Eurosport - mar, 11 sept 20:32:00 2007
S'il avoue avoir eu un moment de faiblesse face à la volonté de Roger Federer, Novak Djokovic estime que la finale de l'US Open a été un grand moment dans sa carrière. Sans pour autant désespérer dans la conquête de son premier titre du Grand Chelem.
Novak Djokovic, vous avez eu de grosses défaillances face à Federer. Pensez-vous que cela est du à un problème mental, plus qu'à votre capacité à frapper des coups gagnants?
N.D. : Oui je pense que c'est cela... Et je pense que dans les moments importants, spécifiquement lors du premier set quand je sers à 6-5, 40-0... J'avais le vent derrière moi, donc j'étais en bonne position, tout était bon et puis soudainement je me suis mis à faire des fautes directes, qui ne sont pas vraiment compréhensibles. J'étais assez nerveux, j'avais beaucoup de pression... j'ai fait des fautes parce que j'avais besoin de me calmer et d'attendre ma chance, mais j'ai trop voulu la forcer.
J'ai fait trop d'erreurs aux moments cruciaux. Je pense que j'étais le plus faible mentalement sur les points importants par rapport à lui. C'était mon erreur principale lors de la finale... Mais bon c'est normal, ce n'était pas le jour pour faire ça. En finale, j'ai joué un tennis sympa et eu beaucoup d'occasions de faire la différence? Je n'aurais pas dû les gâcher. Mais bon, c'est ma première finale de Grand Chelem, avec 23 personnes à gérer, quelle pression! Mais j'ai aimé ça, c'était une expérience incroyable pour moi.
Si cela est compréhensible que vous soyez impressionné par tout ça, marquer une seule des cinq balles de premier set était vraiment insurmontable?
N.D. : Eh bien vous savez, avant le match, il y a beaucoup d'excitation et d'énergie positive, d'adrénaline, tout cela produit par le fait que vous jouez une finale de Grand Chelem devant 23 000 personnes. Mais d'un autre côté, vous jouez contre un homme qui l'un des plus solides joueurs du monde mentalement. Et il le sait. Et vous savez qu'il le sera, qu'il sera aggressif et patient quand il le faut. J'étais attentif à cela.
Mais ce jeu, à 6-5, était très mauvais après 40/0. Je me suis beaucoup trop précipité, je n'ai pas réussi à me calmer. J'étais trop focalisé sur les mauvaises choses qui pouvaient arriver si nous jouions un jeu décisif après ce jeu désastreux. Ce genre de choses que l'on n'a pas besoin de se dire dans une situation pareille...
Ces sept balles de set perdues ont dû vous hanter ?
N.D. : Mon prochain livre s'appellera "Sept balles de set"... Je rigole (rires). Je peux dire que je suis désolé de ce retournement de situation et de ces balles de set perdues, mais je ne peux plus rien y faire. Maintenant, je m'habillerais bien de nouveau pour retourner sur le court et reprendre la partie à 6-5, 40/0... Encore une fois, je préfère voir ce match d'une façon positive et comme l'un de mes meilleurs tournois qui m'a procuré une expérience incroyable. Car l'US Open est un tournoi très suivi. Je suis sincèrement très heureux de mon succès sur et en dehors du court.
Malgré la pression d'une première finale de Grand Chelem, vous attendiez-vous à un match facile sur le plan physique ?
N.D. : Non, je m'attendais à un match difficile, mais je me sentais assez bien au début du match. Je servais bien et essayais d'attendre ma chance... que j'ai eue! Mais je n'ai pas réussi à l'utiliser. Je ne pouvais pas envisager de jouer un match facile car en face, c'était le N.1 mondial dans une finale de Grand Chelem... Dans un endroit qu'il connaît bien, tout comme la situation. Il a joué 15 finales de Grand Chelem. Il sait gérer la pression de ces rendez-vous. Pour moi, c'était quelque chose de nouveau. Mais encore une fois, je retire que du positif. Et espère toucher le trophée la prochaine fois.
Si vous ne ratez pas votre septième balle de set pour quelques millimètres, pensez-vous que l'issue du match peut changer de visionomie?
N.D. : Comme je l'ai dit, tout pouvait arriver. Le match pouvait tourner effectivement, mais c'était imprévisible. J'ai raté ce coup droit d'un rien, j'ai été malchanceux, voilà tout.
Ce qui est étonnant, c'est que Nikolay Davydenko, battu la veille par Federer, avait dit de lui qu'il était chanceux. Au contraire de vous alors. Pensez-vous vraiment comme le Russe?
N.D. : Je pense que Federer n'est pas N.1 mondial par chance. Ni même par hasard. C'est étrange de dire ça de lui... C'est quelqu'un qui travaille très dur. Quand je gagne contre lui au Canada, on ne peut pas dire qu'il ait été chanceux... j'ai fait preuve de plus de motivation je pense pour gagner les points importants.
Il y a trois ans, il était déjà N.1 mondial. Vous aviez 17 ans à l'époque et ne pensiez sans doute pas atteindre une finale de Grand Chelem... Etait-il un modèle pour vous? Ou un autre?
N.D. : Mon idole était Sampras, je l'avoue. J'adorais le regarder jouer. Même si nous avons un jeu vraiment différent, j'adorais sa façon de jouer de faire face à la pression. Je pense que Sampras et Federer ont des points communs : un fort mental, un visage froid quand ils frappent la balle. C'est pour ça que je pense qu'ils sont les deux meilleurs pour moi.
Nous avons aperçu Maria Sharapova et Robert de Niro dans votre box de supporters. Vous avez des supporters de choix...
N.D. : Je pensais que vous me poseriez la question en premier... (rires). J'ai rencontré Robert de Niro, au hasard dans la rue. J'étais assis dans un bar et il est venu... (rires). Non je rigole. Non, en fait il m'a invité à dîner avec d'autres joueurs, dont Ana Ivanovic, dans son restaurant japonais. Nous nous sommes rencontrés là-bas. Pour Maria, ce n'est pas grand chose, juste une amitié entre nous. C'est très sympa à elle d'être venue me supporter. C'est assez incroyable d'ailleurs d'avoir de telles personnes pour vous supporter, c'était un grand moment.
Qu'a-t-elle dit de votre imitation...?
N.D. : Elle m'a dit qu'elle allait me tuer... Bien sûr, elle a bien pris cela. Oui elle a trouvé ça drôle, sans être offensée.
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