En attendant l'entrée en lice du XV de France, samedi prochain contre l'Australie, la deuxième journée de la tournée estivale offre un choc de titans entre la Nouvelle-Zélande et l'Angleterre, dans l'écrin de l'Eden Park d'Auckland. Le premier match de Robbie Deans à la tête des Wallabies, contre l'Irlande, sera également riche d'enseignements avant l'arrivée des Bleus.
Nouvelle-Zélande - Angleterre
Après leur victoire contre l'Irlande (21-11), les Blacks attendent maintenant de pied ferme l'Angleterre, et le choc entre les deux équipes à l'Eden Park s'annonce passionnant. Rassuré par ce premier succès avec une équipe largement remaniée, Graham Henry a choisi de faire confiance aux mêmes hommes, et n'a fait qu'un seul changement en titularisant Greg Sommerville pour essayer de rivaliser face au pack d'airain du XV de la Rose. Henry résume: «C'est notre meilleure équipe du moment et nous devrions bénéficier d'une nouvelle semaine d'entraînement en commun. Nous sommes en train de reconstruire une équipe et on ne peut pas le faire en effectuant un grand nombre de changements .» Affaibli par le départ de quelques-uns de ses meilleurs joueurs en Europe, le rugby néo-zélandais passe un gros test face au finaliste de la dernière Coupe du monde, avec une belle occasion de tester une nouvelle génération. Et puis il y a toujours Richie McCaw et Dan Carter (photo l'Equipe), les deux âmes de cette équipe, pour conduire le camion.
En face, les Anglais se présente sans repères, privés de plusieurs cadres et même de leur nouveau patron Martin Johnson , resté au pays pour raisons personnelles. Conséquence, Rob Andrew est obligé de bricoler, et son équipe ne compte q'un seul finaliste (Sheridan) de la dernière Coupe du monde, il y a à peine sept mois. Le but est donc d'abord de trouver de nouveaux talents, comme le confirme Andrew: «La majorité de nos joueurs retenus sera encore là dans trois ans. Nombre de sélectionnés pour cette tournée l'ont été sur cette base .» L'Angleterre mise donc sur l'avenir, et va tenter de limiter les dégâts lors de cette tournée franchement casse-gueule. Leur dernière victoire au pays du long nuage blanc date de 2003 (15-13), quelques mois avant leur titre mondial. Quelques mois après la finale perdue, ce ne sera sûrement pas la même histoire.
Australie - Irlande
L'affiche est peut-être moins excitante que Nouvelle-Zélande - Angleterre, mais elle est pourtant au moins aussi intéressante, voire plus pour Marc Lièvremont et le XV de France, qui ira défier les Wallabies dans une semaine. Le premier test de Robbie Deans à la tête de l'Autralie sera aussi très suivi sur l'île continent, qui est pour l'instant un tantinet méfiante devant cette idée de confier l'équipe nationale...à un Néo-zélandais. Pour cette entrée en matière, l'ancien patron des Crusaders, récemment auréolé d'un nouveau titre dans le Super 14, a choisi d'innover, sans plus, avec quatre nouveaux joueurs, dont deux dans le XV de départ: Luke Burgess et Peter Hynes.
Côté irlandais, Michael Bradley , toujours en intérim, a choisi de rappeler les vieux grognard, Rory Best au talon et surtout Peter Stringer à la mêlée, pour essayer de surprendre les redoutables Australiens, alors que l'Irlande n'a plus gagné là-bas depuis 1979.
Afrique du Sud - Pays de Galles:
Le premier test entre le champion du monde et le vainqueur du dernier Tounoi des six nations a déçu, et a largement confirmé la supériorité du sud (victoire des Boks 43-17). Les Diables Rouges espèrent faire mieux lors de ce deuxième affrontement, mais ils auront encore du mal à rivaliser dans le défi physique. Warren Gatland le sait, et il a décidé de muscler son pack en titularisant dans le pack Gareth Delve, Rhys Thomas et Richard Hibbard. Et il tente surtout un coup en plaçant James Hook à l'arrière, un poste qu'il n'a jamais occupé avec le pays de Galles.
Peter De Villiers, lui, ne fait rien pour remonter le moral des Gallois: il a en effet opéré quatre changements dans son XV de départ, avec surtout le retour d'un certain Victor Matfield en deuxième ligne. Deux autres champions du monde reviennent également: le pilier BJ Botha et le demi de mêle Ricky Januarie. Et sur le banc, au cas où, on retrouvera François Steyn et Percy Montgomery...
Le premier acte s'est soldé par une courte victoire des Pumas (21-15), avec le même écrat que lors du quart de finale de la Coupe du monde (19-13). La revanche entre l'Argentine et l'Ecosse, samedi à Buenos Aires, devrait donc encore donner lieu à un match âpre, disputé, et le XV du Chardon pourrait bien profiter de l'inexpérience de l'équipe du nouveau coach argentin, Santiago Phelan, pour signer enfin une victoire de prestige après un tournoi raté. A. M.



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