Tour de France - L'ogre les attend

Eurosport - dim, 12 juil 13:19:00 2009

A la veille du premier jour de repos, le peloton va devoir en découdre avec le dernier volet du triptyque pyrénéen, entre Saint-Gaudens et Tarbes (160,5km). Au programme ce dimanche, les ascensions d'Aspin et du Tourmalet, la difficulté la plus souvent franchie dans l'histoire de la Grande Boucle.

CYCLING Tour de France Tourmalet - 0

. ETAPE 9

Date : Dimanche 12 juillet

Départ : Saint-Gaudens

Arrivée : Tarbes

Distance : 160,5 km

Type : Etape de montagne

. LE PARCOURS

Fin du périple pyrénéen avec le troisième et dernier volet du triptyque. Au programme de cette 8e étape, 160,5km mais surtout les terribles Cols d'Aspin (1re catégorie) et du Tourmalet (hors-catégorie), situés au tiers puis aux deux tiers de l'étape. La première difficulté du jour a déjà été franchie à 68 reprises par le Tour. Il sera abordé par son versant est. Après le sprint intermédiaire de Sarrancolin, le peloton débute l'ascension du Col d'Aspin, sur 12,3 kilomètres (à 6,4%, à 1 489m d'altitude). Au 60e km, s'en suit la descente vers Saine-Marie-de-Campan. Puis début de l'ascension du Tourmalet (17,1 kilomètres à 7,4%, à 2 115m d'altitude), col le plus souvent franchi sur le Tour (75 fois). Après une longue descente vers Luz-Saint-Sauveur, le peloton aura encore à rouler une cinquantaine de kilomètres. A Tarbes, l'arrivée est jugée sur une ligne droite de 200 mètres, en très léger faux-plat montant. A-t-on une chance d'assister à une bagarre entre les favoris ? Au vu des deux premières étapes de montagne, rien n'est moins sûr...

. LES DIFFICULTES

Col d'Aspin

Kilomètre 60,5

1re catégorie

Longueur : 12,3 km

Moyenne : 6,4%

Col du Tourmalet

Kilomètre 90

Hors-catégorie

Longueur : 17,1 km

Moyenne : 7,4%

. LA STAT : 75

On l'a dit. Le Tourmalet est la difficulté qui a été le plus souvent empruntée dans l'histoire de la Grande Boucle. Le classement est dominé par les cols pyrénéens. A 74 reprises, le peloton a grimpé "l'Ogre des Pyrénées". Derrière celui-ci, on retrouve l'Aubisque avec 70 passages au sommet (en 69 étapes), Aspin avec 68, Peyresourde avec 60. Viennent ensuite, le Galibier, premier col des Alpes, avec 56 passages au sommet (en 1996, son ascension avait été annulée en raison de la neige), puis le Portet d'Aspet, avec 52 passages.

. L'HOMME A SUIVRE : BRICE FEILLU

Après son numéro à Arcalis, Brice Feillu n'a pas été en mesure de défendre son maillot à pois, samedi, lors de la 8e étape. Le Français d'Agritubel, peut-être émoussé après une nuit plutôt courte (5 heures de sommeil), n'en reste pas moins attaché à sa précieuse tunique et va tout faire, ce dimanche, pour la récupérer. Son directeur sportif, Denis Leproux, l'a confirmé à Saint-Girons : "Samedi, Brice n'a pas pu jouer les points de la montagne. Il avait quelques regrets. On risque de le voir à l'attaque dès les premiers kilomètres de la course. Il a tout à gagner, et évidemment rien à perdre".

. HISTORIQUE

Saint-Gaudens et Tarbes sont deux villes habituées à recevoir les honneurs de la Grande Boucle. Pour la dixième fois, la sous-préfecture de Haute-Garonne accueille le départ d'une étape du Tour de France. Quant à Tarbes, c'est la quatrième fois que la préfecture des Hautes-Pyrénées sera l'hôte d'une arrivée, après 1933 (Aerts), 1934 (Magne) et 1951 (Biagioni). Les deux cols qui composent cette 8e étape ont été montés en 2008. Si au sommet du col d'Aspin, c'est Sebastian Lang, alors chez Gerolsteiner, qui était passé en tête, à celui du Tourmalet, c'est Rémy Di Grégorio, absent sur le Tour en 2009, qui avait eu cet honneur. Avant le Français, deux autres Tricolores avaient réussi pareille performance : Richard Virenque (1994) et Sylvain Chavanel (2003). Mais si l'on doit retenir une date marquante dans l'histoire commune du Tour de France et du Tourmalet, c'est bien la Grande Boucle 1910 qui vient en premier à l'esprit.

Cette année-là, l'organisation de la Grande Boucle décide de durcir le Tour en y ajoutant des étapes de montagne. Après un premier opus pyrénéen, de Perpignan à Luchon, durant lequel sont empruntés les cols du Portet, de Port, du Portet d'Aspet et des Ares, le peloton doit enchaîner deux jours plus tard (et un jour de repos) avec l'escalade de Peyresourde, d'Aspin, du Tourmalet et d'Aubisque. Bon appétit ! Dès le début de l'ascension de Peyresourde, Octave Lapize attaque. Accompagné de Gustave Garrigou, il franchit les deux premières difficultés en tête. Dans le Tourmalet, les deux hommes se livrent un duel magnifique. Au sommet, Lapize compte 500m d'avance sur son adversaire. Mais Garrigou peut se vanter de n'avoir jamais posé pied à terre. Dans la dernière difficulté du jour, un homme isolé est en tête, François Lafourcade. Derrière lui, à bout de force, appuyé sur son vélo, Lapize monte à pied. "Vous êtes des assassins", crie-t-il à qui veut l'entendre. Henri Desgrange est particulièrement visé. Dans la descente sur Eaux-Bonnes, Lapize, qui avait menacé d'abandonner, reprend des forces. Il fait son retard sur l'homme de tête qui s'écroule littéralement. A Bayonne, où est jugée l'arrivée, Lapize bat Albini au sprint. 39 concurrents, arrivés hors-délai, en pleine nuit, sont finalement autorisés à poursuivre l'épreuve. Henri Desgrange peut respirer : un temps menacé, son Tour de France est sauvé.

François-Xavier RALLET / Eurosport

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