Le fado, c'est cette chanson Portugaise, si triste, mais dont on voudrait pourtant qu'elle dure. C'est aussi, en résumé, la course de Brice Tirabassi et Fabrice Gordon : triste, parce que terminée prématurément, mais dont on voudrait qu'elle dure, parce qu'elle semblait pleine de promesses.
Après avoir commencé en demi-teinte, la première journée s'était terminée sur une note positive : Tirabassi et Gordon avaient d'abord décidé de courir avec deux roues de secours embarquées, mais, s'étant très vite aperçus que cette solution à priori pleine de bon sens était incompatible avec les performances, ils revenaient vite à une solution « classique », oubliant la seconde roue.
Dès l'entame de la seconde boucle, avec une seule roue embarquée, Tirabassi signe un second temps derrière Duval. Ensuite, Tirabassi commet ce qu'il qualifie lui-même d'erreur de débutant : il part, comme si le scratch en dépendait, dans une échappatoire dont les spectateurs avaient ôté la rubalise. Au premier tour déjà, il avait hésité mais la banderole aidant, il avait bien sûr emprunté la bonne trajectoire, à peine plus loin que l'échappatoire. Au second tour, banderole disparue, Brice n'a pas le temps d'hésiter, et perd plus de vingt secondes, entre mauvaise direction et marche arrière, après avoir offert la frayeur de leur vie aux policiers qui sécurisaient l'échappatoire.
Globalement, cette journée s'était cependant bien déroulée, puisque Tirabassi et Gordon étaient à la lutte avec Didier Auriol et Denis Giraudet. Auriol devenait, naturellement, la cible à atteindre, et à dépasser pour la seconde journée : «Demain, ce seront des routes et des circonstances différentes. On va essayer d'aller taquiner Auriol, on ne va pas le laisser devant ! Il attaque vraiment et il pilote de la même façon qu'en WRC ; on peut faire beaucoup de choses… D'abord passer Auriol, et après, pourquoi pas, Kopecky ! » déclarait Brice Tirabassi.
Début de seconde journée, la première spéciale se passe bien, même si les pneus choisis seront plus adaptés au chrono suivant. Brice et Fabrice remontent sur Didier Auriol, qui n'a plus, à ce moment, qu'1''4 d'avance. Sur le chrono suivant, tout est possible ! Malheureusement, six cents mètres après le départ, alors que Brice est dans un gauche, sans problème, il part en glisse et se pose, quasiment à l'arrêt, sur un buisson de ronces. Logiquement, il enclenche la première pour repartir, puisque la voiture n'a rien, même pas une égratignure. Malheureusement, il s'aperçoit que les roues ne touchent plus terre !
Deux policiers sont là mais sans un spectateur, les forces ne sont pas suffisantes pour remettre la Peugeot 207 sur la route. Brice regrette évidemment : « On n'allait même pas trop vite, juste une glissade trop large. Dur, très dur ! On avait bien roulé jusque-là, on était contents des réglages et voilà ! Bien sûr, c'est la course, et même si j'assume cette petite erreur, c'est quand même frustrant ! Heureusement, même si on n'a pas pu finir la course, on a eu le temps de s'apercevoir qu'on est compétitifs, que la voiture, les réglages, l'équipe sont parfaits. Avant Ypres, la prochaine épreuve, on part pour deux jours de tests pour améliorer la voiture. Ypres, de plus, c'est une épreuve qui ne devrait pas me déplaire. J'ai gagné le Touquet et le Charlemagne ! On reste confiants, l'asphalte, en général ça nous réussit pas mal ! » concluait Brice Tirabassi.


