Eurosport - jeu, 13 mars 12:19:00 2008
Avant de disputer le sprint des finales d'Oslo (11h30), Sandrine Bailly nous parle de la fin de saison qui s'annonce cruciale pour la Tricolore. En tête du général, à égalité avec Magdalena Neuner, la Française sait ce qu'elle a à faire.
SANDRINE BAILLY, revenons d'abord sur cette mass-start sibérienne. Que s'est-il passé exactement ?
S.B. : J'étais dans un jour plus difficile, c'est à dire que j'étais dans le dur ! Un coup de fatigue, une baisse de la concentration et ça ne pardonne pas. Les conditions de vent ont aussi rendues la course dure.
Vous semblez avoir parfaitement tourné la page des Mondiaux. Vos résultats à Pyeongchang ont été fabuleux et ceux de Khanty très bons hormis cette 20e place le dernier jour...
S.B. : C'est vrai. Je ne suis pas du genre à rester 10 ans sur le passé. J'analyse le moment venu et puis après, je passe à autre chose et je vais de l'avant. C'est ce que j'ai fait après Östersund. Les championnats du monde reste une petite partie dans une saison. Jouer un globe final, c'est synonyme d'une saison réussie et régulière, c'est bien le plus difficile et le plus beau à mes yeux.
On a remarqué que vos tirs en début d'épreuves en Russie étaient posés. Que vous ne vous affoliez pas sur le tapis... Avez-vous retiré des choses positives à cela ?
S.B. : Quand je rate au tir, c'est souvent à cause de la précipitation, d'un manque de rigueur et de concentration. Quand j'arrive à avoir tout ça, je suis au top et mes tirs sont naturellement posés.
A ski, vous tenez la dragée haute aux meilleures. Cela montre que la forme est là en cette fin de saison...
S.B. : La forme est là mais la fatigue aussi. Je fais le maximum pour garder l'énergie qu'il me reste pour les courses. C'est la fin de saison, avec les voyages, les décalages horaires et toutes les courses, je sens tout de même que je n'ai plus la même fraicheur qu'en début de saison. Mais je sais m'accrocher et ma motivation est intacte.
Les Bleus - Simon Fourcade notamment - se sont plaints du fart en Russie. Avez-vous rencontré des problèmes de glisse là-bas ?
S.B. : Je n'ai eu aucun problème de glisse, mes skis sont très performants. Rien à signaler de ce côté-là.
Dans la perspective de la conquête du globe du général, vous sentez-vous mieux que les années précédentes ?
S.B. : Je ne peux pas comparer. Je me sens pour l'instant assez sereine. Je sais que les trois dernières courses qui arrivent vont être très dures. Mais je sais ce que j'ai à faire, je connais l'enjeu et j'ai envisagé ce qu'il pourrait arriver...
Quelle est votre rivale la plus sérieuse ? Henkel ou Neuner ?
S.B. : Elles ont chacune leurs qualités et défauts, au final, je ne peux pas en désigner une en particulier. Le match se fera à trois. Jusqu'au bout...
Marie-Laure Brunet impressionne pour sa première saison. Quel est votre avis sur votre compatriote ?
S.B. : Marie-Laure est très solide et l'a prouvé tout au long de la saison. Elle a la tête et les jambes et avec ses qualités je ne me fais pas de soucis pour son avenir. Je l'apprécie car elle a la joie de vivre, avec le sourire et la bonne humeur et c'est bien le plus important !
Enfin, évoquons la finale de la Coupe d'Europe. On a appris que c'était annulé en raison du manque de neige. On sait que cette épreuve vous tenait à coeur... Avez-vous un petit mot pour les organisateurs que vous connaissez plutôt bien ?
S.B. : J'ai suivi l'évolution de près, j'étais déçue d'apprendre l'annulation car je pensais à tous les bénévoles qui ont travaillé dur pour cela, c'est bien dommage...mais ce sont les risques malheureusement. Ça sera pour une prochaine fois...
Propos recueillis par François-Xavier RALLET / Eurosport