Tour d'Espagne - Menchov dominateur

Eurosport - mar, 11 sept 17:09:00 2007

Le leader de la Vuelta, Denis Menchov (Rabobank), a réglé au sommet d'Andorre Arcalis un groupe de huit coureurs. Il remporte la 10e étape devant Evans et Sanchez, et reste donc maillot de oro.

CYCLING 2007 Vuelta a Espana Denis Menchov (Rabobank) - 0

Maîtrise totale pour Menchov ! Le Russe, maillot de oro sur les épaules, a remporté la 10e étape de la Vuelta à Andorre Arcalis. Même si le leader de la Rabobank termine dans le même temps que six autres coureurs, c'est sa gestion de la course qui a marqué ses adversaires. Le lauréat de l'édition 2005 aurait pu attaquer et sans doute écraser la course, mais il a choisi de se contenter de grimper au niveau de ses rivaux. Il règle un petit groupe au sprint, alliant sa puissance à sa fraîcheur pour remporter la quatrième étape de sa carrière sur le Tour d'Espagne. Mais pourquoi ne pas avoir essayé d'assommer la Vuelta ?

La réponse se trouve certainement du côté de Carlos Sastre. L'Espagnol avait fait rouler ses équipiers entre le Puerto del Canto et la difficulté finale. Au début de la montée Andorrane, le leader de la CSC faisait l'ascenseur. Denis Menchov venait alors se porter à sa hauteur pour prendre des nouvelles. Si le Russe avait été assoiffé de succès, il aurait profité de la défaillance du Madrilène alors que ce dernier avait supporté le poids de la course. Sastre avait placé ses hommes en tête du peloton l'heure précédant son coup de moins bien. Peut-être parce qu'il ne souhaitait pas se découvrir et se faire des ennemis, Menchov attendait que l'ensemble de ses challengers, et donc Sastre, forment un wagon, et contra les attaques. Beltran le premier, puis un Piepoli timide, et un Sastre retrouvé, allaient lancer des offensives, sans jamais déstabiliser la bonne progression du groupe.

Au sommet, les leaders neutralisés se jouaient la gagne au sprint. Le plus rapide du lot, Samuel Sanchez, n'avait pas la fraîcheur nécessaire pour aller quérir le succès. Le Basque venait juste de rentrer dans les roues en compagnie d'Igor Anton. Trop tard pour les Euskaltel &hellip Denis Menchov se plaçait en tête et allait chercher la victoire d'étape. Avec une impression de facilité déconcertante. Derrière le leader du général, Cadel Evans (Predictor) prenait la deuxième place. Samuel Sanchez échouait au troisième rang. Dans leur sillage, Manuel Beltran (Liquigas), Carlos Sastre (CSC), Vladimir Efimkin (Caisse d'Epargne) et Leonardo Piepoli (Saunier Duval) ne faisaient que constater la domination de l'homme en or.

Un patron dans la Vuelta

Si l'on regarde le classement général, les quatre premiers maintiennent leur position. Menchov possède toujours 2'01'' sur Efimkin, 2'27'' sur Evans et 3'02'' sur Sastre. Après le jour de repos, mardi, ses rivaux pourraient retrouver des couleurs, mais Menchov ne semble pas être à bloc. Au soir de l'étape de lundi, un sentiment se partage dans le peloton : Le Russe est le patron de la course. En s'attardant sur les derniers grands Tours, on peut observer que cela fait un certain temps que l'on a plus vu de course de trois semaines dominée à ce point.

Le Tour de France 2007 ne s'est joué qu'au dernier contre-la-montre entre Alberto Contador, Cadel Evans et Levi Leipheimer. Le Giro 2007 a vu une victoire solide de Danilo di Luca, mais avec seulement 1'55'' d'avance sur Andy Schleck. En 2006, la Vuelta ne s'était jouée que dans la dernière étape de montagne, avec Alexandre Vinokourov qui prenait définitivement ses distances sur Alejandro Valverde, le Kazakh ayant par la suite été contrôlé positif sur les routes Françaises. La Grande Boucle avait vu Floyd Landis s'assurer la victoire finale dans le dernier chrono &hellip avant de tomber, lui aussi, dans des affaires de dopage, avec son contrôle positif à la testostérone.

Avec Menchov en tête de la Vuelta, deux minutes devant le fragile Efimkin, on peut difficilement penser que la victoire finale se jouera dans le dernier contre-la-montre. Le Russe semble être parti, sauf faux pas, pour dominer les débats jusque Madrid. Et finalement, il devient rare qu'un coureur de grand Tour soit dans cette situation à la moitié de la compétition. Il faut remonter à Lance Armstrong sur la Grande Boucle, à Roberto Heras sur la Vuelta, à Ivan Basso sur le Giro, pour retrouver telle maîtrise. Un contrôle qui fait également penser à celui de Rasmussen sur la Grande Boucle 2007. On connaît la suite &hellip

Alexandre Philippon / Eurosport