Ce n'est encore que du « football fiction » (Hognon), mais, à en juger par son tableau de marche -toujours dans les sept premiers depuis la quinzième journée-, Nice pourrait bien se faire rattraper très bientôt par la réalité. Celle qui lui garantirait au minimum un strapontin pour l'Intertoto la saison prochaine. Celle tant redoutée par son entraîneur, Frédéric Antonetti, qui estime que cette étape est encore « trop haute » pour son équipe, exemple toulousain à l'appui. Si ses joueurs ne nient pas qu'une qualification européenne arriverait « un peu tôt », notamment en terme d'infrastructure -« Je ne suis même pas sûr que notre stade soit homologué pour recevoir de telles rencontres » (Echouafni)-, ils savent également qu'un tel dénouement serait « une vraie récompense », un an seulement après une lutte aux couteaux pour se maintenir. De quoi jouer le coup à fond, d'autant que « ça n'a jamais été une mauvaise chose de jouer la C3 », comme le rappelle Cédric Kanté, qui précise : « Il y a simplement des mauvaises façons de l'aborder ». Preuve de leur ambition, les Aiglons affirment, à l'image de l'international malien, que « l'objectif est de terminer dans le premier tiers ». Il seront d'ailleurs les premiers supporters de Bordeaux et Lyon en Coupe de France pour que la cinquième place devienne qualificative pour l'UEFA. « Il faut que les deux équipes se retrouvent en finale », lâche Echouafni.
La prudence reste cependant de mise. D'abord parce que seulement quatre unités séparent actuellement le cinquième, Saint-Etienne, du quinzième, Auxerre. Ensuite parce qu'aux déclarations d'Antonetti s'est ajoutée une longue série de contre-performances : une seule victoire lors des onze dernières journées. « Une simple coïncidence », tranche Echouafni, qui explique cette mauvaise période par « un coup de moins bien comme il en arrive à toutes les équipes » durant une saison. Mais aussi par la défaite concédée contre Marseille (0-2) le 10 février dernier. « Un tournant », selon lui. « Au vu de notre prestation, on ne méritait pas de perdre. Ça a été la fin d'une invincibilité longue d'un an au Stade du Ray et le début de notre série négative. Heureusement, je pense qu'aujourd'hui tout ça est derrière nous. On a pu voir lors de nos trois dernières rencontres qu'il y avait du mieux, même si on n'a pas réussi à convertir nos occasions. Contre Paris, puis Monaco, il ne faudra pas les rater ». Car c'est bien là la vrai incertitude : le calendrier. Paris, Monaco, donc, mais aussi Bordeaux et Lyon, sans oublier un déplacement à Valenciennes, souvent impérial à domicile, et la venue du Caen. Du lourd, qui paradoxalement a le don d'attiser les ambitions niçoises. « Parce que dans notre situation et par rapport à nos ambitions de départ - le maintien -, tous les points qu'on prendra désormais, ne seront que du bonus , souligne Kanté. On va pouvoir se concentrer sur le jeu et non pas sur l'enjeu ».
Reste qu'une éventuelle qualification européenne pourrait affaiblir Nice sur la scène nationale. Toulouse, qualifié contre toute attente pour le tour préliminaire de la Ligue des champions l'an passé, en sait quelque chose. « C'est le danger , reconnaît Vincent Hognon, qui se remet d'une opération au genou droit. Si on parvient jusque-là, il faudra bien se préparer à cette possibilité. Maintenant, si on joue l'Intertoto, ça ne changera pas grand chose. Depuis que le format a changé (un seul tour), c'est beaucoup moins éprouvant physiquement qu'avant ». De là à bien y figurer... Il y a un monde qui pourrait encore s'accroître avec le départ programmé d'Ederson pour Lyon et ceux possibles de Lloris, Koné et Balmont. Quatre joueurs qu'il sera difficile de remplacer, même si Kanté rappelle que le club azuréen possède en Anthony Modeste et Mahamane Traoré des jeunes prometteurs qui ne demandent qu'à exploser. Sans oublier « les rentrées d'argent » et la C3 qui pourraient « attirer des joueurs du même niveau », dixit Echouafni, qui ajoute : « Les dirigeants feront de toute façon en sorte de garder leurs meilleurs éléments ». Un avenir au conditionnel qui dépendra, comme le souligne l'ancien Rennais, de la capacité des Niçois à boucler correctement un exercice qui dépasse jusque-là la hauteur de leurs espérances et qu'il serait « dommage » de gâcher. « Malgré de résultats en dents de scie, on est toujours en course. C'est quelque chose qui m'incite à dire qu'on va y arriver ».

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