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ProA de basket: Pau-Orthez tourne la page historique du "Prési" Seillant

mar 13 mai, 18h29


PAU (AFP) - Pau-Orthez va clôre samedi à Roanne (30e journée) une saison quelconque qui met un terme à une ère historique: celle du Président Seillant, qui en 41 ans fit du club un géant du basket français, à l'avenir désormais incertain.

A 67 ans, Seillant doit passer la main fin juin à l'ancien sélectionneur national, et entraîneur palois entre 1997 et 2002, Claude Bergeaud, au bout d'une des saisons les plus pénibles de son règne. Et non sans inquiétudes sur l'avenir d'un basket de club français de haut niveau.

Le "Prési", ému aux larmes, a eu droit à son triomphe, porté mardi dernier sur les épaules des joueurs pour sa "der" à domicile, contre Gravelines. L'Elan a gagné (89-69), mais en vain, et échoue aux portes des play-offs (10e) après avoir été longtemps relégable. En 20 ans, Pau n'a raté que deux fois la phase finale, ces deux dernières années.

"Au cours de cette dernière saison difficile, j'ai eu peur de m'être embarqué dans la saison de trop", avoua récemment Seillant. La distinction décernée début mai par l'Euroligue à 12 dirigeants, dont trois présidents de clubs seulement, pour leur contribution à 50 ans de basket européen, l'a peut-être rassuré sur sa place dans l'histoire de ce sport.

Neuf titres de champion de France, trois Trophées des As, deux Coupes de France, une Coupe d'Europe Korac, trois quarts de finale d'Euroligue: c'est le palmarès de l'Elan sous la direction de celui qui fut tour à tour secrétaire, président, directeur exécutif, directeur général du club, mais qui pour tous est "le Prési".

Pour ses partisans, il est un meneur d'hommes, un dirigeant de flair, comme en atteste son pari sur Bergeaud en 1997. Pour ses détracteurs, il est une personnalité parfois trop influente du basket, puisqu'il fut par ailleurs longtemps vice-président de la Ligue. Seillant symbolise un pan, une ère dorée peut-être révolue, de l'Elan comme du basket de club en France.

Du marché couvert de la Moutète à Orthez, qui servait de salle de match, au Palais des Sports de Pau, inauguré en 1991, Seillant a symbolisé le passage réussi du local au global, le mariage de l'identitaire au professionnel. Même si l'écart grandit à mesure que le basket change.

Plus d'une fois, Seillant a évoqué sa crainte de vaches maigres à venir pour des clubs français sous-armés et condamnés à une "mission impossible" dans l'élite européenne. Il craint en particulier pour l'Elan, confronté à la gourmandise accrue du rugby professionnel dans le Sud-Ouest.

Pour l'heure, l'avenir s'appelle Claude Bergeaud, sa synthèse d'ambition et de foi en la veine locale, "le seul capable de poursuivre l'oeuvre entreprise depuis tant d'années", résume Seillant. Même si demeurent de fortes inconnues, comme le degré de soutien de la nouvelle municipalité (PS) de Pau, ou le choix entre maintien en Société d'économie mixte et passage en Société anonyme à objet sportif.

Seillant, puis Bergeaud, doivent rencontrer prochainement la maire Martine Lignères-Cassou, dont l'adjoint aux Sports n'est autre que Frédéric Fauthoux, ancien meneur et capitaine de l'Elan. Seillant ira ensuite présenter le prochain budget prévisionnel à la Ligue.

"Mais il sera un peu virtuel en attendant la position de nos partenaires", précise-t-il, tandis que du côté de Bergeaud une inquiétude point: "Une saison ne se construit pas au dernier moment..." Un budget (en baisse probable par rapport aux 4,2 M EUR actuels), un encadrement (l'entraîneur Laurent Mopsus n'est pas fixé), une équipe incertains: le "prési" n'a pas encore bouclé sa dernière mission.