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Basket: Michel Gomez nommé sélectionneur de l'équipe de France

mer 13 fév, 10h27


PARIS (AFP) - Sélectionneur des Bleus de 1993 à 1995, Michel Gomez a récupéré mardi les rênes de l'équipe de France de basket-ball pour monter une "opération commando" en vue des qualifications à l'Euro-2009 en septembre.

Absent aux Jeux de Pékin cet été après un Euro-2007 apocalyptique qui a coûté son poste à Claude Bergeaud, le basket français est à terre et il revient à un "vieux de la vieille" de le relever.

Cinq fois champion de France avec Pau-Orthez et Limoges dans les années 80 et 90, vainqueur de la Coupe des Coupes en 1988, Gomez présente à 56 ans un palmarès incomparable en France.

C'est sur ses ordres de service, "son expérience incontestable, sa connaissance du basket et sa capacité à mener les hommes" que le président fédéral Yvan Mainini lui a confié la charge de mener "une opération commando qui doit permettre de retrouver les valeurs morales nécessaires".

Gomez sera assisté de Jean-Louis Borg, l'entraîneur de Vichy, et Jacky Commères, sélectionneur éphémère de l'équipe de France féminine dont Pierre Vincent a pris officiellement la charge mardi. L'ancien international Crawford Palmer intègre par ailleurs le staff des garçons, notamment pour faire l'interface avec les franchises NBA.

Le nouveau sélectionneur sera à pied d'oeuvre dès samedi pour le tirage au sort des qualifications de l'Euro-2009 à Venise. Deux jours plus tard, il s'envolera pour les Etats-Unis à la rencontre du capitaine Boris Diaw, très incertain pour la campagne de septembre, et de Tony Parker, qui a d'ores et déjà annoncé qu'il n'en sera pas.

"Il faut que tout le monde se sente concerné", a expliqué Gomez qui estime que quelqu'un comme Frédéric Weis est "indispensable". "L'équipe de France n'est pas un trampoline pour se refaire une santé. Aujourd'hui c'est l'équipe de France qui doit se faire une santé", a-t-il ajouté.

Gomez a été préféré à plusieurs entraîneurs de ProA comme Vincent Collet, Gregor Beugnot ou Eric Girard, ainsi qu'à Antoine Rigaudeau, longtemps le grand favori mais finalement recalé à cause de son inexpérience.

"Il y a eu d'autres candidats avec qui les discussions ont été franches, approfondies et... discrètes, a commenté Mainini. Mais il nous a semblé que Michel pouvait être l'homme de commando nécessaire pour cette opération. Et pourquoi aller chercher ailleurs ce qu'on a dans la maison ?"

Gomez présentait en effet l'avantage d'être salarié de la fédération depuis deux ans et demi où il s'occupait dernièrement des moins de 20 ans.

"C'est vrai que j'ai été un peu surpris lorsque Yvan et Jean-Pierre (De Vincenzi, le DTN) m'ont parlé du poste il y a trois semaines. Mais je suis au service de la fédération et la passion que j'ai depuis 47 ans pour le basket m'a fait replonger. C'est un cadeau de Noël avec un peu de retard."

"Ce n'est pas forcément un cadeau", lui a répondu le président Mainini. "Mais si président, c'est un cadeau", s'est esclaffé Gomez, surtout qu'entre les deux hommes une poignée de main fait apparemment office de contrat.

"Une mission commando ça ne veut pas dire qu'on ne ne le changera pas, même s'il réussit", a cependant souligné un peu plus tard M. Mainini qui pourrait réactiver à moyen terme la piste Rigaudeau.

Si Gomez présente le plus beau palmarès du basket français en tant qu'entraîneur, cela fait aussi cinq ans qu'il n'a plus entraîné en club.

"On ne perd pas vingt ans de bagage comme ça", a-t-il balayé, relayé par le DTN Jean-Pierre De Vincenzi qui a déploré qu'en "France on enterre trop vite les gens."

"Ce n'est pas la technique qui fait gagner les matches, ce sont les hommes", a conclu Gomez qui, maintenant qu'il est "reposé après tant d'années la tête dans le cuir", a très envie de "rapidement regagner quelque chose".