Eurosport - mer, 12 déc 23:55:00 2007
Dos au mur, Lyon a frappé fort en dominant les Glasgow Rangers à Ibrox Park (0-3). Pour la 5e année consécutive, l'OL sera en 8e de finale. Après la déroute de l'OM, les Lyonnais seront les seuls représentants hexagonaux au prochain tour où ils ont de grandes chances de tomber sur un gros.
GLASGOW RANGERS - LYON : 0-3
Buts : Govou (15e) et Benzema (84e, 88e)
Quelque chose a peut-être changé ce soir à l'Olympique Lyonnais. Jusque là réputé excellent dans la gestion mais plus faiblard dans les rencontres couperet, les sextuples champions de France ont fait taire les détracteurs. Et avec la manière, s'il vous plaît ! Les Gones ont en effet eu le bon goût de rendre la monnaie de leur pièce aux Glasgow Rangers, avec le même tarif que celui encaissé à l'aller. D'ailleurs, Juninho reconnaît aussi cette mutation. "On dit toujours que Lyon n'est pas une équipe de coupe. C'était peut-être vrai mais ça ne l'est plus." Surtout quand elle peut compter comme ce soir, sur un talent aussi exceptionnel que celui de Karim Benzema. Un doublé, une implication sur le but de Govou : le président Aulas va devoir s'accrocher pour conserver son joyau.
Paradoxalement, l'OL pouvait puiser dans la déroute de l'OM, la veille, des raisons d'espérer. En effet, le parcours rhodanien ressemblait à s'y méprendre à celui du bourreau des Marseillais, Liverpool : départ exécrable dans la compétition, folle remontée à hauteur de son ultime rival mais ballottage défavorable. À contrario, les tribulations écossaises se jumelaient de manière troublante avec celles des Phocéens : deux succès, un nul et puis... rien ! Et au jeu des comparaisons, on pouvait aussi rappeler celle-ci. Les Rangers, exempts de championnat le week-end passé pour mieux se préparer, pouvaient évoquer l'équipe d'Ecosse dans ce même dispositif avant la rencontre décisive, chez elle, face à l'Italie. Pour l'insuccès que l'on connait.
Une 79e minute de pure folie
Au fond, Lyon a réussi tout ce qu'il a bazardé à l'aller. Réaliste en attaque, ultra-solide en défense. La bonne idée lyonnaise aura été de concrétiser rapidement sa domination. Une ouverture géniale de Ben Arfa (discret par ailleurs) pour Benzema dont la frappe sans contrôle était repoussée dans les pieds de Govou. Le trio offensif made in Lyon avait encore frappé. Le même Govou avait raté d'entrée une occasion en or, laissant croire à une répétition du match aller. Il n'en fut rien. Le reste de la période était entièrement dédiée à une maîtrise lyonnaise des faibles velléités locales. Même le public d'Ibrox Park, chaud bouillant au début, se taisait peu à peu.
Mais il ne fallait pas compter sur une telle apathie à la reprise. Comme prévu, les joueurs de Walter Smith chargeaient à tout va, sans toutefois de véritable occasion franche, hormis un centre-tir sauvé par Squillaci. Au contraire, c'est Juninho qui trouvait la barre sur un coup-franc plein axe. Et puis il y eut cette minute de folie. La 79e... Benzema, parti dans le dos de la défense, éliminait le gardien écossais, McGregor, mais sa frappe dans le but déserté était reprise in extremis par Naismith revenu d'on ne sait où. Sur le contre, Ferguson débordait dans la surface et centrait pour Darcheville qui reprenait à un petit mètre des buts... sur la barre. In-cro-ya-ble ! Benzema, mental de fer, se rachetait cinq minutes plus tard en profitant d'un nouveau raté de l'arrière-garde locale. Avant de signer un doublé plein de classe sur une frappe croisée lumineuse aux 20 mètres. La messe était dite, la cathédrale orthodoxe d'Ibrox se tût. Lyon est en 8e de finale. Peut-être le début d'une grande histoire...
LA DECLA : Alain Perrin (entraîneur de Lyon)
"C'est le scénario que nous avions rêvé pour le match aller. Nous n'avions pas été capable de le réaliser. Nous voulions prendre les Ecossais à leur propre jeu. Nous savions que les Rangers, poussés par le public n'allaient pas se contenter d'attendre. Nous avons eu plus d'espaces qu'à Gerland. Notre jeu offensif nous a permis d'avoir des occasions. Nous avons marqué avant de nous mettre à l'abri en fin de partie. Ce soir, c'était difficile. C'était du 50-50 mais nous avions des possibilités à faire valoir. Revenir d'aussi loin après deux défaites d'entrée, cela a démontré la volonté des joueurs de ne rien lâcher. Maintenant, pour les 8es de finale, les premiers de poules sont tous de très haut niveau. Nous jouerons sur deux matches. Peu importe l'adversaire, ce sera de toute façon très difficile".
Dave APPADOO / Eurosport