A peine remis de la déception de la CAN avec le Maroc, Youssouf Hadji s’est replongé samedi dernier dans la L1. Avec à la clé une victoire sur le fil qui a fait le plus grand bien aux Nancéens.
Youssouf Hadji, après être resté aussi longtemps sans gagner, cette victoire contre Toulouse doit faire beaucoup de bien…
Oui, elle nous fait beaucoup de bien car ça faisait un petit moment que nous faisions beaucoup de nuls et que nous ne gagnions pas. Donc cela fait plaisir. Pour le moral et la confiance, ça fait également beaucoup de bien et ça va surtout nous permettre d’enchaîner car nous nous nourrissons de victoires. Ça nous avait fait très mal de perdre en Coupe de France car nous souhaitions aller loin dans au moins une des deux coupes. Donc se faire éliminer comme ça par Carquefou… Et la seule façon d’oublier, c’était de gagner tout de suite à domicile. D’autant qu’encore une fois, ça faisait un petit moment que nous n’avions pas pris les trois points.
La victoire a pourtant été longue à se dessiner…
Notre force a justement été d’y croire jusqu’au bout. Nous avons vraiment poussé jusqu’au bout car nous avons manqué de chance et de réussite durant toute la partie. Quand on voit que sur une seule occasion, nous touchons deux fois le poteau… Nous aurions pu baisser les bras et tout lâcher. Mais au contraire, nous avons vraiment poussé et nous avons finalement été récompensés par ce but.
Vous évoquiez le manque de réussite. Est-ce essentiellement ce critère qui vous a fait défaut pendant près de deux mois ?
Oui, c’est surtout ça. Ça ne marchait plus comme avant, nous n’avions plus cette réussite du début de saison. Mais surtout, là où nous avons progressé, c’est que nous ne perdons plus par rapport à la saison dernière où nous étions à peu près dans la même situation mais où nous perdions beaucoup de matchs. Alors que là, nous réussissons au moins à prendre minimum un point la plupart du temps. C’est surtout là-dessus que nous avons progressé. Moi, sur le plan personnel, j’étais moins efficace tout simplement. Et quand on ne marque plus, on prend un coup au moral. La seule manière de faire dans ces cas-là, c’est de persister.
Pourquoi avez-vous demandé à rester entre vous samedi soir après cette victoire, sans même passer devant la presse ?
Dans les moments difficiles, c’est comme ça : la solution ne peut sortir que du groupe. C’est pour cette raison que nous avons souhaité rester entre nous, pour tout simplement rester solidaires les uns aux autres. Il nous manquait un petit quelque chose et ce genre de match peut nous faire du bien et constituer ce petit déclic dont nous avions besoin. J’espère que ça sera bien ça. Maintenant, il faut oublier ce match pour se remettre en question et confirmer cette victoire dès le week-end prochain.
« Cette élimination m’a vraiment perturbé »
Comment avez-vous vécu ces retrouvailles avec vos coéquipiers après trois semaines passées en sélection pour la CAN ?
En revenant du Ghana, je suis tombé un peu malade donc je suis resté trois-quatre jours à la maison. J’en ai bien profité pour récupérer donc samedi, je me sentais bien physiquement. Et de toute façon, c’est toujours un plaisir de retrouver mon club et mes coéquipiers.
Mais psychologiquement, étiez-vous vraiment remis de cette élimination dès le premier tour avec le Maroc ?
C’est vrai que cette élimination m’a vraiment perturbé. J’étais très déçu. Mais j’ai eu le temps de passer à autre chose. De toute façon, j’étais obligé car le match arrivait tout de suite après et avec le club, nous avons d’autres objectifs. Donc il fallait uniquement se concentrer sur Toulouse. C’est ce que j’ai fait.
Depuis le Ghana, comment avez-vous vécu la situation de Nancy ?
Quand je suis avec Nancy, je suis à trois cent pour cent avec Nancy. Mais c’est pareil pour le Maroc. Quand je suis en sélection, je suis à fond avec le Maroc. Mais même si j’étais à fond avec le Maroc, je gardais un œil sur Nancy. Et quelque part, c’était frustrant de savoir que mon club ne gagnait pas.
« L’Europe serait un beau cadeau »
Aviez-vous cette impression sur place que le Maroc était voué à l’échec cette année au Ghana ?
Non car nous avions fait de super matchs amicaux et avions bien travaillé avant cette Coupe d’Afrique. C’est surtout ce match contre la Guinée qui nous a fait très mal. Nous avons fait beaucoup d’erreurs. Ça a été le match de trop car nous avons fait des erreurs fatales. Elles nous ont tués.
On vous a surtout entendu parler d’un problème de scission du groupe en deux clans : les Marocains du Maroc et ceux de France…
Oui, c’est sûr. Mais j’ai surtout parlé de « clans » entre guillemets car ça a toujours existé au Maroc. Car entre eux, ils parlent marocain et nous, nous parlons français entre nous. Nous nous apprécions mais nous ne pouvons pas non plus avoir d’affinités avec tout le monde. Maintenant, à partir d’un certain moment, ça se ressentait beaucoup plus et ça a beaucoup pesé sur l’ambiance dans le groupe. Sur le terrain, c’était pareil. Les erreurs que nous avons pu commettre ne sont pas venues comme ça. Pendant la préparation, tout se passait bien mais après, ce n’était plus la même chose. Un jour ou l’autre, ça se paie forcément.
Pour vous consoler, il ne vous reste plus que cette fin de saison en championnat avec Nancy. Comment l’abordez-vous ?
Malgré notre mauvaise passe, nous sommes toujours troisièmes. C’est donc qu’il n’y a pas le feu. Nous allons essayer de garder cette troisième place le plus longtemps possible. Et essayer d’accrocher l’Europe à la fin de la saison. Nous allons nous accrocher et ne rien lâcher. De toute façon, nous avons un groupe qui travaille essentiellement pour ça. Nous méritons vraiment un cadeau à la fin de la saison et l’Europe en serait un beau.
Aurélien CANOT

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