Deux belles affiches, pour clore la 20e journée. Sur le plateau, trois anciens champions de France et un nouveau riche qui aspire aux sphères européennes. Paris-SG - Bordeaux puis Rennes - Marseille. Magique. Ou presque. Seul le Championnat de France peut proposer ainsi deux duels alléchants sur le papier qui opposent en réalité des équipes, sinon en grosse difficulté, du moins installées en deuxième partie de tableau. Des quatre clubs en question, d'ailleurs, seul le PSG n'a pas changé d'entraîneur depuis le début de la saison, et ce n'est pas comme si Paul le Guen n'avait pas fait l'objet de quelques débats à l'issue de la défaite contre Toulouse (1-2). Le quasi effacement de Walter Butler de l'actionnariat, intervenu jeudi, devrait les clore jusqu'à la fin de la saison. Paris et Lens , qui fouleront la pelouse du Parc à 18 heures, n'ont pas le coeur à faire de l'humour dans la situation qui est la leur. Le PSG n'a toujours pas gagné chez lui depuis le début de la saison. Comme Metz. Si la victoire à Saint-Etienne (1-0) et la qualification contre Epinal (2-0) ont détendu l'atmosphère, si la décision des actionnaires d'engager un mercato ambitieux rassure un peu, il ne restera rien de tout cela en cas de sixième défaite consécutive contre Lens en Ligue 1.
Le sort réserverait une drôle de pirouette à Paris s'il devait briser son historique série à domicile contre une telle bête noire. C'est pourtant, certainement, le sens de l'histoire, sauf si la potion du Druide Daniel Leclercq possède quelque effet immédiat. Relégable, pathétique en Coupe de France contre Niort (0-1), le RC Lens est désormais conscient du danger de relégation qui le guette. Plus que le classement, ce que l'équipe (ne) dégage (pas) sur la pelouse inquiète au plus haut point. Le rappel de Daniel Leclercq dans un rôle de directeur technique (très) proche du terrain fut, mercredi, le énième épisode d'une histoire qui n'en finit plus de rebondir depuis que les Sang et Or ont laissé filer, l'an passé, une place en Ligue des champions qui leur tendait les bras. C'était sous la direction de Francis Gillot, l'homme qui pourrait fragiliser Lens à court terme avec Sochaux, qui a gagné samedi au Mans (2-0)... Une victoire permettrait à Lens de plonger Lille dans la zone de relégation à sa place.
Rennes et Marseille , à une autre échelle, ont aussi touché la fragilité des choses du football au cours des derniers mois. L'OM, un temps guère mieux placé que Paris, s'est relancé sous la houlette d'Eric Gerets, mais les choses vraiment sérieuses débutent pour les Olympiens. Il s'agit désormais de s'installer dans la première partie du tableau et de tracer une route jusqu'aux places européennes. Avec 1,8 point pris en moyenne depuis son arrivée, sept matches sans défaite série en cours, le Belge est en train de réussir son pari. A ce rythme, Marseille, aujourd'hui dixième, aurait 59 points en fin de saison : un de plus que Toulouse, troisième la saison dernière... Guy Lacombe, arrivé en Bretagne il y a trois semaines, n'en est pas encore là. Mais il a déjà stoppé l'hémorragie des six défaites consécutives par deux nuls et une qualification en Coupe à Martigues (3-0). Après cette entrée en douceur, marquée par un resserrement de l'équipe sur le plan défensif, la venue de l'OM constitue un premier test impeccable pour l'équipe bretonne, treizième. Le rôle des entraîneurs est de tout prévoir, et Guy Lacombe a le souci du détail. Mais les Bretons s'exposent à quelques surprises puisque deux joueurs, Krupoviesa et Akalé, devraient débuter sous les couleurs olympiennes.

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