Eurosport - dim, 13 avr 13:57:00 2008
Sans avancer de nom pour jouer le troisième simple face à Andy Roddick, Guy Forget entend ne pas imposer qui que ce soit pour jouer ce match capital. Si Richard Gasquet semble le plus pressenti pour défier l'Américain, le capitaine de Coupe Davis aura jusqu'à une heure avant le match pour décider.
Guy Forget, que ressentez-vous après cette brillante victoire en double ?
G.F. : C'est exceptionnel. Dans une carrière, il y a des matches qui marquent plus que d'autres et je crois que ce double est l'un des beaux matches que Michaël Llodra et Arnaud Clément ont joué ensemble. On parle souvent de la complicité des Bryan parce qu'ils sont jumeaux et qu'ils ont des liens particuliers, mais on a vu qu'il y avait deux paires de jumeaux sur le court.
Qu'est-ce qui a fait la différence, selon vous ?
G.F. : Leur amitié et leur solidarité l'un envers l'autre depuis longtemps y sont pour beaucoup dans cette victoire. On les a beaucoup critiqués, notamment Arnaud. Il a fait des matches difficiles où il n'a pas été à son niveau habituel. Certaines personnes m'avaient conseillé de ne pas aligner cette paire-là, sous peine de perdre ce point décisif... Il a prouvé aujourd'hui que cette victoire n'est pas le fruit du hasard. Quand on voit ce qu'ils ont fait ensemble, en remportant Wimbledon et faisant finale à l'Open d'Australie, je n'ai qu'un mot qui me vient à l'esprit, respect. Ils nous remettent en selle, donc merci à eux.
Grâce à cette victoire, pensez-vous que les demi-finales sont à votre portée ?
G.F. : Oui, maintenant, c'est vrai que tout est possible, mais il va falloir remporter le premier point de dimanche, avant de penser au second. Il y a deux matches à jouer et on doit gagner les deux pour passer. On est dos au mur, mais le premier qui rentrera sur le court aura un esprit de conquérant, un peu comme l'ont fait Mika et Arnaud. La victoire lors du premier simple ne sera possible que si ce match est abordé de cette manière.
Avez-vous déjà une idée du joueur qui débutera la journée de dimanche ?
G.F. : Concernant le joueur qui sera aligné, vous savez bien que mes choix sont assez limités... Je n'ai pas cinq joueurs sous le coude...
On peut penser légitimement que Richard Gasquet soit choisi pour jouer face à Roddick ?
G.F. : C'est possible que ce soit Richard. Je peux vous dire que ses raquettes sont prêtes, mais je ne vous dirais pas encore pour quel match. C'est un peu de l'intox gratuite, car Andy Roddick est serein, il est chez lui. Il est en pleine confiance en gagnant face à Michaël Llodra avec un très haut niveau de jeu. Sinon il aurait été dans le pétrin. Si on arrive à prendre son service, il peut se frustrer. Je l'ai déjà vu perdre des matches comme ça... C'est notre seule chance de pouvoir s'imposer.
Richard Gasquet est en méforme, la tête un peu ailleurs. Pourquoi le feriez-vous jouer alors ?
G.F. : Richard n'est pas dans sa meilleure forme aujourd'hui. Maintenant, une équipe, c'est quatre bonhommes. Chacun contribue à apporter sa pierre à l'édifice. Et même s'il n'est pas à 100%, je fais partie de ceux qui pensent que ce genre de match est à sa portée. Il a de l'expérience ; il est capable sur un match d'élever son niveau de jeu pour rivaliser avec des hommes comme Blake ou Roddick.
Vous êtes en train de le mettre en face de ses responsabilités ?
G.F. : Je n'irais jamais mettre un joueur contre sa volonté sur un terrain. S'il n'a pas envie, il n'ira pas. S'il y va, c'est que la décision aura été prise avec lui. Il va y avoir discussion. C'est aussi mon rôle de mettre les joueurs en confiance, de leur parler. Maintenant, je ne vais pas mettre un joueur sur le court contre son gré, car je sais qu'il va perdre s'il n'a pas envie d'y aller. C'est sûr. Donc voilà où on en est.
Richard Gasquet est pourtant une arme importante car il a déjà battu Roddick à Wimbledon... On peut s'imaginer que l'Américain ne l'a pas oublié.
G.F. : Il a battu Roddick, il a battu Blake, il a battu tout le monde. Quand il fait un bon match, il peut battre n'importe qui, comme il le dit lui-même fort justement. Maintenant, ce qu'il faut, c'est le battre dimanche. C'est autre chose. La balle est dans notre camp. A nous de faire le choix le plus judicieux.
avec la FFT / Eurosport