Eurosport - mer, 13 févr 07:19:00 2008
Michel Gomez revient sur sa nomination en tant que sélectionneur de l'équipe de France. Le nouveau patron des Bleus explique son choix et sa vision de l'équipe de France pour le défi qui l'attend lors des qualifications de l'Euro 2009.
MICHEL GOMEZ, comment vousêtes-vous retrouvé à reprendre les rênes de l'équipe de France ?
M.G. : J'avais besoin d'un bon repos après plus de 800 matches professionnels depuis 1983. Ce repos m'a permis d'ouvrir quelques fenêtres de la vie. Dans ce métier, on a souvent l'habitude de se fermer sur soi même. Depuis quelques années, j'ai fait mille et une choses. Et surtout, je suis revenu à la fédération depuis trois ans sur une demande d'Yvan (Mainini) et de Jean-Pierre (De Vincenzi). Ils m'ont confié des missions à l'étranger avant de me donner l'équipe de France A' où j'ai pu mettre en pratique des idées qui me tenaient à coeur en terme de management.
Pourquoi avoir replongé ?
M.G. : La passion. Plus on contraint une passion, plus on la rend forte. C'est cette passion que j'ai depuis 47 ans de basket, qui me fait revenir. Tout le monde avait misé sur Antoine (Rigaudeau) donc ça m'a un peu surpris. Je n'y croyais pas. J'ai d'ailleurs eu des nuits difficiles. En fait, c'est un cadeau de Noël avec un peu de retard.
Votre palmarès est énorme. Mas la dernière ligne date de 1996 (champion de France avec Pau). Douze ans après, ça ne vous fait pas peur de retrouver le basket au plus haut niveau ?
M.G. : Vous savez, je n'ai pas arrêté ma carrière en 1996. J'ai également été au PAOK Salonique avant de retourner à Limoges et d'aller à Antibes puis au Havre. Mais surtout, je n'ai jamais coupé avec le monde du basket. En 2003, j'étais en Suède. En 2005 à Belgrade. Mais surtout, les moyens de communications actuels (télé, Internet...) permettent de tout suivre. Et après 20 ans, je ne pense pas qu'on perde son bagage comme ça. Au contraire, je suis jeune, je suis vierge (rire). En tout cas, dans ce siècle.
Avez-vous déjà un planning en tête pour préparer les prochaines échéances et notamment les qualifications pour l'Euro 2009 qui vont arriver vite (septembre) ?
M.G. : Il y a deux personnes que je veux voir en priorité. La première est Claude Bergeaud. Je vais lui demander son sentiment sur son vécu d'entraîneur. Il a fait de très bonnes choses que je vais tenter de conserver comme l'état d'esprit ou la fierté du maillot. Et la deuxième, c'est Boris Diaw, le capitaine. Je veux avoir sa vision sur l'équipe... Après, nous irons voir les joueurs que l'on pense capables de participer à notre conquête.
La France compte désormais huit joueurs et demi (avec Joakim Noah qui n'a toujours son passeport) en NBA, comment comptez-vous aborder cette campagne extrêmement particulière ? Avec plus de joueurs européens ?
M.G. : On va faire un mixte. Ce qui est important à mon avis : c'est de réunir les trois fronts : NBA, Europe et Pro A sous la même bannière. L'équipe de France n'est pas un trampoline pour se refaire une santé. Aujourd'hui c'est l'équipe de France qui doit se faire une santé. Il faut d'abord savoir ce que l'on peut apporter à l'équipe de France avant de savoir ce que l'équipe de France peut nous apporter. Il faut que tout le monde se sente concerné. Je suis rigoureux sur ces points.
Il y a une certaine forme de pression car c'est un peu une opération commando à court terme avec l'ambition de qualifier l'équipe de France pour l'Euro 2009...
M.G. : Vous savez, la pression crée l'émotion. Les grands moments ne se font qu'avec de la pression. C'est pourquoi j'estime qu'il est important d'avoir le soutien de Tony Parker. J'espère qu'il pourra venir apporter ses conseils et soutenir ses copains. Quand je le verrai, je vais lui demander d'être avec nous.
Un mot sur votre staff. Vous avez souhaité travailler avec Jean-Louis Borg et Jacques Commères, pourquoi ces deux hommes ?
M.G. : Après l'échec à l'Euro féminin, Jacques Commères a été massacré alors qu'il ne le méritait pas. J'estime qu'il a beaucoup de valeur. Il l'a d'ailleurs déjà démontré en tant qu'assistant (ndlr : il faisait parti de la troupe qui avait remporté le bronze à l'Euro 2005). Pour Jean-Louis Borg, c'est une surprise. Le terrain est l'identité du coach et ce qu'il fait me plaît. Je ne l'ai eu qu'hier soir (lundi) au téléphone. Je ne le connais pas mais j'aime découvrir les hommes.
Propos recueillis par Glenn CEILLIER (Crédit : Bellenger/IS/