vainqueur à Aurillac l'an dernier, l'Espagnol s'est imposé samedi à Saint-Girons. Le leader de la Caisse d'Epargne a réglé au sprint ses trois compagnons d'échappée, dont Sandy Casar. Nocentini reste en jaune.

CYCLING 2009 Tour de France 8e étape Luis Leon Sanchez Sandy Casar SLIDE - 0

Luis Leon Sanchez est un rabat-joie. Le début d'euphorie dans lequel baignait le cyclisme français après les victoires de Thomas Voeckler à Perpignan mercredi, et celle de Brice Feillu au sommet d'Arcalis, vendredi, la passe de trois n'était pas loin. Sandy Casar, à l'avant de la course quasiment d'un bout à l'autre de cette 8e étape, est passé tout près d'une nouvelle victoire sur le Tour de France, deux ans après son succès à Angoulême. Mais le protégé de Marc Madiot est tombé sur un os. A l'emballage, il a eu le tort de lancer son sprint d'un peu loin, avant de se faire déborder par Sanchez.

Pour la cinquième fois de sa carrière, Casar échoue donc à la plus mauvaise place sur la ligne d'arrivée. Le puncheur de la Française des Jeux est un peu le Zoetemelk des d'étapes. Une victoire et beaucoup d'accessit. La mauvaise habitude de Casar tranche avec celle qu'est en train de prendre Luis Leon Sanchez. L'an dernier, il s'était révélé au grand public en remportant la 7e étape, à Aurillac. Le premier grand succès de sa carrière. Depuis, le garçon est transfiguré. Il a encore franchi un cap en début d'année en remportant Paris-Nice. En l'absence d'Alejandro Valverde, il a été propulsé leader chez Caisse d'Epargne sur ce Tour de France. Pas sûr qu'il ait les moyens de rivaliser avec les meilleurs sur la durée, mais en s'imposant samedi, il a déjà rempli son contrat.

Evans fait n'importe quoi

Sandy Casar a donc eu affaire à un gros client. Pas sûr que cela suffise à atténuer sa déception, d'autant qu'il avait été le premier à lancer la course dans le Port d'Envalira. Au sommet, il était d'ailleurs seul en tête. Plus tard, le Français est reparti en compagnie d'une dizaine de coureurs, avant que l'échappée ne s'effiloche au fil des deux dernières ascensions, le col de Port de le col d'Agnès. Un peu juste dans cette difficile montée, Casar a basculé quelques secondes derrière Vladimir Efimkin, Mikel Astarloza et Luis Leon Sanchez. Puis il est rentré dans la descente. Les quatre se sont joué la gagne. Efimkin, qui n'avait pas pris un relais de la journée, a attaqué à quatre kilomètres de l'arrivée. Le Russe a été repris dans la dernière ligne droite. C'était fini pour lui, tout comme pour Astarloza, complètement cuit. Tout allait donc se jouer entre Casar et Sanchez. On connait la suite. Et la fin.

Au-delà de la victoire d'étape, on attendait de ce deuxième volet du triptyque pyrénéen qu'il décante un peu la situation entre les favoris. Après tout, la montagne est faite pour ça. Mais il semble écrit que cette année, les Pyrénées seront escamotés. Vendredi, l'ennui avait régné sur les pentes d'Arcalis, jusqu'à ce qu'Alberto Contador ne plante une petite banderille dans les deux derniers kilomètres. Samedi, les ténors sont encore restés sans voix. Soit ils n'attaquent pas soit ils font n'importe quoi. Dans cette dernière catégorie, mention spéciale à Cadel Evans. Ah, pour attaquer, il a attaqué. Dès le Port d'Envalira. L'Australien a compté à peine une minute d'avance avant d'être ramené à la raison dans la vallée. A part gêner le développement de l'échappée initiale, son offensive si lointaine, et sans autre favori à ses côtés, n'avait aucune raison d'être.

Le Tour s'endort

Il aurait peut-être été plus judicieux de tenter quelque chose dans le col d'Agnès, très pentu, même si, au sommet, il restait plus de 40 kilomètres à couvrir. Andy Schleck l'avait bien compris. Le champion du Luxembourg a secoué le cocotier par deux fois. Sa double accélération a réduit le groupe des favoris à une petite quinzaine d'unités. Mais quand il a vu que le quatuor d'Astana (Contador, Armstrong, Leipheimer et Kloeden) n'avait pas été ébranlé par son coup de pédale, le cadet des Schleck a coupé son effort. Résultat, en haut du col d'Agnès, le peloton principal avait récupéré beaucoup de monde, dont Roman Kreuziger, à la peine sur l'attaque de Schleck, ou encore le maillot jaune Rinaldo Nocentini, qui avait sauté lui aussi.

La faible activité sismique chez les gros bras sied parfaitement à la formation AG2R La Mondiale et à son débutant vétéran de 31 ans. Nocentini peut même espérer le conserver jusqu'à la journée de repos. A ce rythme, il y a en effet de fortes chances que la journée de dimanche ressemble aux deux précédentes. Malgré Aspin et Tourmalet, la distance entre les deux cols et l'arrivée à Tarbes est trop importante pour que la grande bagarre, ou même la petite, soit déclenchée. Décidément, le Tour s'endort. Une chose est sûr, ce n'est pas Oscar Pereiro qui le réveillera. L'Espagnol, un des quatre anciens vainqueurs au départ, a quitté la course dans l'anonymat samedi. Chez Caisse d'Epargne, à l'heure de fêter la victoire de Luis Leon Sanchez, le champagne coulera donc avec un petit arrière-goût de déception. Mais rien à voir avec l'amertume de Sandy Casar.

Laurent VERGNE / Eurosport

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